L'école secondaire Chavigny adopte l'uniforme

Une collection vestimentaire sera implantée à l'école secondaire... (Stéphane Lessard)

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Une collection vestimentaire sera implantée à l'école secondaire Chavigny du secteur Trois-Rivières-Ouest pour la rentrée 2016-2017.

Stéphane Lessard

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les élèves inscrits à l'école secondaire Chavigny à compter de l'année 2016-2017 n'auront plus à se soucier de leur tenue vestimentaire, puisqu'une collection de vêtements scolaires y sera implantée. L'annonce de cette nouvelle aux élèves actuels, mercredi, concluait un processus de consultation et de réflexion amorcé à la rentrée de l'année scolaire en cours.

«Nous avons consulté les parents, les élèves, les membres du personnel. Nous avons même consulté les parents et les élèves du primaire venus aux portes ouvertes à l'automne...», énumère la directrice générale de l'école, Chantal Couturier, en évoquant la démarche. L'idée d'introduire une collection vestimentaire s'inscrit dans le contexte plus large de la refonte du projet éducatif de l'établissement, qui échoit en juin de cette année.

Déjà à la rentrée, Mme Couturier formulait les enjeux du sentiment d'appartenance, de l'élimination de la discrimination et de la sécurité dans l'école comme arguments favorisant l'implantation d'un uniforme. Et en 2015, on ne parle plus vraiment d'«uniforme», mais plutôt de «vêtements scolaires». «L'image de l'uniforme traditionnel est trop rigide», observe Mme Couturier.

La foi dans ces mêmes arguments semble avoir été partagée par l'ensemble des groupes consultés, car le choix d'adopter la collection vestimentaire reflète l'opinion d'une majorité. «Nous voulions que tout le monde puisse parler, donner son point de vue. Nous avons fait le tour des classes et tout le monde a pu voter», détaille la directrice en insistant sur le consensus et le ralliement général.

Certains élèves réfractaires à l'imposition de tenues uniformisées ont invoqué la perte de l'expression de soi par l'habillement. En soumettant cette considération au fournisseur choisi (Flip Design, de Drummondville), Mme Couturier s'est fait raconter que des intervenants d'écoles où des uniformes avaient été intégrés disaient maintenant pouvoir identifier plus facilement la personnalité des jeunes. Au lieu de reconnaître les élèves par leur style vestimentaire, les enseignants les décrivent désormais selon des traits de caractère.

«Nous voulons offrir un milieu encadrant et sécuritaire. On ne souhaite pas qu'il arrive un drame dans notre école, mais nous croyons que les vêtements scolaires permettraient de mieux identifier des gens mal intentionnés. Il y a d'autres aspects, aussi, comme l'hypersexualisation. Nous croyons que l'implantation des vêtements scolaires va créer un climat harmonieux», résume Mme Couturier.

Avec l'appui du conseil d'établissement, un «comité des vêtements scolaires» réunissait depuis l'automne la présidente du conseil des élèves, trois enseignants et une conseillère d'orientation. Maintenant que la décision d'implantation a été confirmée, d'autres élèves et membres du personnel se grefferont au comité pour développer la suite des choses, toujours dans une optique la plus démocratique possible.

D'ici la fin de l'année scolaire, on procédera au choix de la collection de vêtements avec une possibilité de vote pour certains éléments. En septembre 2015, les parents pourront rencontrer les représentants de Flip Design, et la collection 2016-2017 sera dévoilée en octobre. Les commandes pour cette première rentrée avec vêtements scolaires se feront en avril et mai 2016 et les vêtements devraient être livrés en août.

Une garde-robe de base comprenant deux pantalons et trois polos coûterait en moyenne 136 $ la première année. «Le but n'était pas de vider les poches des parents. Du soutien financier pourra être offert pour les parents qui auraient de la difficulté. Nous voulons aussi ouvrir une friperie au sein de l'école. Nous avons une préoccupation d'être écoresponsables», conclut Mme Couturier.

À ce jour, au niveau secondaire dans les commissions scolaires du Chemin-du-Roy et de l'Énergie, seule l'école Val-Mauricie du secteur Shawinigan-Sud impose une collection vestimentaire.

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