Quand les espadrilles sonnent une cloche

Le club de course de l'école secondaire du... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le club de course de l'école secondaire du Rocher compte près de 40 élèves. En voici quelques-uns au retour d'un entraînement matinal dans la bonne humeur.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Mardi matin, 7 h 45, école secondaire du Rocher, Shawinigan. Les cours ne débutent pas avant 9 h 10, mais une bonne trentaine d'élèves sont déjà arrivés, habillés en jogging et prêts à affronter ce premier froid mordant de l'hiver.

Comme chaque semaine, ces filles et garçons se poussent du lit à l'heure des poules et, l'air de rien, renversent la tendance voulant que les adolescents ne fassent pas suffisamment d'activité physique.

Si vous étiez dans le quartier à cette heure, vous n'avez pas pu les manquer. Ils étaient en train de courir, marcher et - qui sait? - de vous donner le goût de les imiter.

C'est Pierre Lavoie qui serait fier de les voir aller. Le Grand défi qu'il propose aux élèves du secondaire vise justement à convaincre les plus sédentaires d'entre eux à modifier leurs habitudes de vie et, tant qu'à y être, celles de leur entourage.

Ces ados que vous avez aperçus le sourire aux lèvres malgré les moins 15 degrés Celsius ressentis et la morve au nez, ils ne sont pas juste beaux et jeunes. Ils sont, avant tout, de plus en plus en santé.

*****

Il y a des invitations qui ne se refusent pas, comme celle d'aller bouger avec les adolescents et mentors du club de course de cette école secondaire du secteur Grand-Mère.

Mardi dernier, ils ont proposé à leurs parents et aux membres du personnel de se joindre à eux. Je suis ni l'une ni l'autre, mais...

«Tu pourrais venir t'imprégner de notre énergie!», m'a écrit l'enseignante Roxanne Harvey qui sait comment tenter une chroniqueuse en quête d'inspiration et d'un élan pour améliorer son cardio.

Bonne dernière dès les premières foulées, j'ai eu tout le loisir d'observer ces jeunes qui vont réaliser au cours des prochains mois qu'un défi, c'est comme cet adage voulant qu'en voyage, ce n'est pas la destination, mais le chemin parcouru qui compte, incluant les détours.

Roxanne Harvey est une enseignante de français qui n'hésite pas à sortir de sa classe et de sa zone de confort pour encourager des élèves à se mettre, eux aussi, en action. 

Avec ses collègues Éric Grenier, Patrice Lefebvre, Ann Belley, Édith Bourassa et Guylaine Pelletier, elle enfile ses espadrilles, sa tuque et sa bonne humeur pour passer de la théorie à la pratique. L'influence de ces adultes sur les jeunes est tangible. Des bougies d'allumage.

Ici, tout le monde transpire sa vie ensemble. Pas question d'abandonner quiconque et soi-même en chemin. Au besoin, les plus rapides reviennent chercher les moins pressés. Les derniers deviennent les premiers. 

Depuis plusieurs semaines déjà, près de 40 élèves s'entraînent en prévision de l'événement qui a lieu chaque printemps.

Le GDPL réunit quelque 5000 participants de niveaux secondaire, collégial et universitaire. Du samedi 13 mai au dimanche 14 mai 2017, ils vont courir la distance de Québec à Montréal, à relais et jour et nuit, pour un total de 270 kilomètres. Impressionnant.

D'ici là, la mission des «gentils organisateurs» comme Roxanne Harvey et ses collègues est de motiver leur troupe à avancer un kilomètre à la fois, en équipe. Le GDPL n'est pas une compétition, mais une occasion de développer un fort sentiment d'appartenance et le goût de rester actif pour de nombreuses années à venir.

À du Rocher, les entraînements se font toujours très tôt le matin, avant le début des cours. Résultat: Roxanne Harvey est crinquée lorsqu'elle se présente devant sa classe. Les élèves qui ont couru devant ou derrière le sont tout autant.

Les apprentissages ne peuvent être que plus efficaces, soutient l'enseignante qui a gagné le respect des plus tannants depuis qu'ils l'ont vu jogger tout en se mouchant... sans mouchoir. La technique du bûcheron.

*****

À sa cinquième participation au GDPL, l'école secondaire du Rocher vient de recevoir une excellente nouvelle. Parmi tous les établissements qui bénéficient d'une aide financière, l'équipe du secteur Grand-Mère a obtenu la bourse Coup de coeur qui reconnaît les impacts positifs du défi sur la vie de ses participants, la mobilisation du milieu, le rayonnement du projet dans la communauté, etc.

En résumé, tous les frais reliés à l'inscription, à la location d'un autobus et à la nourriture durant l'événement seront remboursés. Ce n'est pas rien. On parle ici d'une somme pouvant atteindre 10 000 $. Un congé de collecte de fonds, ça se prend bien. «On va courir plus léger», admet Roxanne Harvey en mentionnant que les témoignages de jeunes coureurs et de leurs plus grands partisans, les parents, ont fait la différence.

«Je ne suis pas la meilleure, pas la plus vite ni celle avec le plus de cardio, mais celle qui donne tout jusqu'à la ligne d'arrivée», a écrit une adolescente qui est de retour au sein de l'équipe pour, une fois de plus, le plaisir de se dépasser.

«On m'a toujours dit que la vie n'avait pas besoin d'être facile, l'important c'est qu'elle soit possible! La course est la meilleure preuve de cette phrase», a renchéri une autre jeune fille.

Le mot de la fin revient quant à moi à ce père de famille qui s'est remis à la course à pied après avoir vu ses enfants compléter avec fierté le Grand défi Pierre Lavoie... 

«Leur plus grand exploit est d'avoir eu le courage de le commencer.»

Papa a raison.

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