Gentilly-2 à l'aube de la dormance

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Près de 80 % des 600 employés de Gentilly-2, répertoriés en septembre 2012, se sont relocalisés dans l'entreprise, ont pris leur retraite ou ont quitté l'entreprise pour un autre employeur.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

Entamées il y a deux ans, les premières grandes étapes du déclassement de Gentilly-2 sont maintenant terminées. Et Hydro-Québec complète la transition vers la première phase de l'état de stockage sûr de l'installation nucléaire qui entrera en période de dormance au 1er janvier 2015.

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Le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel dresse un bilan sombre de la situation.

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À partir de cette date, une nouvelle structure permanente, composée d'une soixantaine d'employés provenant tous de la centrale nucléaire, prendra la relève des opérations. Et près de 80 % des 600 employés de Gentilly-2, répertoriés en septembre 2012, se sont relocalisés dans l'entreprise, ont pris leur retraite ou ont quitté l'entreprise pour un autre employeur. Voilà autant d'informations contenues dans le bilan réalisé par la société d'État en cette deuxième année d'anniversaire de la fin du nucléaire.

Le député de Nicolet-Bécancour Donald Martel dresse pour sa part un bilan beaucoup plus sombre de la situation. «La catastrophe annoncée est inévitable. On est dedans. Dans le village de Gentilly, il y a beaucoup de maisons à vendre et des projets qui ne se réalisent pas. On ne peut perdre jusqu'ici 500 jobs à 100 000 $ sans impact. Et le Fonds n'est qu'un diachylon sur une fracture ouverte». 

Du côté d'Hydro-Québec, on précise que les principales activités réalisées jusqu'à présent comprennent le déchargement du combustible dans le coeur du réacteur, le drainage et l'assèchement des systèmes en eau lourde, le transfert des résines usées, la mise en retrait de plusieurs systèmes du bâtiment réacteur et du bâtiment turbine, la reconfiguration des services communs qui demeureront actifs et la préparation du plan de surveillance pour l'état de stockage sûr.

«Les activités complétées depuis les 24 derniers mois ont été réalisées avec succès grâce au professionnalisme du personnel d'Hydro-Québec, et dans le respect des exigences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) et des échéanciers», soutient l'attachée de presse de la société d'État, Marie-Élaine Deveault.

Quant à la nouvelle structure établie par Hydro-Québec, acceptée par les syndicats et présentée à la CCSN, elle est basée sur les besoins de la prochaine phase des travaux, soit des besoins de surveillance et de maintien des systèmes.

Rappelons qu'au cours de la prochaine période, soit de 2015 à 2020, environ 30 % des systèmes doivent demeurer en service pour assurer le refroidissement du combustible dans la piscine.

Dès l'annonce de la fermeture de la centrale, un «solide plan d'accompagnement» a été déployé et Hydro-Québec a mis à la disposition des employés une panoplie d'outils et de services. La planification et la réduction des effectifs ont toujours été faites en fonction de la charge de travail requise par le plan de déclassement. Et parmi les employés relocalisés, près de la moitié est demeurée dans la région de la Mauricie-Centre-du-Québec.

Compte-tenu du nouveau statut de l'installation nucléaire il était requis de mettre en place des règles de gestion pour mieux refléter les réalités et les besoins des groupes de travailleurs. Ainsi, la nouvelle organisation permanente assurera dès janvier la suite des activités à l'installation nucléaire alors que les employés excédentaires emménagent graduellement dans des quartiers temporaires où ils doivent se consacrer à la recherche active d'un emploi. «L'entreprise les appuie dans leurs efforts de recherche et s'attend à leur pleine collaboration», fait savoir Mme Deveault.

Au cours de la prochaine étape, Hydro-Québec réalisera différents travaux sur le site de l'installation, pour parvenir à la deuxième phase de l'état de stockage sûr en 2021. Au cours de cette période, l'entreprise procédera au transfert du combustible irradié de la piscine vers l'aire de stockage à sec, où deux nouveaux modules seront construits pour compléter l'entreposage. 

De plus, l'entreprise procédera à la mise en retrait des systèmes devenus non requis et au renouvellement du permis, prévu en 2016. «Hydro-Québec maintiendra la même rigueur dans la réalisation de chaque activité dans le respect des impératifs de sûreté et de sécurité, pour les travailleurs, la population et l'environnement», assure Mme Deveault.

Manque de transparence

Quant au député Donald Martel, plusieurs questions restent en suspens deux ans plus tard. À l'aube de 2015, «ça reste un dossier très nébuleux et il y a une adéquation qui ne peut pas se régler».

«Comment le pdg d'Hydro-Québec peut-il avoir autorisé 1,2 milliard de dollars de dépenses et convaincu les intervenants que c'était une bonne idée de faire la réfection pour ensuite, après un changement de gouvernement, produire un rapport en trois semaines, un mois, disant que ce n'est pas une bonne idée?», s'interroge-t-il.

À son avis, la haute direction de la société d'État a manqué «beaucoup de transparence». «Elle a joué un jeu politique qui ne fait pas partie de son mandat», affirme le représentant caquiste.

Et ce dernier n'en démord pas: «la décision de fermer, ça s'est fait vraiment dans la précipitation et on le voit avec l'exemple des roulottes». 

Et il dit surveiller de près la façon de procéder actuellement à son déclassement. «Il y a une loi d'omertà. Hydro-Québec met beaucoup de pression pour pas que les gens parlent. Hydro-Québec a eu un comportement exemplaire dans la gestion de la centrale, il était premier de classe. Mais les seuls qui restent fiers, à travers le déclassement, ce sont les employés», conclut M. Martel.

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