Grève illégale des enseignants du Cégep de Trois-Rivières?

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Malgré la menace d'illégalité qui plane sur la journée de grève sociale du 1er mai, le président du Syndicat des enseignants du CEGEP de Trois-Rivières, Jean Fournier, estime que les mesures d'austérité du gouvernement Couillard imposent une réplique immédiate.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Soixante-dix pour cent des membres du Syndicat des enseignants du Cégep de Trois-Rivières ont voté secrètement, vendredi, pour la tenue d'une journée de grève sociale dans le cadre de la fête nationale des travailleurs du Québec le 1er mai prochain. Un débrayage qui pourrait bien être déclaré illégal si la direction de l'institution d'enseignement interpelle la Commission des relations de travail et qu'une personne dépose une plainte en ce sens.

Pour être considéré comme légal, tout mouvement de grève entrepris par des employés de l'État qui dispensent des services dits essentiels doit se faire à la suite d'un processus de médiation en bonne et due forme. Des procédures qui peuvent s'étendre sur 90 jours. Dans le cas présent, ni les employés, ni l'employeur n'ont sollicité la contribution d'un médiateur. Ainsi, les enseignants n'auraient pas l'aval de la loi pour enclencher une grève dans le cadre du jeu des négociations.

«L'ensemble des employés du secteur public sont actuellement en processus de négociation avec l'État québécois. Dans ce contexte-là, en fonction de la loi, nous pourrions acquérir le droit de grève à la suite d'une mise à contribution de la médiation. C'est le passage oublié, euh, je veux dire obligé, d'avoir accès à la médiation et d'entendre le rapport que fera le médiateur. Par la suite, en fonction du respect imposé par la loi des services essentiels, on acquiert le droit de grève», signale le président du Syndicat, Jean Fournier.

Malgré tout, les membres du Syndicat des enseignants ont jugé que le climat social qui prévaut actuellement nécessitait une réponse immédiate et claire afin de dénoncer haut et fort les mesures d'austérité implantées. Et ce, même si des sanctions pécuniaires planent au-dessus de leur tête. En effet, selon l'article 142 du Code du travail du Québec, «quiconque déclare ou provoque une grève ou un lock-out contrairement aux dispositions du présent code, ou y participe, est passible pour chaque jour ou partie de jour pendant lequel cette grève ou ce lock-out existe, d'une amende». Le prix à payer varie de 25 $ pour un salarié à 50 000 $ pour une association de salariés.

Or, les enseignants estiment que le plan financier du gouvernement du Québec met à mal non seulement la mission fondamentale du système d'enseignement public postsecondaire, mais plus généralement les acquis sociaux du modèle québécois. C'est pourquoi, à leur avis, il importe de «se positionner, de dénoncer le paradigme actuel dans lequel le gouvernement Couillard nous situe et de prendre la parole», mentionne M. Fournier.

«On met de l'avant l'approche du maringouin, qui tourbillonne et qui tourbillonne, qui lance un message et qui souhaite atteindre la cible. La cible, c'est d'ouvrir un dialogue avec l'État et lui faire saisir que le calendrier qu'il nous suggère est inhumain et peut contribuer à installer le désordre», renchérit-il.

L'Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières appellera ses membres à rejoindre, ou non, ce mouvement de grève sociale lors d'une assemblée générale qui se tiendra le 23 avril à 11 h 35. «On les invitera à se joindre à nous et la fête n'en sera que plus considérable», assure M. Fournier, en sollicitant également les membres de la société civile et les organisations communautaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Quant au Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Shawinigan, un vote sur cette question aura lieu demain.

Pour l'heure, une quinzaine d'associations syndicales et une dizaine d'associations estudiantines implantées dans les cégeps tiendront une journée de grève sociale le 1er mai prochain.

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