Réforme des commissions scolaires: l'opposition municipale se prépare activement

Est-ce que les jeunes de Saint-Boniface devront fréquenter... (Photo: Archives, Le Nouvelliste, François Gervais)

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Est-ce que les jeunes de Saint-Boniface devront fréquenter une école de Trois-Rivières plutôt qu'un établissement de Shawinigan, comme par exemple Val-Mauricie, qui est situé à seulement quelques minutes de route de leur municipalité.

Photo: Archives, Le Nouvelliste, François Gervais

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Maurice) Si le gouvernement du Québec croyait avoir le champ libre dans son projet de réforme des commissions scolaires, la réalité s'annonce tout autre: plusieurs maires de la Mauricie manifestent leur vive opposition à ce sujet à peine quelques heures après son annonce.

Le plan du ministre Yves Bolduc prévoit que les municipalités de la MRC des Chenaux seront intégrées à la Commission scolaire de l'Énergie, alors que la Commission scolaire du Chemin-du-Roy accueillera la totalité des municipalités de la MRC de Maskinongé. Cette décision déplaît grandement à Gérard Bruneau, le maire de Saint-Maurice, municipalité actuellement membre de la CS du Chemin-du-Roy.

«Il y a le facteur de proximité avec Trois-Rivières. On part d'un endroit où on est très proche et on nous envoie plus loin. Ça ne convient pas du tout et on va s'opposer. J'essaie de comprendre l'avantage de ce transfert de commission et je n'en vois pas. Je ne comprends pas non plus l'économie qu'on peut faire avec ça.»

M. Bruneau ne croit pas que cette réforme soit un frein à l'établissement de jeunes familles à Saint-Maurice. D'autre part, il soutient que cela pourra poser certains problèmes aux élèves qui voudront participer à des programmes d'études spécialisées.

«Ceux qui sont aux Estacades en sport-études ou en musique-études devront-ils aller à Shawinigan pour suivre ces formations? Les Estacades, c'est à 10 minutes de chez nous.»

Claude Caron vit le même genre de situation à Saint-Boniface. Avec la réforme, cette municipalité à côté de Shawinigan deviendra membre de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, un non-sens, selon lui.

«Ce n'est pas normal comme décision. Les affinités avec Shawinigan sont plus proches. Saint-Boniface est à cinq minutes de l'école Val-Mauricie. Je vois mal que nos jeunes soient obligés d'aller à Trois-Rivières ou à Louiseville.»

Saint-Boniface vit une belle croissance démographique depuis quelques années. Claude Caron s'interroge à propos de l'impact d'une telle mesure sur l'arrivée de nouvelles familles.

«On a une vingtaine de nouvelles constructions par année. Je ne sais pas à quel point ça pourrait influencer des gens à venir s'établir chez nous. C'est une question qu'on peut se poser pour le développement domiciliaire. Si le parent travaille à Shawinigan, mais qu'il doit voyager son jeune à Trois-Rivières parce qu'il fait du basket après l'école, c'est une autre affaire.»

Claude McManus voit dans cette décision non seulement un illogisme en terme de déplacements pour les adolescents de Saint-Mathieu-du-Parc vers Trois-Rivières ou Louiseville, mais aussi un impact non négligeable sur la vitalité du milieu.

«Ça nous nuit énormément, car on essaie comme municipalité de conserver ce groupe d'âge-là. Les gens viennent s'établir chez nous, car on a entre autres une école primaire alternative bien cotée. Mais la tendance des familles est de déménager où les enfants vont pour leur école secondaire», soutient le maire de Saint-Mathieu.

M. McManus souligne qu'il est loin de s'opposer à la volonté d'un gouvernement à économiser. Cette volonté devrait se faire en consultant les Municipalités.

«Quand t'es dans un bureau et que tu mets juste des chiffres sur une table, tu peux couper dans le nombre des commissions scolaires. Mais dans la vraie vie, il y a des impacts financiers et sociaux rattachés à ça. Les jeunes le disent: le lien naturel est avec Shawinigan. Leurs amis sont à Shawinigan, ils jouent au hockey à Shawinigan, ils vont au cinéma à Shawinigan. Et là, c'est peut-être l'ancien policier qui parle, mais aussitôt que tu fais faire trois fois plus de distance à des gens, tu augmentes le risque d'accident de trois fois», de souligner ce retraité de la Sûreté du Québec.

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