École Sainte-Marie: le député baisse les bras, déplore Laforest

Jean-Yves Laforest.... (Photo: Sylvain Mayer, archives Le Nouvelliste)

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Jean-Yves Laforest.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le président de la Commission scolaire de l'Énergie, Jean-Yves Laforest, reconnaît que son organisation a pris la décision d'aller au-delà de la règle établie et de prendre le parti des parents dans le dossier de l'agrandissement de l'école Sainte-Marie, à Saint-Boniface. Il se désole de constater que le député de Saint-Maurice a choisi d'être le porte-voix des libéraux, en discréditant les commissions scolaires pour justifier la mise en place d'une nouvelle gouvernance régionale.

M. Laforest n'a pas du tout apprécié les propos de Pierre Giguère, rapportés dans notre édition de mercredi, qui sommait la CS de l'Énergie de prendre ses responsabilités pour résoudre la surpopulation à l'école Sainte-Marie. La règle veut que des enfants soient transférés dans une autre école, située dans un rayon de 20 kilomètres, lorsque les installations ne suffisent plus.

Le président confirme qu'il existe plusieurs locaux disponibles qui répondent à ce critère, mais là n'est pas la question, selon lui.

«Plutôt que de répondre bêtement à une règle administrative, le conseil des commissaires préfère trouver des solutions qui favorisent un milieu, en attendant un oui pour un agrandissement», explique-t-il. «L'ensemble de la communauté veut que les jeunes poursuivent leur scolarité à Saint-Boniface et nous sommes sensibles à ça. Des enfants sont en cause! On pense que la meilleure façon de favoriser leur réussite éducative, c'est de les garder dans leur milieu. Je ne suis pas certain que le député de Saint-Maurice ait compris qu'il fait aussi partie du milieu et qu'il devrait défendre cette solution.»

Lui-même ex-député, M. Laforest n'est pas impressionné par le degré de solidarité exprimé par le représentant libéral.

«Il parle de responsabilité», rappelle-t-il. «Je veux lui rappeler que le rôle d'un député est de défendre les intérêts de la population qui l'a élu et non défendre les intérêts de son parti auprès de la population.»

Pourtant, la Commission scolaire de l'Énergie recense de nombreux exemples de députés, peu importe l'allégeance politique, qui ont réussi à arracher des investissements au gouvernement pour les écoles de la communauté. M. Laforest cite le travail des Claude Pinard, Yvon Lemire, Francine Gaudet, Julie Boulet et Luc Trudel pour la réalisation de nombreux projets d'immobilisations.

«C'est la différence entre un député qui veut et un autre qui baisse les bras en partant, qui dit qu'il y a des règles», dénonce-t-il. «Dans le fond, il dit aux parents qu'il ne se battra pas pour ça, parce que des locaux sont disponibles dans un rayon de 20 kilomètres et que ce sont les règles du ministère.»

«Quand un député dit qu'il va déposer une pétition, mais qu'il ne l'appuie pas, ça part mal pour débattre avec un ministre», se désole M. Laforest. Ce dernier trouve que cette controverse illustre bien vers quoi les libéraux veulent orienter la nouvelle gouvernance scolaire.

«Les élus peuvent rencontrer la population et essayer de trouver des solutions adaptées au milieu», explique-t-il. «Des gens nommés ne feront pas ça parce qu'ils auront été nommés par le ministre.»

AUCUN LAXISME

Selon M. Laforest, la Commission scolaire de l'Énergie suit attentivement la courbe démographique de l'école Sainte-Marie depuis 2012. Il ne prend pas l'insinuation selon laquelle la commission scolaire s'est assise sur ses lauriers depuis l'an dernier.

«On s'attendait à une réponse en mars ou en avril, mais nous n'en avons pas eue», indique-t-il. «On s'est fait dire que la réponse arriverait en mai. Nous, il fallait préparer la prochaine année scolaire! Nous avons privilégié que les jeunes restent dans leur milieu et nous avons donc approché la municipalité.»

Rappelons qu'en 2015-2016, deux classes seront intégrées à l'intérieur de l'ancien collège Sacré-Coeur de Saint-Boniface. Une décision saluée par le milieu, qui souhaite toutefois avoir une garantie qu'à long terme, tous les enfants compléteront leur primaire à l'école Sainte-Marie grâce à la réalisation d'un agrandissement de 2,8 millions $.

À la lumière des déclarations du député de Saint-Maurice, M. Laforest ne s'attend pas à de très bonnes nouvelles du gouvernement provincial, autant pour l'école Sainte-Marie que l'école Notre-Dame, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, qui vit le même problème.

«On peut sûrement imaginer que les résultats risquent d'être négatifs», déplore-t-il. «On pensait avoir une bonne collaboration et qu'il croyait dans ce dossier, mais j'ai eu ma réponse dans Le Nouvelliste. S'il défend les règles du ministère avant celles du milieu, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, on risque de se retrouver avec le même niveau d'intervention de sa part, c'est-à-dire très bas.»

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