Cri du coeur de la direction du Cégep de Trois-Rivières

Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay et la présidente du conseil d'administration, Caroline Gauthier, ont lancé un profond cri du coeur, jeudi matin, au sujet des effets des compressions budgétaires imposées par Québec.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay et la présidente du conseil d'administration, Caroline Gauthier, ont lancé un profond cri du coeur, jeudi matin, au sujet des effets des compressions budgétaires imposées par Québec.

Ces derniers ont démontré que ces compressions affectent désormais les services aux élèves.

«Notre ministère est sans aucune vision pour l'enseignement supérieur, pour l'enseignement collégial», a fait valoir M. Tremblay après avoir fait la démonstration des impacts sur son établissement des sept vagues de compressions qui se sont succédé depuis 2011-2012 et qui totalisent 155 millions $ pour l'ensemble des collèges et 1,7 million $ pour le Cégep de Trois-Rivières.

«C'est un ministère à l'abandon qui a changé de nom quatre fois et qui a changé de ministre quatre fois dans les quatre dernières années, comme si c'était sans importance, l'enseignement supérieur, pour l'avenir des jeunes, pour l'avenir des travailleurs et pour l'avenir de l'économie régionale», analyse le directeur général.

«On est confronté à une vision strictement financière du réseau collégial et nous nous heurtons, comme réseau et comme collège, à une fermeture complète aux propositions des Cégeps», déplore-t-il.

«Nous sommes très inquiets de l'avenir de l'enseignement collégial», reconnaît-il. «On est vraiment rendu à devoir couper dans les services aux étudiants», a déploré pour sa part la présidente du conseil d'administration, Caroline Gauthier.

Au cours de sa dernière assemblée annuelle, la Fédération des Collèges du Québec a fait savoir au ministère qu'elle entendait revenir à sa mission première qui consiste à offrir des services éducatifs et qu'elle entend affecter les ressources nécessaires à cette mission avant toute autre chose.

La Fédération a donc avisé le ministère qu'elle n'a plus les ressources nécessaires pour livrer toutes les redditions de comptes imposées tant par le ministère que par le Secrétariat du Conseil du trésor.

«On fait déjà une reddition de comptes sur l'entretien annuel de nos bâtiments», fait valoir Raymond-Robert Tremblay. «Nous sommes surchargés de redditions de comptes à tel point que plusieurs membres du personnel ne font presque que ça», explique-t-il.

Le directeur du Cégep de Trois-Rivières estime que les redditions de comptes supplémentaires exigées sont «excessives, récurrentes et redondantes. On ne sait pas trop à quoi ça sert. On détourne des ressources du Collège qui doivent aller aider les étudiants et on les envoie dans des bureaux faire des rapports et on ne sait même pas s'ils vont être lus», fulmine le directeur.

À lui seul, le rapport sur l'assurance qualité génère une dépense pour le Collège de plus de 100 000 $ par année, illustre-t-il.

«Je suis triste et je suis en colère parce que nous sommes obligés de présenter un budget équilibré. C'est la loi. Mais là, on coupe des services aux étudiants auxquels on croit. Aucun membre du personnel qui va subir des conséquences ne mérite ce qui lui arrive. On a un bon collège qui se développe bien. On donne de bons services et là, on se trouve contraint à réduire les services essentiels aux étudiants», déplore le directeur.

Selon Mme Gauthier, aucun collège n'est capable d'assumer ces compressions sans que les services aux étudiants ne s'en trouvent affectés.

Le 13 mai, le conseil d'administration du Cégep de Trois-Rivières a donc décidé «d'alléger le processus de planification stratégique (qui sert à développer le Collège) que nous avions en place», indique la présidente. «On a moins de ressources pour faire une bonne planification», explique-t-elle.

Des postes touchés

Le Cégep a dû procéder à une diminution de 600 000 $ de la charge salariale. Une vingtaine d'employés seront donc affectés, soit neuf personnes au niveau du personnel professionnel, huit du côté du personnel de soutien et dans le cas des enseignants, trois équivalents temps complet disparaissent. Les postes sont «soit abolis, non reconduits ou des temps complets seront transformés en temps partiel», dit-il.

En plus de la fermeture de l'Observatoire de Champlain au grand public, conséquence directe des compressions, on doit mettre fin aux activités autonomes de recherche pédagogique en sciences humaines. «Nous allons nous concentrer seulement sur la recherche technologique», indique M. Tremblay.

Des services affectés

Il y aura aussi diminution des services psychologiques aux élèves. «Nous n'allons désormais offrir que les services d'urgence et de référencement et non les services de psychothérapie pourtant si importants», dit-il. Les services en entrepreneuriat étudiant seront diminués tandis que les services en sexologie seront abolis.

Le service des communications et celui du recrutement et de l'information scolaire seront diminués de même que divers projets ayant trait à la persévérance scolaire et aux activités de développement international. Le soutien administratif et les services professionnels dans divers secteurs sont révisés à la baisse et il en va de même pour le plan stratégique du Collège «amenant un ralentissement de notre développement de l'ordre de 66 %», déplore le directeur.

«C'est une situation qui est absolument déplorable», fait valoir M. Tremblay.

Le Nouvelliste n'a pas reçu de réponse à sa demande d'entrevue avec le ministre à ce sujet, jeudi.

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