Claude Lessard prône le nettoyage de l'appareil gouvernemental

Le nouveau président de la Commission scolaire du... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le nouveau président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le nouveau président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard, estime qu'il y a bien autre chose à faire qu'une révision en profondeur des commissions scolaires pour faire faire des économies à l'État. Il prône entre autres qu'on désencrasse l'appareil gouvernemental. «Il faut regarder toutes les alternatives», dit-il.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a réagi, lundi, au taux anémique de participation moyen de 4,85 % aux élections de dimanche dernier et a annoncé une réforme en profondeur des commissions scolaires, au cours des prochains mois, qui donnera notamment plus de pouvoirs aux écoles.

Les commissions scolaires demeureront pour l'instant, a annoncé lundi le ministre, mais tous les scénarios sont à l'étude, a-t-il prévenu, y compris leur éventuelle abolition.

Le nouveau président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy tient pour sa part à voir le «plan d'affaires» que propose le ministre Bolduc. «J'aimerais qu'on n'écarte pas toutes les autres possibilités. Que le rôle change, ça va, mais est-ce qu'on pourrait amenuiser le ministère de l'Éducation et envoyer les économies qu'on ferait dans les milieux?», suggère-t-il.

«Le 9 octobre dernier», rappelle-t-il, «le ministre (Martin) Coiteux a déposé le projet de loi 15 pour connaître le nombre d'employés de l'État ainsi que leur profil. Donc, ont-ils le contrôle de la situation?», questionne Claude Lessard. «C'est clair que c'est non.»

M. Lessard indique qu'au cours de sa campagne électorale, il a demandé aux électeurs qu'il rencontrait ce qu'ils préféraient entre l'abolition de la commission scolaire ou la diminution de la taille du ministère de l'Éducation en échange d'argent et de services aux régions. Tout le monde a opté pour la deuxième option, dit-il.

«L'État a fait la démonstration, au cours des 25 dernières années, que ce n'est pas efficace, la centralisation à Québec.»

Sur la question de donner plus de pouvoirs aux écoles, M. Lessard répond: «Peut-être qu'il y a des écoles qui vont bien gérer ça à cause du nombre de ressources, mais dans les petites municipalités, on va demander à des gens de faire de l'administration alors que ce n'est pas leur fonction. Leur fonction première, c'est d'enseigner aux élèves», plaide-t-il.

«Il ne faut pas bâtir un programme en fonction de Montréal et Québec», fait valoir M. Lessard. «C'est ce dont j'ai peur», confie-t-il.

Du côté de la Commission scolaire de La Riveraine, la présidente réélue, Marjolaine Arsenault, estime que si le taux de participation a baissé, c'est qu'il n'y avait pas eu d'élections scolaires depuis sept ans «et qu'il s'est fait beaucoup, beaucoup de désinformation au sujet des commissions scolaires», dit-elle.

«Il ne peut pas ne pas y avoir de structure entre les écoles et le gouvernement. Je ne vois pas comment un directeur d'école peut prendre en charge tout ce qui se fait dans le transport, dans les services éducatifs, dans les ressources humaines. C'est impossible», estime Mme Arsenault.

Cette dernière rappelle qu'au Nouveau-Brunswick, on avait aboli les commissions scolaires «et ils les ont remises en place cinq ans plus tard», dit-elle.

Le président de la Commission scolaire de l'Énergie, Jean-Yves Laforest, indique que selon les documents connus jusqu'à présent, les deux commissions scolaires de la Mauricie ne feront pas l'objet d'une fusion, notamment à cause de la taille géographique très importante de la Commission scolaire de l'Énergie.

Il estime que la Commission scolaire et le ministre se rejoignent dans l'objectif «d'offrir les meilleurs services possible aux élèves. Si les enfants sont toujours aussi bien servis, on va collaborer», dit-il.

Quant à l'idée de déverser certaines responsabilités des commissions scolaires sur le dos des directions d'écoles, M. Laforest fait valoir qu'elles «sont déjà débordées avec la gestion de l'école et la pédagogie. Je ne vois pas comment elles seraient intéressées à en faire plus alors qu'elles disent souvent qu'elles sont débordées. S'il faut transférer du personnel au niveau de chacune des écoles pour supporter encore plus les directions, je ne vois pas où est l'efficience», dit-il.

Quant au faible taux de participation, Jean-Yves Laforest estime qu'il est explicable en partie du fait «que personne n'a donné de chance à la démocratie scolaire, ce coup-là. Du côté du ministère de l'Éducation, on n'a pas donné les mêmes budgets qu'on va donner dans les milieux municipaux. Il y avait des candidats au scolaire qui avaient de la difficulté à se financer. Les dons en ligne étaient interdits. La CAQ a quasiment appelé au boycott. En partant, il y a des gens qui présument qu'il faut abolir les commissions scolaires», résume-t-il.

Commission scolaire du Chemin-du-Roy

Nombre d'électeurs: 132 254

Taux de participation: 6,4 %

Commission scolaire de la Riveraine

Nombre d'électeurs: 33 943

Taux de participation: 9,86 %

Commission scolaire de l'Énergie

Nombre d'électeurs: 22 931

Taux de participation: 6,87 %

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer