Les syndicats inquiets pour l'avenir de l'enseignement collégial

Les syndicats du Cégep de Trois-Rivières et du... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les syndicats du Cégep de Trois-Rivières et du Collège Shawinigan ont exprimé leurs inquiétudes face aux importantes restrictions budgétaires auxquelles fait face le réseau collégial. On voit sur la photo, à l'avant-plan, Jean Fournier et Luc Vandal, des syndicats du Cégep de Trois-Rivières et du Collège Shawinigan.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les divers syndicats du Cégep de Trois-Rivières et du Collège Shawinigan ont convoqué un point de presse, jeudi, afin de faire part de leurs vives inquiétudes face aux importantes restrictions budgétaires auxquelles fait face le réseau collégial. «C'est inadmissible, inconcevable qu'on touche à l'éducation», s'est insurgé jeudi le président du Syndicat des professeur(e)s du Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier.

Les syndicats de la région sont persuadés qu'au rythme où Québec coupe dans le financement collégial, il est clair qu'il y aura sous peu atteinte aux services aux étudiants. Les frais d'admission sont aussi appelés à être haussés, prévoient-ils.

La Commission Robillard avait déterminé que le taux d'investissement de l'État québécois était satisfaisant en éducation, rappelle M. Fournier. «Alors pourquoi couper? Qu'est-ce que Coiteux, Couillard ne saisissent pas? La situation est dramatique. Il faudra bientôt gratter le squelette», fait-il valoir.

Les syndicats prévoient que la situation aura tôt ou tard un impact sur le personnel et bien entendu, sur les étudiants.

«L'an prochain, où allons-nous trouver l'argent? Il n'y aura plus aucun surplus accumulé», fait-il valoir.

C'est «un saccage des services publics» ont dénoncé en bloc, hier matin, les Syndicats des enseignants du Cégep de Trois-Rivières et du Collège Shawinigan, le Syndicat des employés du Cégep de Trois-Rivières, le Syndicat des employés de soutien du Collège Shawinigan, les Syndicats des professionnels des deux établissements ainsi que l'Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières.

Danielle Dufresne, du Syndicat des employés de soutien du Cégep de Trois-Rivières, indique qu'au «cours des dernières années, notre charge de travail a augmenté considérablement. Nos effectifs ont été réduits de 10 % depuis les dernières années», dit-elle. Des compressions de 750 000 $ ont déjà affecté le Cégep de Trois-Rivières en 2014 «et plus de 600 000 $ en 2015», ajoute-t-elle.

«Nos salaires sont inclus dans la même enveloppe budgétaire que le déneigement et le chauffage. L'administration devra-t-elle choisir entre la sécurité des laboratoires et le chauffage?», se questionne-t-elle, «entre les services de l'aide financière aux études et le déneigement?»

René Tousignant du Syndicat des professionnel(le)s du Cégep de Trois-Rivières rappelle que les coupes de 19 millions $ imposées cette année en cours d'exercice budgétaire au réseau collégial s'ajoutent aux cinq compressions exercées par Québec au cours des quatre dernières années dans les Collèges du Québec pour un grand total de 109 millions $.

«Ces coupes ne pourront pas faire autrement qu'affecter les services directs à la population», prévoit-il. «On parle des services de psychologie et de travail social pour les 6000 étudiants qui fréquentent les deux collèges, des services adaptés pour les étudiants à mobilité réduite, ceux qui ont des états de TDH ou de dyslexie, les services d'aide pédagogique, d'orientation, d'information scolaire, de mobilité étudiante et de stages», résume M. Tousignant.

«S'il y a un endroit où il ne faut pas couper, il me semble, c'est en éducation supérieure. On a besoin de ce moteur-là dans toutes les régions du Québec, mais particulièrement à Shawinigan», a fait valoir hier Luc Vandal, le président du Syndicat des enseignant(e)s du Collège Shawinigan.

Les syndicats ont l'intention de manifester prochainement contre les mesures d'austérité.

Jeudi prochain, le 27 novembre, les portes du Collège Shawinigan seront fermées et les gens empêchés d'entrer jusqu'au début des cours «parce qu'on veut faire entendre le message», indique

M. Vandal. «Les trois syndicats seront là avec les étudiants jusqu'au début des cours», dit-il, en précisant que la prestation des cours ne sera toutefois pas touchée.

Le même jour, avant le dîner, les médias seront conviés à une autre manifestation au Cégep de Trois-Rivières, cette fois, où les professeurs et l'ensemble du personnel seront aussi invités. Dans les deux cas, les syndicats espèrent que la direction de l'établissement se joindra à eux. «On sera des dizaines de milliers dans les rues de Québec et de Montréal, le 29 novembre, pour dénoncer l'austérité», ajoute Jean Fournier.

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