Une mère porteuse pour déjouer le cancer

Remplis d'espoir, Simon Aubin-Fortin et Vanessa Gagné ont... (François Gervais)

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Remplis d'espoir, Simon Aubin-Fortin et Vanessa Gagné ont décidé de solliciter l'aide de la communauté Facebook pour les aider à trouver une mère porteuse.

François Gervais

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Simon Aubin-Fortin et Vanessa Gagné veulent un enfant plus que tout. Ils en rêvent la nuit comme le jour. Aujourd'hui, les amoureux jouent le tout pour le tout en lançant cet appel rempli d'espoir. Ils ont besoin d'une mère porteuse pour les aider à déjouer le cancer et leur permettre de fonder une famille.

Ils s'aiment. Ça saute aux yeux dans la façon qu'a le jeune homme de mettre son bras protecteur autour des épaules de sa blonde qui raconte leur histoire.

Tous les deux âgés de 28 ans, Simon et Vanessa sont en amour depuis sept ans. Dès le début de leur relation, les tourtereaux ont su qu'ils étaient faits l'un pour l'autre et que «trois ou quatre enfants» viendraient cimenter leur union.

Ils étaient âgés de seulement 23 ans et venaient d'emménager sous le même toit lorsque la maladie est venue bouleverser leurs nombreux projets d'avenir. Porteuse du gène BRCA1 - le même que l'actrice Angelina Jolie - Vanessa Gagné a reçu un diagnostic de cancer du sein en août 2012. Infirmière en oncologie à l'hôpital de Trois-Rivières, c'est elle qui, brutalement, est devenue la courageuse patiente qui devait subir une mastectomie totale, des traitements de chimio, une reconstruction mammaire et le choc qui s'ensuit.

Conscient du risque d'infertilité, temporaire ou permanente, entraînée par la chimiothérapie, le couple a voulu se donner toutes les chances possibles de devenir parents un jour, lorsque cette épreuve allait être chose du passé.

Dans le court mois précédant le début des traitements, la jeune femme et son conjoint se sont dirigés vers une clinique de Montréal où la nature et la procréation assistée ont bien fait les choses. Neuf embryons et des ovules non fécondés ont été mis en banque (congélation) en attendant que le mot guérison soit officiellement prononcé.

«En août 2017, nous étions supposés commencer à essayer naturellement d'avoir des enfants, car les cinq ans postcancer auraient été terminés», explique Vanessa avant d'ajouter que malheureusement, leur plan de match ne peut plus se passer ainsi. La maladie a récidivé en février dernier. La jeune femme a dû reprendre la chimiothérapie pour rendormir le cancer. Les plus récents résultats sont encourageants, mais les traitements rendent la grossesse impossible alors que le pronostic oblige le couple à se montrer réaliste. 

Vanessa sait qu'il lui faudra apprendre à vivre avec «ça»... Belle et brillante, elle s'accroche. «Il y a de fortes chances qu'on soit capable de bien contrôler la maladie», souligne-t-elle courageusement en se tournant vers son amoureux, son éternel optimiste qui a partagé leur appel à une mère porteuse sur les réseaux sociaux. C'est leur dernière option pour réaliser ce rêve qu'ils chérissent tant de fonder une famille. 

Pas besoin de leur dire, ils savent que c'est une très grosse décision que de se tourner vers une tierce personne pour porter et mettre au monde un enfant, en l'occurrence le leur. Le couple cherche ses mots pour qualifier ce don de soi d'une femme qui saura comprendre et être touchée par leur histoire.

«Nous pensons qu'elle existe», osent espérer Vanessa et Simon qui, forts du soutien de leur entourage, assurent avoir longuement réfléchi avant de lancer cet avis de recherche à la perle rare.

«Ce n'est pas un coup de tête», insiste la jeune femme qui est portée par l'amour de son chum et le bonheur de sentir une petite main dans la sienne. «Avoir un enfant est viscéral pour nous, c'est notre raison pour continuer à se battre.»

Si ce n'était son crâne dégarni, personne ne pourrait se douter que ses traitements de chimio viennent tout juste de se terminer. Vanessa Gagné garde le moral. Sportive, on peut déjà la croiser sur son vélo de route, un terrain de dek hockey ou dans les rues du quartier, en train de jogger tranquillement. Elle rit quand on vante sa forme.

Rencontré au nouveau restaurant Y pizza dont Simon Aubin-Fortin est copropriétaire, le couple n'en revient pas de la réponse des gens à leur appel à tous, à une seule en fait...

Vingt-quatre heures après avoir publié leur message sur Facebook, les partages se comptaient par plusieurs centaines et à travers les nombreux mots d'encouragement, quelques femmes, des connaissances comme des inconnues, disaient vouloir les aider à concrétiser leur souhait d'avoir un enfant.

Ravis, Vanessa et Simon demeurent tout de même prudents. Proposer de porter un enfant est une chose. Le faire pour vrai en est une autre. Ne devient pas mère porteuse qui veut.

Les deux amoureux veulent prendre tout le temps qu'il faut pour trouver celle avec qui le lien devra être fondé sur la confiance réciproque. C'est le plus grand défi qui s'offre à ces jeunes gens combatifs qui ont cette pensée pour celle qui pourrait leur permettre de devenir parents au-delà de la maladie.

«Si cette personne est capable de poser ce geste pour nous, ça veut dire que c'est une femme extraordinaire.»




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