Commission scolaire du Chemin-du-Roy: la parole aux candidats à la présidence

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Trois personnes ont soumis leur candidature à la présidence de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Le Nouvelliste vous présente les réponses à des questions adressées aux candidats à la présidence de la Commission scolaires du Chemin-du-Roy. Cet exercice a été fait en vue des élections scolaires prévues le 2 novembre.

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Mariette Gélinas

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Mariette Gélinas

71 ans

Retraitée de l'éducation et des services publics

Mère d'un fils et grand-mère d'un petit-fils

Habite à Trois-Rivières

Quelles sont vos priorités des cinq prochaines années pour votre commission scolaire?

«Mettre toujours l'élève au centre des décisions, au centre de la politique scolaire. Favoriser la réussite de tous les élèves le plus possible et leur donner les services adéquats. Faire circuler l'information dans la communauté, au sein des écoles et de l'administration est important pour moi. Pour bien gérer, il faut écouter, s'informer et consulter aussi.»

Quel est le rôle de votre commission scolaire dans le développement de votre région?

«Elle représente la population, surtout la population étudiante. Donc, on doit s'assurer que les élèves reçoivent les mêmes services éducatifs qu'on reçoit à l'autre bout du territoire ou qu'on reçoit au centre de Trois-Rivières. Elle offre aussi des services à la communauté. Elle est un point important dans le développement de la région.»

Quel est le poids politique d'un représentant scolaire?

«Des fois, je pense qu'on n'en donne pas assez. Les commissaires passet inaperçus avec l'intérêt du vote. Si l'on prend son rôle à coeur et qu'on le définit comme il le faut et si on le fait connaître dans la population je pense qu'on peut devenir des acteurs incontournables.»

Que répondez-vous à ceux qui croient en l'abolition des commissions scolaires?

«C'est loin d'être la première année qu'on en traite. De 1948 à 1968 on est passé de 2000 commissions scolaires à quelque 230. On avait fait la centralisation. En 1997-98, ça a été la décentralisation. Mais avant d'abolir, il faut vraiment vérifier ce que la commission scolaire fait et à qui on va donner ces rôles-là. Est-ce que les services aux élèves vont être meilleurs? Je suis loin de penser ça. Si l'on prend l'exemple grec, le PIB a diminué de 22 % en 5 ans et le chômage a augmenté à cause de la période d'austérité. Au lieu de se relever, ça leur a nuit davantage.»

Si le gouvernement imposait la fusion des CS, avec laquelle ou lesquelles la vôtre devrait-elle se fusionner?

«Moi, j'ai des affinités avec Shawinigan (CS de l'Énergie) et la Riveraine. Toutefois, avant de parler de fusion, il faudrait voir qu'est-ce que donnerait la fusion. Avec la fuite qu'il y a eue au niveau du document interne de la Fédération des commissions scolaires qui dit que les commissions scolaires vont passer de 60 à 34, c'est comme si tout était déterminé d'avance. À mon avis, on ne devrait pas fusionner. On n'a jamais fait d'économies avec les fusions parce qu'on fait d'autres structures et on engage d'autres personnes ou on va mettre un autre palier.»

Dans la foulée des compressions imposées par Québec, dans quel secteur votre CS pourrait-elle encore couper?

«Je ne le sais pas. Je ne m'intéressais pas surtout aux coupes parce que ce n'est pas ça qui va faire avancer l'éducation dans les milieux. Au niveau des services aux élèves, on ne devrait pas couper. Ils disent qu'ils ne veulent pas couper dans les services aux élèves, mais ils obligent quasiment les commissions scolaires à couper un peu partout. Moi, je pense qu'il faut essayer de négocier avec le gouvernement.»

Le gouvernement devrait-il diminuer davantage le nombre des commissaires afin d'économiser?

«On instaure une réforme, mais on ne donne pas la chance de voir ce que ça donne. Ça va être la première fois qu'on va diminuer le nombre de commissaires. Ici, ça passe de 23 à 10, mais il va y avoir 4 commissaires parents au lieu de 2. Qu'on essaie ça avant de dire qu'on va diminuer davantage. Si les commissaires prennent vraiment leur rôle au sérieux, j'ai l'impression qu'à 10, ce n'est pas trop.»

Que pensez-vous de l'idée de tenir des élections scolaires en même temps que les élections municipales?

«Je pense que ce serait peut-être une bonne idée parce qu'au municipal, il y a plus de monde qui se déplace. Ça donnerait un bon coup de main. Ce n'est pas juste à l'élection que les gens trouvent qu'une commission scolaire, c'est important. Durant l'année, est-ce que les parents participent? Est-ce qu'ils donnent leur idée? Est-ce que les enseignants sont consultés? Il n'y a pas assez de publicité qui est faite.»

Le ministre Bolduc a indiqué que le taux de participation aux élections scolaires serait révélateur de la pertinence de maintenir ces dernières en fonction. Selon vous, quel pourcentage serait satisfaisant?

«C'est sûr que l'idéal serait d'avoir au moins 50 %. Mais du jour au  lendemain, je ne peux pas dire qu'on va avoir 50 % parce qu'il y a plusieurs électrices et électeurs qui ne savaient même pas que ça fait 7 ans qu'il n'y a pas eu d'élections. Il faut davantage en parler.»

 Pourquoi les électeurs ont-ils aussi peu d'intérêt envers les élections scolaires?

«Il n'y a peut-être pas eu assez de débats. On n'en parle peut-être pas assez. Je connais beaucoup de parents et ils s'impliquent à l'école, mais pour aller voter, ils vont peut-être s'impliquer moins parce que c'est comme si ça les touchait moins; c'est plus loin. Au municipal, des fois, c'est parce qu'il y de des dossiers concrets. Pourtant, plusieurs m'ont dit: Les taxes scolaires, c'est cher, donc oui, je vais aller voter cette année.»

L'élection du président au suffrage universel pour la première fois, cette année, ça change quoi?

«Je pense que c'est important. Ça veut dire que les électrices et les électeurs sont conscients qu'il faut avoir une personne qui dirige, une personne qui corresponde aux valeurs qu'ils ont. Je regarde toutes les circonscriptions où il y a eu des élections par acclamation, ça veut dire que les gens ne se sont pas prononcés entre 2 ou 3 personnes.»

Québec doit-il continuer à subventionner les écoles privées? Votre (vos) enfant(s) les ont-ils fréquenté?

«Au niveau budget, je ne pense pas que les coffres du gouvernement seraient plus garnis si l'on ne subventionnait pas les écoles privées. Il y en a qui disent qu'on doit les laisser là parce que c'est une compétition. D'autre part, au public, on dit que les meilleurs élèves sont au privé. Il faudrait réfléchir et trouver pourquoi on les subventionne, à la hauteur de quoi et qu'est-ce que ça va donner de plus? Je suis pour l'école publique.»

«Mon fils est allé à l'école publique.»

Comment expliquez-vous que les taxes scolaires aient plus que doublé alors qu'on continue à exercer des compressions dans les commissions scolaires?

«On est toujours sous l'évaluation municipale. Les commissions scolaires peuvent charger jusqu'à 0,35 $ du 100 $, donc on le fait. Il ne faudrait pas que ça monte davantage parce que les citoyens ont de la misère à payer leurs taxes municipales. Ils doivent avoir autant de misère au scolaire. C'est toujours le même portefeuille. Je pense qu'il ne faudrait pas augmenter le fardeau fiscal, mais il faudrait qu'on se serve vraiment de ça pour de meilleurs services aux élèves.»

Comment percevez-vous le dossier du Centre sportif Alphonse-Desjardins?

«Il va falloir analyser ce qui s'est passé. Je trouve ça déplorable. Peut-être qu'on n'a pas étudié assez le dossier parce qu'on a été obligé de revenir sur les décisions qu'on a prises et voir comment régler le problème. Peut-être qu'on aurait dû y penser avant. Si je suis élue, je veux étudier véritablement les différents projets, toujours avec le conseil des commissaires et avoir consulté avant pour prendre des décisions éclairées. Ce n'est pas normal qu'on ne sache pas à quoi s'attendre avant de donner notre aval dans un dossier important.»

 La CS du Chemin-du-Roy devrait-elle définitivement écarter toute idée d'avoir un colisée au CSAD?

«Je pense que la Commission scolaire n'a peut-être pas besoin ce ça. On peut peut-être s'organiser autrement, louer des espaces de temps si nécessaire, collaborer avec d'autres, mais je ne suis pas sûre que c'est l'apanage de la Commission scolaire d'être partie prenante directement dans ce dossier-là.»

Yvon Lemire... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Yvon Lemire

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Yvon Lemire (président sortant)

61 ans

Retraité du ministère des Transports

A déjà présidé la CS Samuel-de-Champlain

Père de deux fils et grand-père d'une petite-fille

Habite à Trois-Rivières

Quelles sont vos priorités des cinq prochaines années pour votre commission scolaire?

 «Il faut mettre ça malheureusement en fonction des compressions. Malgré tout, il faut préserver la qualité, la quantité du service aux élèves, mais aussi s'assurer de sa distribution en équité. Dans les petits milieux ruraux, il faut s'assurer qu'il y ait un minimum de services.»

Quel est le rôle de votre commission scolaire dans le développement de votre région?

«Au début des années 2000, la loi le permettait, on pouvait être un vecteur de développement. Un bel exemple, c'est la fibre optique. Maintenant, les règles de financement ont été modifiées en 2008. Les projets sont présentement financés en grande partie par le gouvernement.»

Quel est le poids politique d'un représentant scolaire?

«C'est en fonction de l'investissement que chacun va faire dans sa petite communauté. Pour le président, l'influence va être mesurée davantage à partir du 2 novembre parce que ce sera la première fois que le président de la commission scolaire sera élu au suffrage universel. Avant, quand le président parlait des électeurs, il s'agissait des électeurs de son quartier. Maintenant, il va parler au nom de l'ensemble.»

Que répondez-vous à ceux qui croient en l'abolition des commissions scolaires?

«Pour l'ensemble des personnels, il va falloir que quelqu'un fasse une paie. Pour l'ensemble des établissements, il va falloir aussi qu'il se fasse des approvisionnements. Il y a des gens qui devront gérer les trois importantes conventions collectives nationales. Il faudra des gens localement pour gérer les trois conventions collectives. On ne peut pas penser que ça va être dévolu aux directions d'écoles.»

Si le gouvernement imposait la fusion des CS, avec laquelle ou lesquelles la vôtre devrait-elle se fusionner?

«Le premier réflexe gouvernemental va être en fonction des régions. En Mauricie, il y a deux commissions scolaires. S'il ne devait pas y avoir de fusion, je pense qu'il va falloir avoir beaucoup d'ouverture à peut-être fusionner des services de commissions scolaires qui n'ont pas d'incidence sur les couleurs locales, par exemple, il pourrait y avoir un service de la paie, un service de soutien informatique, un service de perception de taxes.»

Dans la foulée des compressions imposées par Québec, dans quel secteur votre CS pourrait-elle encore couper?

«Est-ce qu'on aura la pleine autonomie de faire des coupes ou si, comme on a vu dernièrement, le ministre de l'Éducation viendra dire aux commissions scolaires: Même si vous avez organisé vos budgets, je vous interdis de couper dans les services directs aux élèves. S'il y avait encore des coupes importantes il faudrait s'asseoir avec les groupes qu'on consulte et se donner une définition commune de ce qui est essentiel et de ce qui est direct.»

Le gouvernement devrait-il diminuer davantage le nombre des commissaires afin d'économiser?

«Si l'on recherche des économies importantes, ce n'est pas là qu'il faut aller. Globalement, ça n'amène pas d'économies importantes. La masse salariale est autour de 135 000 $, 140 000 $. Même si l'on faisait des économies de 10 000 $ ou 15 000 $, ça en prend, des 10 000 $, pour arriver à 3 millions $.»

Que pensez-vous de l'idée de tenir des élections scolaires en même temps que les élections municipales?

«Je pense que c'est une excellente idée. Ça se déroule ailleurs, en Ontario, au Nouveau-Brunswick. Quand les gens se déplacent, c'est pour un minimum d'expression du vote. Je pense que de tenir deux scrutins à la même date au même endroit dans deux salles différentes, ça viendrait juste inciter les gens à se déplacer davantage. Il n'y aurait pas de confusion.»

Le ministre Bolduc a indiqué que le taux de participation aux élections scolaires serait révélateur de la pertinence de maintenir ces dernières en fonction. Selon vous, quel pourcentage serait satisfaisant?

«On ne peut pas s'attendre, cette année, à ce que le taux de participation passe de 7 % à 75 %. Si le taux était multiplié par deux ou par trois, si l'on allait autour de 15 % à 18 % ou entre 23 % et 25 %, il faudrait être extrêmement satisfait de ça. Il ne faut pas oublier que dans tout le processus, globalement au Québec, il y a des gens qui s'offusquent à ce que le DGÉ injecte 20 millions $ dans la promotion des élections scolaires, mais c'est bien peu par rapport à ce qui est investi pour les élections municipales ou provinciales.»

Pourquoi les électeurs ont-ils aussi peu d'intérêt envers les élections scolaires?

«C'est parce qu'au niveau scolaire, c'est difficile de créer des enjeux qui viennent rejoindre tout le monde. La taxe scolaire, c'est important dans le budget, mais en même temps, c'est très encadré. Les fermetures d'écoles représentent un enjeu qui est très sensible, mais ça ne fait pas partie des enjeux actuellement. Les principaux éléments d'intérêts sont là.»

L'élection du président au suffrage universel pour la première fois, cette année, ça change quoi?

«Ça ne changera pas grand chose pour moi, dans mon attitude parce que je vais être comme j'ai toujours été. Je suis un homme d'équipe. C'est difficile de mesurer les impacts du suffrage universel parce qu'on ne l'a pas encore vécu. Quand le président était élu par son quartier, il avait à parler à 23 personnes pour les convaincre qu'il était le meilleur pour le poste de président. Toutefois, parler à 133 000 électeurs sur 35 jours, c'est différent. Toutefois, ça ne doit pas avoir d'impact sur l'ego des individus.»

Québec doit-il continuer à subventionner les écoles privées? Votre (vos) enfant(s) les ont-ils fréquenté?

«Je suis en accord avec l'ensemble des présidents au Québec. On souhaite que l'enseignement de l'école privée soit revu, non pas aboli. On parle davantage d'ajustement de ces budgets-là. Il faut toujours penser aux impacts. Si un certain nombre d'élèves devaient cesser de fréquenter l'école privée parce que ça devient trop dispendieux, on a le devoir d'accueillir ces élèves-là.»

«Mes deux enfants sont allés à l'école publique.»

Comment expliquez-vous que les taxes scolaires aient plus que doublé alors qu'on continue à exercer des compressions dans les commissions scolaires?

«Depuis 2007, chaque fois qu'il y a des augmentations du compte de taxes, le gouvernement a décrété que les comptes de taxes scolaires ne pouvaient pas augmenter plus que de l'indice des prix à la consommation. S'ils augmentaient plus que ça, on ne refilait pas l'augmentation aux contribuables. On les additionnait et le gouvernement venait nous donner une deuxième péréquation. Cette année, il n'y a pas eu cette opération. Le gouvernement a plutôt demandé de rapprocher le taux de taxes réel pour chacune des municipalités. À Trois-Rivières, si l'évaluation d'une maison n'avait pas changé, il y a eu une augmentation de 3 %. Dans la plupart des municipalités du monde rural, les gens ont eu des diminutions de taxes.»

Comment percevez-vous le dossier du Centre sportif Alphonse-Desjardins?

«J'entends dire des candidats que les commissaires sont imputables. Les commissaires sont imputables de ce que le rapport du Vérificateur leur a dit. Il leur a dit qu'ils n'avaient pas suivi ce dossier-là d'assez près. Ce ne sont pas les commissaires qui ont pris des décisions discutables. Il y a des gens qui vont dire: Vous aviez des représentants au conseil d'administration. Effectivement et ces représentants-là ont été changés.

Ce ne sont plus les mêmes qui sont là. Il va y avoir, dans les prochaines semaines, une assemblée générale où l'on va modifier aussi le contrat avec l'OBNL où il va y avoir beaucoup moins de pouvoirs directs au CSAD. Ça a été décidé avant le déclenchement des élections. En septembre, le conseil des commissaires a adopté un plan d'action qui a été remis au Vérificateur général.»

La CS du Chemin-du-Roy devrait-elle définitivement écarter toute idée d'avoir un colisée au CSAD?

«Actuellement, c'est la résolution qu'on a adoptée de l'écarter, sur le modèle actuel. S'il y avait un jour une autre proposition, avec les règles budgétaires qui ont été changées, la Commission scolaire ne pourra pas investir d'argent là-dedans. La seule chose que la Commission scolaire pourrait faire, à mon avis, c'est de consentir que ça se construise sur ses terrains. Si un promoteur privé avait le goût de construire une phase 5, complètement à ses frais et qu'il en assumerait les responsabilités, ça pourrait être intéressant pour la Commission scolaire.»

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Claude Lessard

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Claude Lessard

61 ans

Retraité de la direction de la Caisse Desjardins Laviolette

Père d'un fils et d'une fille

Habite à Trois-Rivières

Quelles sont vos priorités des cinq prochaines années pour votre commission scolaire?

«D'abord de réaliser le plan stratégique. La réussite et la persévérance scolaire, ça c'est majeur. On parle beaucoup de décrochage scolaire et on veut augmenter le niveau de diplomation. On veut que notre milieu soit sain et sécuritaire, autant pour les élèves que pour le personnel de la Commission scolaire.»

Quel est le rôle de votre commission scolaire dans le développement de votre région?

«Il faut assurer la réussite des élèves. On a à établir des objectifs stratégiques pour l'évolution de nos jeunes. On est le lien avec le milieu des affaires. Il y a de la formation professionnelle qui se fait. Si l'on veut avoir des entreprises dans notre région, on se doit d'adapter le milieu scolaire aux besoins des entreprises. Il faut voir au bon fonctionnement de la Commissions scolaire bien entendu.»

Quel est le poids politique d'un représentant scolaire?

«On dit que les décisions se prennent à Québec, cependant, on a un poids d'influence. Il est au niveau de nos dirigeants. Je pense que quand les gens vont voter de façon massive, on est plus écouté. On va avoir des rendez-vous plus facilement. C'est très important pour influencer nos décideurs. En contrepartie, si moins de gens y vont et sont désintéressés, il y a peut-être des raisons. La population manque d'information.»

 Que répondez-vous à ceux qui croient en l'abolition des commissions scolaires?

«Je trouve ça aberrant. Il y avait un objectif financier au début. Le 9 octobre, le ministre Coiteux a déposé un projet de loi pour connaître le nombre d'employés qui travaillent pour l'État et leur profil. On a perdu le contrôle. Donnons une chance aux commissions scolaires. Il y a peut-être des choses qu'on pourrait leur donner pour faire des économies.»

Si le gouvernement imposait la fusion des CS, avec laquelle ou lesquelles la vôtre devrait-elle se fusionner?

«À proximité, il y la Commission scolaire de l'Énergie. D'abord, c'est l'élève, les enseignants; à quelle place vont-ils être gagnants? Je pense qu'à chaque fois qu'on fait des fusions, il faut trouver quels sont les points gagnants pour les élèves, le personnel et la population. Quand on trouve des avantages et qu'on a un plan d'affaires rigoureux, on va y arriver. J'ai réalisé deux fusions (dans le secteur des caisses populaires) en harmonie avec le milieu. C'est faisable.»

Dans la foulée des compressions imposées par Québec, dans quel secteur votre CS pourrait-elle encore couper?

«Je suis un type de l'extérieur. Je n'ai pas eu accès au budget et aux états financiers de tout ça, sauf que j'ai travaillé dans le domaine des institutions financières pendant 41 ans et c'est un discours qu'on a quotidiennement. Il y a en a sûrement à faire. Il s'agirait de voir. On va passer les postes budgétaires un à un et je suis persuadé qu'il y a en un où l'on peut travailler avec moins et en faire plus.»

 Le gouvernement devrait-il diminuer davantage le nombre des commissaires afin d'économiser?

«Il faut regarder la représentativité de nos gens. Quand je regarde la région de Louiseville, c'est immense. C'est important de connaître notre milieu et les besoins de notre milieu. Il faut une représentativité fiable pour être capable d'avoir le bon pouls de la population. Ça ne serait pas de rendre service à la population.»

Que pensez-vous de l'idée de tenir des élections scolaires en même temps que les élections municipales?

«Je serais favorable, mais avec beaucoup d'explications. Même au municipal, des fois, les gens sont mêlés. On passe de 23 circonscriptions à 10. C'est un gros changement. Le président est élu au suffrage universel, ce qui n'avait jamais été fait. La Commission scolaire et les médias ont un rôle important d'information. Je pense que ce serait bien de le faire ensemble.»

Le ministre Bolduc a indiqué que le taux de participation aux élections scolaires serait révélateur de la pertinence de maintenir ces dernières en fonction. Selon vous, quel pourcentage serait satisfaisant?

«J'aimerais avoir plus que 20 %. Cependant, abolir les commissions scolaires, ça veut dire qu'on fait gérer nos centaines de milliers de personnes à Québec. À mon avis, on va juste grossir l'État encore et ça va coûter plus cher. C'est très clair dans mon esprit. Jamais on ne va me croire qu'on va faire des économies avec ça. J'aimerais qu'on me montre ça, je suis ouvert. Il n'a pas montré grands chiffes, le ministre Bolduc.»

Pourquoi les électeurs ont-ils aussi peu d'intérêt envers les élections scolaires?

«Je pense qu'il y en a, de l'intérêt, mais il manque d'information. Quand je rencontre les gens, ils me demandent s'ils ont le droit de voter ou encore, les gens pensent que parce qu'ils ne sont pas propriétaires, ils n'ont pas le droit de voter. Il y a un outil de communication à mettre en place.»

L'élection du président au suffrage universel pour la première fois, cette année, ça change quoi?

«Ça demande énormément parce que ça va de Sainte-Anne-de-la-Pérade à Saint-Prosper jusqu'à Saint-Édouard-de-Maskinongé. J'ai une équipe qui fait le tour. Ça demande énormément d'énergie. C'est très dispendieux aussi. Y a-t-il une valeur ajoutée? Je pense que oui. Nous sommes trois en campagne électorale qui faisons le tour, qui essayons d'expliquer aux gens ce qu'il en est. Il faut prendre le pouls du milieu, c'est important. Je vois de l'information que je ne verrais pas si j'étais strictement dans ma circonscription.»

Québec doit-il continuer à subventionner les écoles privées? Votre (vos) enfant(s) les ont-ils fréquenté?

«Oui. C'est un choix des enfants, des parents d'avoir un enseignement dans un secteur privé. Moi, je veux aborder le secteur privé pour voir si l'on ne pourrait pas travailler ensemble. Par exemple, pourrait-on faire faire les paies par un même fournisseur? Pourrait-on acheter des produits de nettoyage ou certains biens pour avoir des économies d'échelle?»

«Mes enfants sont allés tant au public qu'au privé.»

Comment expliquez-vous que les taxes scolaires aient plus que doublé alors qu'on continue à exercer des compressions dans les commissions scolaires?

«Ce sont des compressions que le gouvernement nous impose. Si l'on n'est pas capable d'aller les chercher dans le budget, il faut les taxer. C'est là que mon expérience va entrer en jeu. Je pense qu'en regardant les choses avec des yeux différents, les yeux de quelqu'un qui vient du milieu financier, on pourra trouver des choses. Il y a peut-être des changements à faire importants. Au niveau du transport scolaire, des gens ont dit: Éliminons ça et donnons ça aux municipalités. À Trois-Rivières on a un transport en commun, mais à Saint-Maurice, il n'y en a pas. Ce n'est pas pensable. Mais en regardant l'ensemble des postes, il y a quelque chose à faire, avec le conseil des commissaires, mais peut-être avec des gens externes.»

Comment percevez-vous le dossier du Centre sportif Alphonse-Desjardins?

«On fait l'envie de beaucoup de commissions scolaires et de villes au Canada. Au niveau gouvernemental, on a de grands objectifs d'instruction, d'éducation et de santé. Je suis persuadé que le sport-études a évité à plusieurs le décrochage scolaire. Je pense qu'il faut que ça reste là. Ce que les gens veulent, cependant, c'est que ça fonctionne différemment avec des suivis rigoureux, principalement au niveau des dollars.»

La CS du Chemin-du-Roy devrait-elle définitivement écarter toute idée d'avoir un colisée au CSAD?

«Il faut définitivement que ça n'ampute pas les services aux élèves et pas seulement dans ce coin-là. Saint-Prosper, comme Saint-Édouard, Saint-Justin ou Sainte-Ursule. Peut-on le regarder de façon budgétaire avec d'autres partenaires? Il y a peut-être d'autres partenaires qu'on a oubliés là-dedans. Là, on regarde ça avec la Commission scolaire, la Ville et le gouvernement, mais y a-t-il d'autres partenaires qui pourraient se greffer à ça et amener des commandites importantes? Je vous donne un exemple: On a un amphithéâtre qui va s'appeler Cogeco. Je suis persuadé que ça coûte très cher, ça. Pourquoi par un aréna avec un commanditaire?»

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