Jusqu'à 40 % des élèves pourraient migrer vers le public

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En Mauricie et au Centre-du-Québec, on retrouve 11 établissements d'enseignement privés dont 8 subventionnés en partie par l'État.

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Si le gouvernement provincial devait concrétiser son intention de réduire de 50 % le financement des écoles privées du Québec, jusqu'à 40 % des élèves pourraient migrer vers le réseau d'enseignement public en raison du fardeau financier qui deviendrait alors trop lourd à supporter pour les familles. C'est du moins ce qu'il a été permis d'apprendre, hier, dans le cadre de la présentation de la Fédération des établissements d'enseignement privés du Québec qui a déposé un mémoire à la Commission de révision permanente des programmes.

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 La porte-parole régionale des établissements d'enseignement privés et directrice générale de l'Institut secondaire Keranna, Julie L'Heureux, craint les répercussions que pourrait avoir une réduction de 50 % du financement du réseau des écoles privées,

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Dans ce document, la FEEP a notamment formulé six recommandations au gouvernement Couillard dans l'espoir d'éviter les nouvelles compressions anticipées dans le monde de l'enseignement privé au Québec.

Ainsi, plutôt que de réduire le financement des écoles privées, celles-ci estiment que le gouvernement Couillard devrait «permettre un plus grand nombre d'écoles agréées à des fins de subventions» - lire bonifier les subventions - pour accroître leur clientèle. La FEEP soutient que si 3 % des élèves du réseau public étaient transférés vers le privé, cela permettrait des économies de 150 millions $ par année à l'État.

Parmi les autres propositions, la FEEP pense que Québec pourrait offrir un financement supplémentaire aux écoles privées pour accueillir les élèves en difficulté, comme c'est le cas dans le réseau public. L'État pourrait leur donner 60 % de la subvention offerte au public. Actuellement, environ 10 % des élèves qui fréquentent le privé sont en difficulté.

En justifiant ses propositions, la FEEP a notamment tenu à expliquer à la Commission de révision permanente des programmes que «les écoles privées représentent une économie de 600 millions $ par année pour le gouvernement du Québec.» Advenant des réductions majeures dans le financement des écoles privées, c'est le réseau public qui devrait encaisser des augmentations de coûts d'opération.

«C'est un faux débat de dire qu'il faut couper le financement des écoles privées. Au contraire, plus il y aura d'élèves dans les écoles privées, plus il y aura des économies pour l'État», explique Julie L'Heureux, porte-parole régionale des établissements d'enseignement privés et directrice générale de l'Institut secondaire Keranna.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, on retrouve 11 établissements d'enseignement privés dont 8 subventionnés en partie par l'État. Parmi ceux-ci, on note le Séminaire Saint-Joseph, le Collège Marie-de-l'Incarnation, l'Institut secondaire Keranna et l'école Val-Marie, à Trois-Rivières, le Séminaire Sainte-Marie, à Shawinigan, et le Collège Notre-Dame-de-l'Assomption, à Nicolet.

Dans la région, ce sont 3310 étudiants qui fréquentent l'école privée subventionnée pour l'année 2014-2015.

Sans parler d'éventuelles fermetures d'établissements, la porte-parole régionale avoue néanmoins que l'intention de sabrer de moitié dans le financement des écoles privées viendrait assurément fragiliser le réseau. «On n'est pas en mesure d'annoncer des établissements en danger plus que d'autres», note Mme L'Heureux.

Il faut rappeler qu'en 2008, l'École secondaire Mont-Bénilde, à Bécancour, et l'Institut secondaire Montfort, à Shawinigan, ont disparu du portrait des écoles privées dans la région.

Compression par-dessus compression

Du même souffle, la porte-parole régionale rappelle que les parents ont déjà encaissé une hausse de frais substantielle à l'aube de la présente année scolaire en raison des compressions gouvernementales liées au financement du transport scolaire.

Rappelons que le gouvernement Couillard a déjà amputé de 33 % le financement des écoles privées visant à assurer le transport des élèves. Cette compression sera récurrente trois années de suite, soit jusqu'à ce que la subvention se soit complètement évaporée. À titre d'exemple, la facture de transport scolaire par élève de l'Institut secondaire Keranna est passée de 200 $ à 480 $.

«Dans la majorité de nos écoles, ce sont des élèves de familles de la classe moyenne. Le facteur économique régional n'est pas simple en ce moment donc les marges de manoeuvres n'existent pas beaucoup dans les budgets de ces familles-là pour penser absorber des futures hausses de tarifs», indique Julie L'Heureux.

À l'autre bout du spectre, la Fédération autonome de l'enseignement croit que, pour économiser, Québec devrait au contraire supprimer ses subventions aux écoles privées.

En cessant de financer l'école privée, estime son président, Sylvain Mallette, l'État dégagerait les fonds nécessaires pour accueillir les élèves qui reviendraient au public et engendrerait même des économies de 82 millions par année. M. Mallette se base sur une étude commandée par la FAE en 2009.

Établissement/Nombre d'étudiants

Collège Marie-de-l'Incarnation/ 795

Institut secondaire Keranna/650

Séminaire Saint-Joseph/785

Séminaire Sainte-Marie/270

Collège Notre-Dame-de-l'Assomption/320

École Val-Marie/490

Total/ 3310

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