Commission scolaire de la Riveraine: la parole aux candidats à la présidence

Ginette Boisvert et Marjolaine Arsenault aspirent au poste... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Ginette Boisvert et Marjolaine Arsenault aspirent au poste de présidente à la Commission scolaire de la Riveraine.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Le Nouvelliste vous présente les réponses à des questions adressées aux candidats à la présidence de la Commission scolaire de La Riveraine.

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Marjolaine Arsenault

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Marjolaine Arsenault (présidente sortante)

61 ans

Retraitée de la pastorale scolaire

Mère de deux filles et d'un garçon et grand-mère de 5 petits-enfants

Habite Bécancour

Quelles sont vos priorités des cinq prochaines années pour votre commission scolaire?

«On a un territoire assez grand et ce sont toutes de petites municipalités. On a beaucoup de petites écoles. Avec toutes les coupes qu'on subit, on va avoir un défi de voir comment garder vivants nos milieux parce que sur 24 écoles primaires on en a 15 en bas de 100 élèves. La formation professionnelle aussi sera un défi.»

Quel est le rôle de votre commission scolaire dans le développement de votre région?

«On est les formateurs de la région. On a à donner des services aux entreprises aussi. Je fais partie de 23 comités où je représente la Commission scolaire. J'ai collaboré à créer de beaux liens. On travaille beaucoup avec les milieux. Les gens nous approchent pour des besoins et il y a des visites du parc industriel pour savoir quelle sorte d'emplois peuvent s'offrir aux jeunes afin de les intéresser à revenir.»

Quel est le poids politique d'un représentant scolaire?

«Ça dépend peut-être des régions. Dans une région comme la nôtre, on est peut-être plus facilement accessible que dans de gros milieux. Je fais partie de 23 comités. Les gens me voient partout. Donc, la commission scolaire a une belle visibilité.»

Que répondez-vous à ceux qui croient en l'abolition des commissions scolaires?

«Je trouve ça triste parce qu'ils croient un peu à un message qui a été lancé depuis 1998 à peu près, avec l'ADQ et ce n'est pas basé sur grand chose. S'ils veulent abolir les commissions scolaires demain sans prévoir ce qu'ils vont mettre pour les remplacer, nos jeunes continuent d'être là et d'avoir besoin de la formation. Ça va mettre une tourmente incroyable. Tu ne passes pas un bulldozer pour tout démolir sans savoir ce que tu vas reconstruire après. On est vraiment dans le vide et ça m'inquiète beaucoup.»

Si le gouvernement imposait la fusion des CS, avec laquelle ou lesquelles la vôtre devrait-elle se fusionner?

«Je ne sais pas si l'on va forcer les fusions. Lors des dernières rencontres qu'on avait eues avant de partir en élections et même dans le dernier budget du gouvernement, ils avaient réservé un montant pour que les commissions scolaires fassent un travail sur des fusions totales ou de services. On a vérifié avec les partenaires du milieux. Nos deux MRC sont habituées à travailler ensemble et les gens avaient une volonté de garder notre territoire au complet. Mais on ne sait pas ce qui va nous être demandé. Nous, on va regarder si l'on peut fusionner des services et davantage avec le Centre-du-Québec.»

Dans la foulée des compressions imposées par Québec, dans quel secteur votre CS pourrait-elle encore couper?

«Dans les services administratifs, on ne peut plus couper. On est rendu à 3,8 % de frais de gestion et nos gestionnaires ont trois ou quatre dossiers chacun. Quand les commandes viennent de Québec, souvent, c'est ciblé. Ils nous disent où couper. Cette année, ils nous avaient laissé une marge de manoeuvre. S'ils veulent vraiment faire des économies, ce n'est pas en abolissant les commissions scolaires ou en transférant les services ailleurs qu'ils vont en faire.»

Le gouvernement devrait-il diminuer davantage le nombre des commissaires afin d'économiser?

«On a déjà diminué pas mal. Ici, on est passé de 17 à 9. Je ne vois pas les économies qu'ils font. Un salaire de commissaire, c'est à peu près 5000 $ par année. Tu n'engages pas trois ou quatre psychologues avec ça. Les détracteurs lancent des choses sans avoir l'analyse. C'est bien d'avoir des gens proches des milieux. Déjà, nous, pour le grand territoire de Gentilly à Sainte-Françoise, il n'y a qu'un commissaire. Au municipal, pour une petite population de 400 ou 500 personnes, ils ont quand même 7 élus et les rémunérations sont plus élevées.»

Que pensez-vous de l'idée de tenir des élections scolaires en même temps que les élections municipales?

«Le fait de tenir deux événements en même temps, tu as beaucoup d'économies. Donc pour ça, je trouverais ça intéressant. À la Commission scolaire de la Riveraine, sur 9 circonscriptions, il y en a 7 en élections et il y a quelques circonscriptions qui ont trois candidats. Les gens vont peut-être être capables de faire sortir le vote. Le ministère met 35 000 $ pour la promotion et au municipal, il met 500 000 $ pour sa promotion. Après ça, ils disent que les gens ne sont pas informés.»

Le ministre Bolduc a indiqué que le taux de participation aux élections scolaires serait révélateur de la pertinence de maintenir ces dernières en fonction. Selon vous, quel pourcentage serait satisfaisant?

«C'est difficile à dire et je ne vois pas le rapport entre une participation des gens à une élections et l'abolition des commissions scolaires. Ça n'a aucun lien. C'est une structure démocratique. Dans les autres provinces et dans les autres endroits où il y en a, il n'y a aucun endroit où c'est remis en question. On ne sait pas comment renverser la machine. On dirait que les gens ne nous aiment pas.»

Pourquoi les électeurs ont-ils aussi peu d'intérêt envers les élections scolaires?

«Ils n'ont pas d'intérêt parce que la publicité ne les porte pas à avoir de l'intérêt. La Fédération des commissions scolaires a fait un site internet pour donner de l'information aux élus et là, c'est critiqué parce qu'ils disent qu'ils ont mis de l'argent.»

L'élection du président au suffrage universel pour la première fois, cette année, ça change quoi?

«Ça donne un poids politique à cette personne-là. Quand tu arrives au conseil des commissaires, ce ne sont pas eux qui t'ont élu(e). C'est la population.»

Québec doit-il continuer à subventionner les écoles privées? Votre (vos) enfant(s) les ont-ils fréquenté?

«Ce n'est pas mauvais qu'il y ait deux réseaux, mais ce qui n'est pas intéressant, c'est qu'elles n'ont pas le même traitement qu'au public. Elles ont des avantages que celles du public n'ont pas. Si le gouvernement les subventionne 60 %, elles devraient au moins avoir les redditions de compte qu'on a à faire à la hauteur de 60 %. Le Vérificateur général ne va pas dans leurs écoles.»

«Mes enfants sont allés à l'école publique.»

 Comment expliquez-vous que les taxes scolaires aient plus que doublé alors qu'on continue à exercer des compressions dans les commissions scolaires?

«Le gouvernement cherche de l'argent. Nous, pour les taxes scolaires, on a un maximum de 0,35 $. On ne l'a jamais atteint, le 0,35 $. On n'a pas le droit d'aller chercher plus que le taux maximum. Les gens sont fâchés contre les commissions scolaires, mais c'est parce que leur résidence a pris de la valeur. Ça ne dépend pas de nous, mais du rôle d'évaluation et de la valeur foncière.»

Ginette Boisvert... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Ginette Boisvert

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Ginette Boisvert

65 ans

Retraitée d'une direction d'école

Mère d'un fils et d'une fille et grand-mère de 5 petits-enfants

Habite à Pierreville

Quelles sont vos priorités des cinq prochaines années pour votre commission scolaire?

«Déjà, on va avoir un nouveau conseil des commissaires avec des élus qui vont passer de 17 à 9 à la Riveraine, donc la dynamique va être différente. On a des commissaires qui vont représenter une circonscription, une ville. On a un voisin commissaire qui va représenter à lui seul 7 municipalités rurales avec des réalités très différentes. Donc, s'occuper de ces gens-là, mener des débats de fond. Ça va être comme gérer une classe. Certaines décisions risquent de ne pas être populaires.»

Quel est le rôle de votre commission scolaire dans le développement de votre région?

«On est dans une région plutôt rurale. Donc, on est un des plus gros employeurs de la région avec le CSSS. Donc au niveau économique, on apporte quelque chose dans le milieu. En même temps, la formation qu'on peut donner aux gens des milieux, ça devrait normalement apporter un plus. De là à le définir clairement présentement, c'est assez difficile.»

Quel est le poids politique d'un représentant scolaire?

«Dans mon cas, ça fait 28 ans que je suis commissaire. Pendant 28 ans, j'ai représenté le secteur Pierreville-Odanak sans opposition. Je peux prétendre que j'ai un gros poids politique ou je peux demander si c'est par manque d'intérêt qu'on ne s'opposait pas à moi. Moi, je trouve que le commissaire a un poids politique important parce que les commissaires sont imputables et parce que la commission scolaire et le conseil des commissaires, c'est l'instance qui décide, mais on n'a pas toujours vu ça comme ça.»

Que répondez-vous à ceux qui croient en l'abolition des commissions scolaires?

«Je trouve ça déplorable parce que les commissions scolaires représentent le gouvernement qui est le plus proche de la population qu'il dessert. Il est facile d'accès. On connaît notre monde. C'est important qu'il y ait un niveau de gouvernance à proximité des parents et des enfants.»

Si le gouvernement imposait la fusion des CS, avec laquelle ou lesquelles la vôtre devrait-elle se fusionner?

«Moi, me faire imposer quelque chose, ce n'est pas génétiquement acceptable. Je me dis pourquoi le gouvernement abolirait les commissions scolaires quand c'est une démocratie? Avec qui on se sentirait le mieux? Le territoire est tellement grand qu'on aurait une partie du territoire qui serait plus proche de Victoriaville et l'autre partie serait plus proche de Drummondville. Sur la rive nord, on serait plus proche de Chemin-du-Roy. Je trouve déplorable que toutes sortes de rumeurs circulent.»

Dans la foulée des compressions imposées par Québec, dans quel secteur votre CS pourrait-elle encore couper?

«On est présentement dans un régime minceur assez important. Au niveau du conseil des commissaires, les gens n'étaient pas prêts à couper dans plein de choses. Le nouveau conseil aura-t-il une vision différente? Les écoles ont des besoins particuliers, donc on ne peut pas faire une recette qui s'applique à toutes les écoles.»

Le gouvernement devrait-il diminuer davantage le nombre des commissaires afin d'économiser?

«Quand on diminue le nombre de commissaires, on diminue aussi la proximité. C'est ça qu'il faut regarder. On a déjà de la difficulté à se faire reconnaître comme un représentant des milieux. On n'est pas tous des Louis Plamondon; on n'a pas tous des équipes comme lui pour faire le territoire de la Riveraine parce que ce territoire, c'est presque le même que celui du député fédéral.»

Que pensez-vous de l'idée de tenir des élections scolaires en même temps que les élections municipales?

«Je serais portée à tenir les élections en même temps, mais pas nécessairement dans le but d'augmenter le vote. Ça peut être une raison, mais pas LA raison. Toutefois, ça éviterait peut-être des coûts ou de faire une redondance au niveau du processus électoral comme tel.»

Le ministre Bolduc a indiqué que le taux de participation aux élections scolaires serait révélateur de la pertinence de maintenir ces dernières en fonction. Selon vous, quel pourcentage serait satisfaisant?

«Lui même, le ministre, est-il capable de le déterminer? Non. Nous autres on plus, on n'est pas capable de le déterminer. Est-ce un motif? J'aimerais mieux qu'il donne d'autres raisons que ça. Y a-t-il un souci d'économie en arrière de tout ça? Si c'est juste ça, c'est une chose, mais de là à dire que ça prendrait 25 % ou 15 % de l'électorat pour maintenir les commissions scolaires ou les commissaires, j'ai des doutes là-dessus. Venant du ministre de l'Éducation, je l'ai de travers un peu. On est en train d'encourager le décrochage politique.»

Pourquoi les électeurs ont-ils aussi peu d'intérêt envers les élections scolaires?

«Bonne question. À la maternelle, les parents sont très présents, mais à mesure qu'on avance au niveau du parcours scolaire, on se rend compte qu'arrivés au secondaire, les enfants sont presque majeurs et vaccinés tout de suite. C'est là aussi que les parents devraient être présents. Au carrefour de la troisième secondaire, les enfants décrochent ou continuent leur parcours. Mais l'implication parentale et l'implication des citoyens se ressemblent beaucoup. Ce qui rejoint beaucoup les parents, toutefois, ce sont les choses négatives.»

L'élection du président au suffrage universel pour la première fois, cette année, ça change quoi?

«Ça devrait changer quelque chose. Ce sont les citoyens qui vont pouvoir se prononcer tandis qu'avant, c'était au niveau des commissaires entre eux qui se choisissaient une personne pour animer les réunions parce que le rôle de président n'était pas celui qu'il va être après les nouvelles élections. Le président ou la présidente va être le ou la porte-parole officiel(le) de la commission scolaire et par le fait même du conseil des commissaires.»

 Québec doit-il continuer à subventionner les écoles privées? Votre (vos) enfant(s) les ont-ils fréquenté?

«Je ne suis pas sûre qu'il devrait arrêter de les subventionner. Si les parents ou les citoyens paient des taxes scolaires et qu'ils décident d'envoyer leur enfant à l'école privée, ils peuvent le faire. De là à dire que le gouvernement cesserait toute forme de subvention, je ne suis pas si sûre.»

«Mes enfants sont allés au public.»

Comment expliquez-vous que les taxes scolaires aient plus que doublé alors qu'on continue à exercer des compressions dans les commissions scolaires?

«C'est difficile à comprendre parce qu'on a un taux de taxation de 0,35 $. Normalement, avec ce taux de taxation-là, on devrait être capable d'avoir des budgets qui ont de l'allure, mais le gouvernement nous coupe de l'oxygène. Les payeurs de taxes en ont ras le bol. J'aimerais bien faire partie d'un comité qui pourrait regarder ça.»

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