Vente secrète d'équipements de la centrale Gentilly-2: les ferrailleurs de la région écartés

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L'affectation de certains ingénieurs, dont plusieurs anciens de la centrale Gentilly-2, a créé un malaise chez Hydro-Québec.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Bécancour) La région n'aura pas perdu que la centrale nucléaire de Bécancour et ses emplois de qualité. Hydro-Québec tenait vendredi, dans le parc industriel et portuaire de Bécancour, une activité préparatoire à la vente d'équipements en métal provenant de Gentilly-2 et il appert que les ferrailleurs de la région ont complètement été écartés du processus.

Pourtant, des entreprises comme Robert Fer et Métaux et L. Bélanger Métal sont parfaitement équipées pour démanteler, manutentionner et transporter de très grosses pièces, assure Guy Bélanger. Mais ni eux, ni Gaston Thériault et fils, ni même aucun ferrailleur de la région, dit-il, n'ont eu la chance d'être invités au processus d'appel d'offres.

Chez Hydro-Québec, on s'est retranché, vendredi, derrière le mutisme le plus complet. La responsable des affaires publiques, Isabelle Thellen, n'a pas voulu commenter ce dossier en expliquant qu'il s'agit d'une transaction «de nature commerciale» et qu'elle ne pourrait donc commenter «ni sur le processus, ni sur les équipements, ni sur les éventuels acheteurs».

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, n'a pas l'intention de laisser cette affaire passer sans rien dire et entend la porter à l'attention de l'Assemblée nationale prochainement.

«Vendredi passé, il y a des fournisseurs qui sont allés pour voir ce qui les intéressait. Selon l'information que j'ai eue, ils remettaient leurs propositions aujourd'hui», dit-il.

Selon lui, les équipements en question n'auraient pas été offerts aux plus offrants.

«C'est vraiment du gaspillage. Les Québécois sont écoeurés du gaspillage quand on voit toutes les hausses de tarifs et les restrictions budgétaires. Ce qu'on entend, c'est que ça n'a pas été fait pour avoir les meilleurs prix. On me dit que c'est pour faire fondre. Autrement dit, Hydro-Québec ne veut pas que ces pièces-là servent. Je trouve ça très inquiétant», dit le député.

Donald Martel estime que «le Vérificateur général devrait se mettre le nez dans tout le processus de fermeture de Gentilly-2».

Selon M. Martel, les employés d'Hydro-Québec «ont peur de parler et ils sont très inquiets. Ils ont peur des représailles», conclut-il après avoir discuté avec certains d'entre eux. «Ils auraient des choses à dire», affirme-t-il, «notamment là-dessus. Les gens voient le gaspillage. Ça valait beaucoup de sous, mais ils vont probablement avoir des peanuts pour ça», déplore le député.

«Je n'ai pas la compétence pour évaluer tout ça, mais je pense qu'on a droit à petit peu plus de transparence. C'est l'argent public qui a servi à acheter tout ces équipements-là. J'aimerais avoir combien ils ont payé pour tout ça, combien ils vont en retirer dans la vente et s'ils avaient à refiler ça à d'autres centrales qui sont en restauration, combien auraient-ils pu en avoir?», demande M. Martel.

«Je suis en contact avec mon collègue Gérard Deltell qui est responsable des Ressources naturelles. On est très, très préoccupé par rapport à ça», dit-il.

Le directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, n'avait pas été avisé que ce genre d'activité allait se tenir, vemdredi. Selon lui, tout ce qui se passe à la centrale relève strictement d'Hydro-Québec.

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