L'abbé au chapeau de cow-boy

Le curé de Saint-Tite, l'abbé Paul-Émile Landry.... (Gabriel Delisle)

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Le curé de Saint-Tite, l'abbé Paul-Émile Landry.

Gabriel Delisle

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(Saint-Tite) Créé à l'origine pour stimuler l'économie locale, le Festival western de Saint-Tite s'est hissé parmi les événements touristiques majeurs du Québec. Le festival qui célèbre son 50e anniversaire attire chaque année près de 600 000 visiteurs, un exploit colossal pour une ville de moins de 4000 résidents. Afin de souligner cet anniversaire, Le Nouvelliste propose chaque semaine des entrevues qui montrent les nombreux visages de cette aventure western.

Lorsqu'il a fait ses valises pour s'établir à Saint-Tite comme nouveau curé de la paroisse il y a 23 ans, Paul-Émile Landry ne connaissait pas vraiment le Festival western. Imaginez donc sa surprise lorsqu'il a vu le parterre de l'église et les terrains du presbytère pris d'assaut par des hordes de jeunes voulant faire la fête.

Mais répondant en quelque sorte aux préceptes de sa foi - quoi de plus normal pour un homme d'Église -, il a laissé venir à lui «les petits enfants». Depuis, il laisse les jeunes faire la fête sur le parvis de l'église même s'il est conscient qu'il s'y passe des choses pas toujours catholiques. 

«Nous avons refusé de louer le devant de l'église à ceux qui voulaient mettre des commerces. Nous avons décidé de le laisser à la jeunesse», affirme en entrevue l'abbé Landry. «Nous voulions accueillir cette jeunesse et le faire dans un endroit sécuritaire. C'est notre manière de participer.»

Depuis une vingtaine d'années, l'abbé Landry a vu une transformation dans l'attitude des jeunes qui fêtent devant l'église. «En 1994, c'était violent. Il y avait des bagarres. Il n'en a maintenant pratiquement plus», explique-t-il.  

Une église western

Lors de son arrivée à Saint-Tite, Paul-Émile Landry n'a pas eu le choix que de plonger tête première dans le Festival western. «Je suis arrivé en juillet et en septembre, on se lançait», se souvient-il. «Je me suis débrouillé.»

Le prêtre a alors développé ce qu'il appelle la «pastorale événementielle». Durant les dix jours que durent le Festival western, l'abbé Landry préside sept célébrations où la musique, country bien sûr, occupe une place très importante. «Il vient environ 10 000 personnes aux célébrations», souligne l'abbé Landry. 

Toutes ces célébrations ont lieu dans une église décorée pour l'occasion. Même la chaire utilisée pour l'occasion est faite de bois de grange.  

«Je me suis même fait confectionner une étole en jeans», lance le prêtre avec une certaine fierté. 

L'église de Saint-Tite accueille une des traditions du Festival western. Chaque année, un couple s'y marie et vit une expérience entièrement country. Des milliers de personnes se massent à l'extérieur de l'église pour saluer les nouveaux mariés qui repartent en calèche. Mais se marier lors du festival demande des responsabilités. Les deux amoureux participent le lendemain au défilé sous les applaudissements de la foule. 

Bien que le devant de l'église soit réservé à la jeunesse, certains autres terrains appartenant à la Fabrique sont loués aux organisateurs du Festival western. Il y a notamment le stationnement derrière l'église qui accueille un concessionnaire de véhicules motorisés, ainsi que le stationnement du cimetière ou est installé un chapiteau. 

«Nous louons ces terrains au Festival à un prix avantageux. Nous sommes conscients que nous pourrions faire plus d'argent en les louant nous-mêmes, mais c'est notre façon de contribuer à l'organisation», précise le curé de Saint-Tite qui note que les sommes ainsi amassés par la paroisse servent essentiellement à payer le chauffage de l'église.




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