Élèves fantômes: le privé persiste et signe

Réjean Lemay, directeur général du CMI.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Réjean Lemay, directeur général du CMI.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le directeur général du Collège Marie-de-l'Incarnation, Réjean Lemay, persiste et signe. Cette année, au CMI, 135 élèves de moins sont transportés par les autobus scolaire, «mais je dois payer pour 425 élèves quand même. Ce sont des faits.»

Le directeur du CMI indique que les quatre collèges privés de la région vivent une situation similaire. Ils ont moins d'élèves à transporter à cause de la hausse du transport scolaire, mais ils sont obligés de payer quand même pour le même nombre d'élèves que l'an passé.

Au CMI, raconte M. Lemay, c'est donc près de 62 000 $ qui sont versés à la commission scolaire sans raison, puisqu'il en coûte 457 $ pour chacun des 135 élèves qui ne sont plus transportés, dit-il.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy a rencontré les écoles privées, le 25 juin dernier. «Elle nous a mis sur la table trois scénarios. Dans les trois options, les écoles devaient quand même payer le nombre d'élèves transportés l'année précédente et on absorbait aussi la coupe du tiers que le gouvernement avait administré à la Commission scolaire», raconte M. Lemay qui siège aussi au conseil d'administration de la Fédération des établissements d'enseignement privé.

De son côté, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy a affirmé exactement le contraire par voie de communiqué, mercredi. Elle assure en effet «que chaque année, le Service du transport déclare au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) le nombre exact d'élèves provenant des écoles privées qu'elle transporte sur son territoire.»

Mais le problème est nouveau de cette année, précise M. Lemay qui voudrait bien savoir si la Commission scolaire a toujours reçu le montant pour le même nombre d'élèves de l'entente historique de 2004-2005 jusqu'à l'année dernière alors que le nombre d'élèves baissait.

«Quand on a posé la question au ministre de l'Éducation, le 15 septembre, il était étonné que la Commission scolaire nous charge le même nombre d'élèves cette année que l'année passée», dit-il. Toutefois, «comme il s'agit d'une entente de gré à gré entre la commission scolaire et les écoles privées, il a dit qu'il ne pouvait pas s'immiscer.»

Le directeur du CMI indique que les écoles privées de la région, Keranna, CMI, Séminaire Saint-Joseph et Val-Marie, en ont actuellement trop «plein leurs bottines» pour être en mesure de valider les chiffres de la Commission scolaire en passant par la loi d'accès à l'information. «Il nous semble y avoir un certain abus de la commission scolaire», estime Réjean Lemay.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy précise, dans son communiqué, qu'une «entente d'un an a été proposée (...) afin d'accommoder les écoles privées. (...) À ce jour, cette entente verbale n'a toujours pas été signée malgré les rappels effectués par la Commission scolaire. Malgré tout, les élèves sont transportés chaque jour, à travers (sic) tout le territoire», dit-elle.

Réjean Lemay, de son côté, affirme que non seulement la commission scolaire a refilé la coupe de 33 % dans le transport scolaire aux écoles privées, «mais en plus de ça, elle nous avait indiqué que si ça s'avérait, elle nous ferait payer le même nombre d'élèves que 2013-2014 en 2014-2015.»

Dans les quatre écoles privées de la région, le nombre d'élèves qui ne font plus partie du transport scolaire, cette année, à cause de la hausse des frais, est d'environ 500, indique M. Lemay.

Les écoles privées ont subi de nombreuses coupes d'allocations, depuis 10 ans, qui n'ont pas été imposées au secteur public, précise M. Lemay. «Ça nous a extrêmement fragilisé. Ce n'est pas pour rien qu'on est aussi inquiet», fait valoir le directeur du CMI.

«On ne nie pas la compétence de la commission scolaire dans l'organisation du transport scolaire. On continue à croire que c'est le meilleur moyen, estime-t-il, car l'apport du privé apporte des bénéfices financiers.»

Du côté de la Commission scolaire de l'Énergie, on indique que les choses ont été «réglées avec le Séminaire Sainte-Marie. La facture additionnelle qu'on leur a demandée, c'est pour le nombre d'élèves réellement transportés, soit 233 élèves», indique la responsable des communications, Renée Jobin.

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