Des cadres à bout de souffle à Chemin-du-Roy

Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy,... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Yvon Lemire, et la directrice générale, Hélène Corneau.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Association québécoise des cadres scolaires rencontre mardi le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, pour le sensibiliser à la question des dangers que pose le cumul de plusieurs fonctions par les membres de la direction des commissions scolaires, depuis quelque temps, au Québec.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, le président sortant, Yvon Lemire ne cache pas lui non plus son inquiétude face à cette situation.

La directrice générale, Hélène Corneau et plusieurs autres employés hors cadres de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy cumulent eux aussi, depuis peu, plusieurs tâches importantes et exigeantes. Dans le cas de Mme Corneau, la responsabilité du service de l'informatique et celle du secrétariat général s'ajoutent à sa tâche régulière de directrice générale.

«J'ai une directrice générale adjointe que j'ai affectée à la direction de l'Académie des Estacades. Tous les dossiers de cette directrice générale adjointe ont été répartis avec la directrice des services éducatifs et on se les partage pour cette année», dit-elle.

Cette directrice adjointe est aussi responsable du service du transport et assume la fonction de présidente d'élection», dit-elle, pour illustrer la situation qui prévaut.

«Un bon nombre de commissions scolaires ont embauché un président d'élections externe. Nous, on a réalisé une économie», dit-elle, en rappelant que Chemin-du-Roy est une des commissions scolaires ayant les coûts de gestion les plus faibles au Québec.

Lors du dernier conseil des commissaires, une augmentation de salaire de 10 %, soit l'équivalent de 15 000 $, a été dévolu à Mme Corneau à cause de ses nouvelles responsabilités.

Comme l'explique le président de la Commission scolaire, Yvon Lemire, non seulement le conseil des commissaires n'a pas le choix d'accorder cette augmentation, puisqu'il s'agit d'un règlement provincial, mais en plus, ce cumul des tâches par un employé hors cadre, comme Mme Corneau, permet de réaliser d'importantes économies, malgré l'augmentation de salaire dont elle vient de bénéficier.

C'est qu'autrement, dit-il, il aurait fallu embaucher un nouveau directeur de l'informatique ainsi qu'un nouveau secrétaire général et payer plein salaire. «On est dans une économie», plaide M. Lemire.

Ce genre d'économie présente toutefois des risques, fait valoir Suzanne-Lily Roy, coordonnatrice aux communications de l'Association québécoise des cadres scolaires. «On avait fait une étude ici, justement, sur le cumul de postes et c'est de plus en plus utilisé par les commissions scolaires parce qu'ils sont obligés de réduire année après année leur budget. Et pour ne pas sacrifier de services à l'élève, ils font du cumul de postes, ce qui amène des signes d'épuisement», résume Mme Roy.

«Dans les journaux, on parle de bureaucratie extrême, mais ce n'est pas du tout ce qu'on vit à l'intérieur. Les gens croulent sous leurs tâches», dit-elle.

«Les gens sont obligés de cumuler (des fonctions) et les heures de travail s'allongent de façon très importante», explique-t-elle.

La directrice de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy ne cache pas qu'elle apporte du travail à la maison le soir et les week-ends pour pouvoir boucler, ce qu'elle faisait d'ailleurs déjà dans le cadre de sa fonction de directrice générale, précise-t-elle. «L'augmentation de salaire, je m'en passerais bien», indique Mme Corneau.

«Je suis inquiet», confie le président de la Commission scolaire. «Effectivement, on augmente la charge de tout le monde. Il y a des gens qui font des efforts surhumains», estime-t-il. «Je ne voudrais pas que quelqu'un m'arrive un matin et me dise: Je ne suis plus capable. S'il fallait que l'un ou l'une des cadres actuels tombe pour une période de trois à six mois, ce serait dramatique». dit-il.

Suzanne-Lily Roy estime qu'il y a en effet des dangers associés au cumul des tâches à la direction des commissions scolaires présentement, dont l'épuisement.

Yvon Lemire estime que le cumul des tâches n'est pas de nature à attirer, non plus, la relève pour combler les postes surchargés.

Hélène Corneau indique que la situation de cumul devrait fort heureusement arriver à un terme en mars prochain «avec les nouveaux plans d'effectifs» qui sont présentement en processus de révision.

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