Cégep de Trois-Rivières: les syndicats dénoncent les coupes

Jean Fournier, président du syndicat des enseignants.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jean Fournier, président du syndicat des enseignants.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les trois syndicats des employés du Cégep de Trois-Rivières dénoncent non seulement le régime minceur imposé par le gouvernement Couillard dans le financement des collèges, mais aussi les actions prises par la direction générale pour respecter cette ligne de conduite dictée par Québec.

Les syndicats des professeurs, des professionnels et du personnel de soutien représentent autour de 750 personnes. Ils dénoncent avec vigueur la perte d'une vingtaine de postes et la disparition de services.

«On est en colère, lance Jean Fournier, le président du syndicat des professeurs. Le gouvernement Couillard ne comprend pas l'importance de maintenir le financement des maisons d'enseignement supérieur. On pense que les coupures vont affaiblir notre établissement.»

Huit postes seront abolis parmi le personnel de soutien. Selon Olivier Normandin, ces coupes vont détruire l'esprit de collaboration qui règne au cégep trifluvien.

«Ça fait huit mois qu'on dénonce le gouvernement Couillard. Ce serait rêver de voir les directeurs sortir pour nous défendre avec nos petites conditions. Et aucun cadre n'est touché», clame le président du syndicat du personnel de soutien.

Au moins huit postes seront rayés du côté du personnel professionnel. Dans ce rayon, le service de psychologie sera amputé de moitié, alors que le service de sexologie disparaîtra après 22 ans d'existence.

«Les services aident au cheminement des étudiants, raconte Josée Thibeault, déléguée du syndicat des professionnels. Le service de sexologie fait 600 interventions par année. Nous avons environ 300 demandes de consultation par année pour deux psychologues. Avec un seul psychologue, qu'est-ce qu'il va advenir de ces demandes?»

Disparition de services, fermeture de l'observatoire au grand public, fin des activités autonomes de recherche pédagogique en sciences humaines, perte de trois postes en enseignement, les raisons sont nombreuses pour s'indigner, selon Jean Fournier.

«Nous sommes victimes de mauvais choix de la part de la direction générale. On a un fonds consolidé d'environ un million de dollars qui pourrait être utilisé cette année (pour diminuer l'impact des compressions). D'autres cégeps font le choix de faire des déficits. La direction a géré seule la situation. Elle respecte les conventions collectives. Mais on n'est pas en véritable dialogue.»

M. Fournier reconnaît d'emblée que la direction doit gérer une situation très difficile. Mais il prétend que ces décisions réduisent de nouveau la capacité collective à soutenir la population étudiante et à lui offrir des conditions optimales pour sa réussite.

«On n'est pas une usine à diplomation, mentionne-t-il. On est un milieu de vie avec des étudiants en croissance et qui ont besoin d'être encadrés».

La direction défend son orientation

Raymond-Robert Tremblay défend l'orientation prise par la direction du Cégep de Trois-Rivières afin de faire face aux restrictions budgétaires gouvernementales.

Appelé à réagir aux critiques soulevées par les syndicats sur les décisions récentes de la direction, le directeur général estime qu'il serait impossible pour l'instant de sabrer dans le personnel cadre sans engendrer une réorganisation complète du collège.

«Nous avons 30 cadres. Notre taux d'encadrement est très bas, on est un cadre pour environ 28 employés. On a regardé la possibilité et on ne voyait pas d'alternative. La marge est inexistante.»

Les syndicats ont aussi proposé que les employés diminuent leur nombre d'heures travaillées sur une base volontaire. M. Tremblay se dit surpris d'une telle suggestion, d'autant plus que le programme existe pour les professionnels et les employés de soutien.

«Si quelqu'un travaille quatre jours au lieu de cinq, des fois, il faut le remplacer. On ne voit pas comment on pourrait faire mieux. On est au fer pour les services offerts à nos étudiants», affirme le directeur général.

Ce dernier mentionne que le solde de fonds (le fonds consolidé) est de 1,4 million de dollars. Cette somme sert à répondre à des situations particulières (réparation d'urgence, mise de fonds pour la réalisation de projets) et ne peut être utilisé pour autre chose. De plus, il est hors de question de défier le gouvernement en présentant des budgets déficitaires.

«Le conseil d'administration nous a interdit l'an dernier de toucher au solde de fonds et ne veut pas de budget déficitaire. Faire des déficits, c'est pelleter les problèmes par en avant. Je suis assez content de la gestion qu'on fait. C'est prudent, mais ça fait partie de nos valeurs.»

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