Le Cégep de Trois-Rivières veut plus de souplesse du ministère

Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le directeur du Cégep de Trois-Rivières, Raymond-Robert Tremblay (à droite) en discussion avec l'auteur du rapport, Guy Demers.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Comme sans doute beaucoup de directeurs généraux de cégeps, Raymond-Robert Tremblay, dg du Cégep de Trois-Rivières, espère trouver dans le rapport Demers les moyens de mettre en oeuvre les solutions qui permettront à son collège de régler plusieurs de ses problèmes. Car les solutions, il les connaît déjà.

«On est contents, parce que ça fait plusieurs années que le réseau collégial réclame une évolution, notamment de la souplesse administrative et pédagogique pour être capable, dans les régions, de nous adapter rapidement au marché du travail», a-t-il confié à l'issue du point de presse du ministre Bolduc qui avait lieu dans son établissement.

Le directeur rappelle que, récemment encore, il a dénoncé le fait que son collège réclame en vain depuis quatre ans la permission de mettre en oeuvre son projet en matière de pâtes et papier, mais qu'il est incapable de bouger à cause de la réglementation qui l'oblige à attendre le bon vouloir des administrateurs du ministère de l'Enseignement supérieur.

«Les délais sont beaucoup trop longs et nous reportent encore de trois ans. Or, quand on aura terminé (ce délai) il sera trop tard, car le marché du travail aura évolué vers une autre direction», déplore-t-il.

M. Tremblay souligne à nouveau que les collèges veulent être plus autonomes dans le développement des programmes et qu'ils souhaitent qu'on les laisse réagir rapidement à une évolution régionale. «C'est nous qui avons l'expertise, insiste-t-il. Prenons les pâtes et papiers. Nous sommes les seuls au Québec qui connaissons ça, qui savons que ça évolue dans le sens d'une industrie cellulosique. On a l'expertise, un centre de recherche (Innofibre) on est capable d'avancer là-dedans avec l'UQTR, des partenaires et l'industrie. On est capable d'aller très loin et rapidement, mais laissez-nous faire! Et ce n'est qu'un exemple.»

Il avait également beaucoup d'attentes en ce qui concerne la souplesse réclamée dans les admissions. Dans la situation actuelle, les étudiants qui n'ont pas les préalables en mathématiques avancées, par exemple, se découragent rapidement face au rattrapage qui est exigé avant leur entrée au collège en génie mécanique ou génie métallurgique. «Je peux offrir à l'étudiant un cours de mise à niveau, mais je n'ai pas le droit de l'admettre en même temps au programme d'études. Par conséquent, le jeune se dit qu'il va perdre un an.

Alors, on a beaucoup de difficultés à le convaincre de faire cette démarche-là. Mais si on nous donnait la souplesse d'admettre cet étudiant au programme sous la condition de réussir ses mathématiques, on aurait plus d'étudiants. Je souhaite que cette mesure réglementaire, qui ne coûte pas de sous, soit l'une de celles qui puissent être mises en vigueur rapidement. Elle nous aiderait beaucoup aussi pour combattre la décroissance démographique», insiste le directeur général qui note que son collège, en particulier, est très fragile face au déclin démographique (2000 candidats de moins qu'il y a trois ans).

Un autre exemple concret d'adaptabilité au marché du travail donné par M. Tremblay est l'arrivée de CGI à Shawinigan. «Est-ce que notre main-d'oeuvre locale aura la capacité d'occuper ces emplois? s'interroge-t-il, inquiet. Aura-t-elle les qualifications professionnelles et techniques pour occuper ces bons emplois? On aura les diplômés qualifiés seulement si on fait les efforts particuliers pour les accueillir et les acheminer vers le marché du travail», prévient-il.

D'ailleurs, le directeur du Cégep de Trois-Rivières souhaite entrer en contact avec les dirigeants de cette future entreprise récemment annoncée à Shawinigan et il formule le même souhait pour toutes les industries du parc industriel de Bécancour.

«On a des contacts, mais l'élément qui nous bloque actuellement, c'est l'absence de ressources pour la formation continue. C'est important. Les gens en exercice ou qui sont chômeurs, on doit être en mesure de leur donner des compétences professionnelles pour qu'ils puissent occuper des emplois qui sont requis par l'avenir économique de nos régions. Il faut décloisonner ça. En ce moment, j'ai des listes d'attente en formation continue, parce que je n'ai pas le financement qui vient avec. Que deviennent ces gens-là?»

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