Compressions en éducation: «On est rendu à l'os»

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Les nouvelles coupes annoncées en éducation jeudi font  mal aux institutions de la Mauricie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les nouvelles restrictions budgétaires de 31,6 millions $ imposées jeudi par Québec aux universités et de 19,5 millions $ aux collèges en plein exercice financier, ont été reçues avec inquiétude par les deux collèges de la région.

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Nadia Ghazzali

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Raymond-Robert Tremblay

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Pour le Cégep de Trois-Rivières, la restriction devrait en effet se chiffrer autour de 300 000 $ alors que l'institution avait déjà consenti un effort de quelque 400 000 $ en déposant un budget équilibré, le 1er octobre dernier. C'est donc la coquette somme de 700 000 $ qui lui a été retirée cette année, précise le directeur, Raymond-Robert Tremblay.

«On est rendu à l'os», dit-il. «Ça va nous obliger à faire des coupes dans les services directs à l'étudiant», prévoit-il. «On ne balancera pas si l'on ne coupe pas dans les services.»

Le Collège Shawinigan, pour sa part, devrait être coupé de quelque 155 000 $. somme qui s'ajoute à la compression de 208 000 $ absorbée au mois d'août dernier. «À court terme, pour cette année, malgré le fait que ça ne fait pas notre affaire, on est capable de maintenir les services et les opérations», indique le directeur Guy Dumais.

«On va resserrer la gestion», explique-t-il, «mais on est rendu loin. Depuis 4 ans, le Collège Shawinigan a vécu des compressions de tout près de 1 million $. Je ne veux pas priver les étudiants de services, mais vous comprenez que pour la prochaine année, quand on va faire un exercice de rationalisation, on risque de toucher à ces services-là», prévoit-il. «Les 48 cégeps du Québec sont rendus à cette étape-là», dit-il.

«Près de 72 % de nos dépenses sont des salaires et tout le monde est déjà engagé pour l'année. Autrement dit, on ne peut rien faire d'autre que de faire un déficit», indique Raymond-Robert Tremblay en précisant que les collèges n'ont pas le droit de présenter un budget déficitaire.

Le Cégep de Trois-Rivières utilisera donc le «petit bas de laine de secours qu'on appelle le solde de fonds» pour éponger la nouvelle compression.

«Ce qui est inquiétant, c'est que ces coupes-là qu'on vient de subir sont récurrentes. Ces sommes-là ne reviendront jamais», dit-il. «Sur les cinq prochaines années, ça représente 3,5 millions $.»

Les institutions craignent le pire l'an prochain alors que des coupes supplémentaires sont dans la mire de Québec. «Le gouvernement annonce que les frais de système, qui représentent à peu près des augmentations de 2 % par année vont être compensées uniquement à 0,7 %, ce qui veut dire qu'on aura un nouveau manque à gagner chez nous d'à peu près 600 000 $. Le budget 2015-16 se fera donc avec 1,3 million $ de moins que les années antérieures, indique le directeur du Cégep de Trois-Rivières.

À l'UQTR

Du côté de l'UQTR, on ignore pour l'instant quel est le montant exact imposé à l'UQTR dans la foulée des nouvelles coupes de 31,6 millions $ indique la rectrice, Nadia Ghazzali.

Pour faire face à ces nouvelles compressions, dit-elle, «on va continuer le travail qu'on a déjà entamé depuis le mois d'avril dernier et qui nous a mené au dépôt du premier budget au conseil d'administration du mois de juin, c'est-à-dire la concertation et la discussion avec toutes les unités et tous les services pour essayer de trouver des pistes de solution», explique Mme Ghazzali.

«Alors on va continuer, comme direction responsable et transparente, à travailler avec toute la communauté, tous les syndicats, les associations, pour essayer de trouver des pistes de solutions afin d'absorber l'effort supplémentaire qu'on nous demande», explique-t-elle.

La rectrice reconnaît que les temps sont durs, «mais ce qui est le plus important pour nous, c'est qu'il faut que les actions et les mesures qu'on va prendre aujourd'hui n'hypothèquent pas l'avenir de l'Université», dit-elle.

Quand on lui demande si la période d'austérité pourrait obliger la direction de l'UQTR à fermer des postes, à faire un déficit ou à rouvrir des conventions collectives, la rectrice indique qu'elle n'a pas d'appréhensions de ce côté. «Il n'est pas question qu'on touche aux conventions collectives et nous allons respecter nos engagements», répond-elle.

Cette dernière précise qu'en octobre dernier, elle a entamé une tournée des unités, qui est toujours en cours, pour présenter le portrait des compressions budgétaires. «Nous travaillons avec nos syndicats et nos associations», dit-elle.

Les services aux étudiants risquent-ils d'être affectés? «On ne veut pas toucher à notre mission première. Les universités qui vont s'en sortir, de cette période difficile, sont celles qui vont se mobiliser, celles où tout le monde met l'épaule à la roue. L'Association étudiante et les étudiants sont partie prenante aussi, donc on va discuter avec eux», répond-elle.

Mais s'il n'y a plus de gras à couper, que fera l'UQTR à ce chapitre? «C'est tout l'art de diriger une université en 2014», plaide la rectrice. «Il faut trouver des solutions un peu différentes avec toute la communauté», dit-elle.

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