Intimidation: une mère retire son enfant de l'école

Jessica Roy a retiré son fils de l'école,... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jessica Roy a retiré son fils de l'école, car elle affirme qu'il est victime d'intimidation.

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(Shawinigan) Une mère de Shawinigan a décidé de prendre les grands moyens pour «protéger» son enfant. Affirmant que son fils de 8 ans est victime d'intimidation et de violence tant physique que psychologique, Jessica Roy l'a retiré il y a six semaines de l'école Immaculée-Conception pour lui faire l'école à la maison.

Pendant ce temps, la Commission scolaire de l'Énergie a conclu après une longue analyse de la situation et des rencontres de médiation que l'enfant n'est pas victime d'intimidation. La CS estime de plus que la réussite scolaire du garçon est désormais en péril.

«Mon enfant se fait intimider depuis octobre. J'ai été obligée de le retirer, car les seules options qu'on m'offrait, c'était de le changer d'école, ce que je ne veux pas, ou de le retourner à l'école en espérant que les mesures prises allaient fonctionner», dénonce Jessica Roy.

Selon la mère du garçon, son fils subit quotidiennement la violence d'un autre élève. Elle soutient qu'il le frappe et qu'il l'insulte. Le fardeau serait si grand que l'enfant ne veut pas retourner à l'école, la simple évocation d'un retour engendrerait d'importantes crises, et il aurait même manifesté des idées noires, selon sa mère. «Mon fils a maintenant le profil d'une victime. Il est tellement renfermé sur lui-même et est toujours dans mes jupes. Il a même commencé à parler d'idées noires», soutient la mère de l'enfant. «C'est rendu un problème qui est très lourd à porter, autant pour lui que pour nous. Il a la peur au ventre à chaque fois qu'il va à l'école.»

Les mesures mises de l'avant par l'école pour s'assurer que les deux enfants ne se côtoient pas ne sont pas efficaces, estime la mère du garçon de 8 ans. Elle déplore de plus que son enfant soit mis à l'écart du groupe, donc ostracisé, pour qu'il ne soit pas intimidé.

Jessica Roy demande le transfert dans une autre école de l'élève qui serait «l'agresseur». Elle l'a d'ailleurs formellement demandé au protecteur de l'élève de la CS de l'Énergie, Donat Gingras. Celui-ci a toutefois rejeté la demande. Le protecteur de l'élève a déterminé, dans son analyse dont Le Nouvelliste a obtenu une copie, que le jeune «agresseur» est un enfant comme les autres. «À 8 ans, dans le cadre de jeux normaux à cet âge, certains gestes doivent être vus comme immatures, déplacés ou au pire malfaisants alors qu'ils seraient vus comme violence intentionnelle de la part d'un adolescent ou d'un adulte», explique-t-il en précisant que l'enfant considéré comme «l'agresseur» par la mère est «turbulent ou étourdi».

«Cependant, le considérer comme un agresseur déterminé ne correspond pas à la vision qu'ont de lui ses jeunes confrères et consoeurs de classe ni le personnel de la CS qui le côtoient régulièrement», ajoute le protecteur de l'élève.

Le directeur général de la CS de l'Énergie, Denis Lemaire, était bien au fait du dossier lorsque Le Nouvelliste l'a questionné. Il indique que plusieurs professionnels de la CS ont analysé le cas et ont déterminé qu'il ne s'agissait pas d'une situation d'intimidation. Des mesures d'encadrement des garçons ont été mises en place. «L'élève n'a pas tellement de problèmes avec l'autre élève, ils se mettent même en équipe ensemble», explique-t-il.

Denis Lemaire soutient de plus que la CS craint que le retrait de l'enfant de l'école entraîne des lacunes d'apprentissage, si bien qu'il pourrait se retrouver en situation d'échec. «Nous sommes inquiets, car la mère garde l'élève à la maison. On pense qu'elle peut mettre en péril son année scolaire. La mère veut encore qu'on change l'élève de l'école», affirme M. Lemaire. «Le problème ne vient pas de l'école, ni des élèves ou du personnel. Nous sommes rendus à sept personnes qui se sont positionnées sur ce dossier. Nous sommes persuadés que c'est une problématique qui n'est pas au niveau de l'école.»

Les directions d'écoles sont tenus par la Loi québécoise sur l'instruction publique, article 18, de signaler à la DPJ les absences répétées d'un enfant. En vertu de cette loi, on peut s'attendre à ce qu'un signalement soit fait. «Le directeur de l'école s'assure, selon les modalités établies par la commission scolaire, que les élèves fréquentent assidûment l'école. En cas d'absences répétées et non motivées d'un élève, le directeur de l'école ou la personne qu'il désigne intervient auprès de l'élève et de ses parents en vue d'en venir à une entente avec eux et avec les personnes qui dispensent les services sociaux scolaires sur les mesures les plus appropriées pour remédier à la situation. Lorsque l'intervention n'a pas permis de remédier à la situation, le directeur de l'école le signale au directeur de la protection de la jeunesse après en avoir avisé par écrit les parents de l'élève», lit-on à l'article 18 de la loi.

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