Transport scolaire: le privé s'occupe de ses élèves

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Une entente signée avec la Société de transport de Trois-Rivières permet aux parents de profiter d'un tarif préférentiel pour que leur enfant prenne le bus du réseau municipal durant les 10 mois de l'année scolaire.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Par souci d'économie pour leur clientèle, quatre écoles privées de Trois-Rivières décident de se regrouper pour s'occuper elles-mêmes du transport de leurs élèves. Cette décision ajoute toutefois un poids financier supplémentaire sur ces écoles, car elles ne peuvent profiter de l'ensemble des subventions gouvernementales disponibles pour ce volet.

À compter de septembre, les élèves du Collège Marie-de-l'Incarnation, de l'école Val-Marie, du Séminaire Saint-Joseph et de l'Institut secondaire Keranna ne seront plus transportés par les bus du réseau de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Le coût du transport sera de 420 $ par élève du niveau secondaire qui habite le grand Trois-Rivières.

Une entente signée avec la Société de transport de Trois-Rivières permet aux parents de profiter d'un tarif préférentiel pour que leur enfant prenne le bus du réseau municipal durant les 10 mois de l'année scolaire. Ils pourront également profiter d'un crédit d'impôt de 15 % provenant d'un programme fédéral.

Le tarif sera de 495 $ par enfant du niveau primaire, peu importe son lieu de résidence. Le même tarif sera exigé pour chaque élève du niveau secondaire qui habite à l'extérieur de Trois-Rivières. Le regroupement des écoles s'est entendu avec un transporteur privé pour cette partie du transport scolaire.

Julie L'Heureux, directrice générale de Keranna et porte-parole de ce regroupement trifluvien, déclare que les écoles privées ont pris cette voie lorsque leurs directions ont appris ce qu'il en coûtait réellement pour du transport. Rappelons qu'une coupe gouvernementale dans le financement de ce service a fait grimper les coûts de transport à environ 500 $ pour l'année 2014-2015. La subvention, de 1,1 million de dollars à l'origine, continuera d'être amputée du tiers en 2015-2016 et en 2016-2017.

«On chargerait en 2015-2016 un coût moyen de 718 $ par élève si on passe par la commission scolaire, que l'élève demeure à Trois-Rivières ou à Saint-Narcisse. La commission scolaire a des frais administratifs et elle couvre un territoire immense. Leurs frais ne sont pas ce que nous voulons qu'ils soient. C'est ce qu'on a fait valoir au ministère de l'Éducation. On a demandé de nous donner la part de subvention versée à la commission scolaire pour le transport scolaire. Mais cela a été refusé, sans explication.»

Il faut savoir que le ministère de l'Éducation verse deux types de subvention pour le transport scolaire, selon Julie L'Heureux. Une première est remise directement à chaque école privée, alors qu'une deuxième, plus importante, va dans les coffres de la commission scolaire. Ces subventions sont payées au prorata du nombre d'élèves comptabilisés il y a déjà une dizaine d'années. Les établissements privés voudraient récupérer l'argent versé à la commission scolaire qui sert à transporter leurs élèves, soit autour de 1500 sur les 15 000 places de transport regroupées à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

L'entente avec la STTR est à coût nul pour les écoles privées. Le service pour le transport privé est déficitaire avec le tarif de 495 $ exigé. Les écoles privées devront absorber la différence. «Le tarif de 495 $ est le maximum où on peut aller, souligne Mme L'Heureux. Dans un transport privé, le coût réel est de plus de 1000 $ par année. Pour Keranna, la subvention pour le transport que l'on reçoit est de 26 500 $. Si on avait la deuxième subvention, ça pourrait aller jusqu'à 75 000 $. Mais la facture à éponger pour les quatre écoles sera de 280 000 $. Chez nous, c'est 40 000 $.»

Selon Mme L'Heureux, il est difficile de dire à l'heure actuelle si cette mesure aura un impact sur le taux de fréquentation des écoles privées. Elle avoue que la décision du gouvernement laisse un goût amer. «On aimerait avoir les moyens d'être de plus en plus autonomes, car les parents sont des payeurs d'impôts et de taxes scolaires. Ils ont droit à cette subvention, mais elle est versée à la commission scolaire jusqu'à nouvel ordre. Cela fragilise l'école privée. Et ça se fait par la porte arrière au lieu de le faire par la porte avant.»

Ces écoles privées ont avisé la Commission scolaire du Chemin-du-Roy en mars. Leur décision force la direction de la commission scolaire à revoir l'ensemble de ses 2000 parcours. Il n'est pas exclu que des contrats de transport signés avec des entreprises privées soient revus à la baisse.

martin.lafreniere@lenouvelliste.qc.ca

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