Commissions scolaires: redécoupage et fusions en vue dans la région

Le territoire de la commission scolaire du Chemin-du-Roy... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le territoire de la commission scolaire du Chemin-du-Roy pourrait être redécoupé tout comme celui de la commission scolaire de l'Énergie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Commission scolaire du Chemin-du-Roy et celle de l'Énergie pourraient bientôt assister au redécoupage de leurs frontières mutuelles tandis que la Commission scolaire de la Riveraine pourrait être fusionnée avec les deux autres commissions scolaires du Centre-du-Québec.

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Claude Lessard

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marjolaine Arsenault

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Ce sont, du moins, les informations parcellaires qui étaient parvenues aux oreilles des présidents régionaux, mercredi, alors qu'on apprenait que le ministre Yves Bolduc entend réduire de 50 % le nombre de commissions scolaires au Québec.

Selon ces informations, Québec espère réduire le nombre de commissions scolaires de 72 à 46.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a fait part de ses intentions lors d'une rencontre avec la présidente de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), Josée Bouchard, et son homologue de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, David Daoust.

La nouvelle carte proposée par le ministre comporterait 36 commissions scolaires francophones, sept anglophones - plutôt que neuf comme c'est le cas actuellement - et trois à statut particulier, c'est-à-dire celles des Cris et des Inuits et celle de la Basse-Côte-Nord. La réorganisation se fera à grande échelle, si bien qu'à peu près toutes les commissions scolaires du Québec seront affectées par le redécoupage territorial.

La Mauricie et le Centre-du-Québec n'y échappent pas. Et c'est pour avoir le fin mot de l'histoire que Claude Lessard, président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et ses homologues Jean-Yves Laforest (de l'Énergie) et Marjolaine Arsenault (de la Riveraine) rencontreront, jeudi matin, la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Claude Lessard, a entendu parler que les frontières de sa commission scolaire seraient redessinées en tenant compte des MRC.

«J'avais entendu dire qu'on va respecter les MRC. Sous réserve, les parties Des Chenaux et Mékinac s'en iraient avec la Commission scolaire de l'Énergie et la partie qui était avec l'Énergie avant, Saint-Alexis-des-Monts, Saint-Paulin, Charette, Saint-Sévère, s'en viendrait de notre côté pour respecter la MRC», dit-il.

Lorsqu'il en aura confirmation, M. Lessard entend toutefois analyser la situation dans le détail. «On va regarder le nombre d'élèves. On va s'asseoir avec le Conseil des commissaires», indique le président qui a rencontré le comité plénier mercredi soir. «Je serai là à compter de 9 h jeudi (ce matin) et on va voir comment ça s'oriente à court terme», dit-il.

M. Lessard estime qu'il est trop tôt pour se positionner. Il veut d'abord analyser «quels sont les impacts que ça va avoir au niveau des élèves, au niveau des enseignants et ensuite sur l'administration. On va faire une petite étude», dit-il.

Jean-Yves Laforest... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Jean-Yves Laforest

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Du côté de la Commission scolaire de l'Énergie, le président, Jean-Yves Laforest, se dit prêt à faire preuve d'ouverture, mais se questionne sur le scénario qui circule actuellement. «Si l'on ajoute Des Chenaux et qu'on retranche ailleurs, je ne sais pas c'est quoi l'avantage. Il va falloir qu'on nous l'explique. Si l'on enlève une partie de territoire et qu'on en ajoute une partie équivalente, la logique est où?», se demande-t-il.

«Est-ce une logique de territoire uniquement que l'on fait sans penser aux conséquences sur les services aux élèves, leurs déplacements, leurs habitudes et les liens que les familles ont tissés aussi avec le milieu?», se demande-t-il.

«Je regarde, par exemple, Saint-Paulin, Saint-Alexis-des-Monts, Charette, Saint-Barnabé-Nord, ça fait 30, 35 ans que ces enfants-là fréquentent, au niveau secondaire, les écoles de la Commission scolaire de l'Énergie, Val-Mauricie en priorité et que tout d'un coup, on change ça et que du côté de Des Chenaux, on fait la même chose, c'est quoi la logique de ça?», se demande-t-il.

La question n'est pas d'ordre financier, dit-il. «La question, c'est comment on va rendre les meilleurs services à ces élèves-là?»

Selon des informations exclusives obtenues par La Presse, le nombre de commissions scolaires, du côté du Centre-du-Québec, passerait de 3 à 2.

«Je ne sais pas s'il (le ministre) va obliger ces scénarios-là ou nous laisser une marge de manoeuvre», se questionnait de son côté, mercredi, la présidente de la Commission scolaire de la Riveraine, Marjolaine Arsenault.

«C'est sûr qu'on aimerait garder notre Riveraine», dit-elle, «Je suis certaine qu'on est touché parce qu'on est la plus petite, mais je ne peux pas me prononcer tant qu'on n'a pas vu les cartes», fait-elle valoir.

«On s'attendait qu'il y ait des mouvement parce que ça fait plusieurs mois qu'on en entend parler. Mais moi, j'aime mieux que ce soit des fusions que des abolitions de commissions scolaires. Au moins, les structures vont demeurer. Si ce qui est proposé n'est pas coulé dans le béton, on va voir comment on peut réagir. On va consulter le milieu aussi.»

Mme Arsenault explique qu'elle a déjà rencontré le ministre Bolduc pendant qu'elle était en campagne électorale «et il m'avait affirmé qu'il y aurait des discussions et que ce ne serait pas des choses imposées», dit-elle. «Mais la marge de manoeuvre, on ne la sait pas encore», indique-t-elle.

Des doutes quant aux économies

La présidente de la FCSQ n'a pas voulu prendre position à l'issue de l'entretien de deux heures avec le ministre, préférant consulter auparavant les membres de la fédération réunis aujourd'hui en conseil général. Elle a cependant affiché un certain scepticisme quant aux économies que pourraient générer ces fusions.

«Il y a peut-être des économies à faire, on est en accord avec une discussion sur des regroupements de services et peut-être de territoires mais avec une analyse, avec une démonstration», a dit Mme Bouchard.

Or, le ministre n'a pas fait ce travail nécessaire de démonstration, ont opiné Mme Bouchard et M. Daoust.

M. Bolduc ne s'est pas adressé aux médias au terme de la rencontre mais selon Mme Bouchard, il a assuré le monde scolaire que tout était «négociable» et qu'il était disposé à discuter avec les commissions scolaires.

Avec la Presse Canadienne

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