Les CPE inquiets

Julie Sylvestre, présidente du Syndicat régional des travailleuses... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Julie Sylvestre, présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE du Coeur-du-Québec (CSN), Martine Chagnon, directrice du CPE Entre deux nuages, Louis Sénécal, président et directeur général de l'AQCPE, et Mathieu Traversy, député Parti Québécois porte-parole en matière de famille, étaient de passage à Trois-Rivières jeudi pour sensibiliser la population aux enjeux qui guettent le réseau des CPE.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) a amorcé sa tournée provinciale de mobilisation jeudi à Trois-Rivières, afin de partager son inquiétude quant à l'avenir de la politique familiale du Québec.

Le report d'accès à de nouvelles places en service de garde ainsi que le spectre de l'augmentation de la tarification pour les parents sont au coeur des préoccupations.

«En ce moment, le gouvernement est en train de penser à des scénarios qui pourraient ébranler les principes fondateurs de notre réseau, que sont l'universalité, l'accessibilité et la qualité», a d'entrée de jeu dénoncé le président-directeur général de l'AQCPE, Louis Sénécal. «Le premier budget du gouvernement libéral est venu couper 70 millions $ de plus dans les services de garde. Dans les dix dernières années, ce sont 250 millions $ qui ont été coupés», a-t-il précisé.

M. Sénécal mentionne que le budget du ministère de la Famille représente 3,5 % des dépenses de l'État. Il ne renie pas l'actuel «défi des finances publiques», mais estime que depuis 10 ans, le réseau des services de garde a contribué à limiter la progression du déficit. Il a par la suite vanté le réseau de la petite enfance en le qualifiant de levier de développement socio-économique. «La politique familiale a généré l'augmentation de 5,1 milliards $ pour le PIB. Pourquoi remet-on en question un modèle qui est un investissement et non un coût?»

Louis Sénécal a fait état des enjeux de la qualité des services dans un contexte de coupes. Il soutient qu'il n'y a «pas de gras à couper» dans la structure du réseau, et que ce sont les services éducatifs et l'achat de matériel pédagogique qui écopent. Il a aussi souligné que l'augmentation des coûts pour les parents fragiliserait le concept d'accessibilité au coeur de la création du réseau des CPE.

Pour que les services puissent être maintenus, une «augmentation drastique de la tarification habituelle» serait nécessaire, selon M. Sénécal. «Est-ce qu'on va revenir 30 ans en arrière et demander aux familles de faire un choix entre avoir un enfant, en avoir un deuxième ou même un troisième, ou conserver deux salaires?», demande-t-il.

Le report de l'accès à des places déjà annoncées comporte aussi des conséquences, dans un contexte où les listes d'attente sont encore longues. Martine Chagnon, directrice générale du CPE Entre deux nuages, du secteur Cap-de-la-Madeleine, a témoigné des impacts de ce report. Le CPE accueille actuellement 61 enfants, et 19 places supplémentaires ont été autorisées par le ministère de la Famille. Mais leur création a été reportée à 2017-2018.

«On a fait l'acquisition d'une bâtisse voisine de notre CPE actuel. Et on a su qu'on aura nos places seulement en 2017-18. Entre-temps, on a des frais reliés à l'entretien de cette bâtisse-là: on doit l'assurer, payer l'électricité, l'entretien général... On existe depuis 1980 dans un vieil immeuble d'au moins 50 ans et qui aurait besoin d'entretien. Mais l'argent qu'on met pour entretenir une bâtisse inutilisée nous empêche de faire l'entretien régulier de notre CPE actuel», raconte Mme Chagnon.

Louis Carle, directeur général du Regroupement des centres de la petite enfance région 04-17, a précisé qu'en Mauricie, on comptait 369 places reportées jusqu'à aussi loin que 2020-21.

La tournée de mobilisation de l'AQCPE culminera le dimanche 9 novembre avec l'organisation d'un grand rassemblement qui se déploiera dans plusieurs villes du Québec. À Trois-Rivières, la population est invitée au Parc Champlain dès 10 h. Les gens qui souhaitent appuyer le mouvement peuvent signer une pétition en ligne sur le site de l'Assemblée nationale et consulter le site toujoursfousdenosenfants.com pour en savoir plus.

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