La montagne d'Alexis

Originaire de Trois-Rivières, Alexis Martel est très fier... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Originaire de Trois-Rivières, Alexis Martel est très fier de se retrouver parmi les héros du prochain 24 heures de Tremblant. Sa famille, dont sa maman Dominique Lajoie, sera à ses côtés pour souligner son courage.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Alexis Martel n'a pas froid aux yeux. En haut d'une montagne, il analyse la piste au meilleur de ses connaissances avant de s'élancer avec la force de ses 11 ans et l'expérience de celui qui en connaît déjà un bout sur la vie et ses pentes abruptes, virages serrés et bosses glacées.

Je ne sais pas si le garçon en est conscient, mais la victoire qu'il vient de signer sur le cancer a toutes les apparences d'une pente qu'il a dévalée d'une seule traite, avec l'empressement de la remonter. 

La grisaille de novembre n'a pas d'emprise sur Alexis et sa famille. La neige est à nos portes. Les journées au sommet des montagnes aussi. Comptez sur eux pour ne pas s'en priver.

C'est officiel. Le jeune Trifluvien est en rémission. Cette excellente nouvelle se confirme à deux semaines du 24 h de Tremblant, un événement fait sur mesure pour celui qui s'accroche à l'espoir comme on se cramponne à des skis.

Alexis est un sportif, un héritage de ses parents, Philippe Martel et Dominique Lajoie. D'ailleurs, le garçon et sa petite soeur Ariane revenaient d'un week-end en plein air lorsqu'il s'est réveillé, un lundi matin de février 2014, avec un mal de dos. 

Personne ne s'est inquiété. Le repos allait faire disparaître ces courbatures. Sauf qu'au bout de deux jours, les douleurs allaient en augmentant, au point où Alexis n'avait plus de position pour s'asseoir ni se coucher. 

Avec maman, il s'est rendu à l'urgence de l'hôpital de Trois-Rivières pour en ressortir avec le conseil de prendre des Advil ou des Tylenol aux quatre heures. Ça allait passer...

Le garçon a enduré son mal, mais au bout d'une semaine, c'était clair que quelque chose clochait. Le garçon, habituellement si actif, avait maintenant de la difficulté à marcher. 

Le médecin de famille a été rencontré, des prises de sang ont été effectuées dans la même journée. Les plaquettes sanguines et les globules blancs étaient en chute libre, ce qui laissait présager un problème inquiétant, ont deviné les parents d'Alexis, tout deux enseignants de sciences et mathématiques au secondaire.

De fait, Alexis a pris, et sur-le-champ, la direction de l'Hôpital Sainte-Justine. Il en est sorti quatre mois plus tard, après une lutte sans répit contre le lymphome de Burkitt, un cancer qui représente 1 à 2 % de tous les cas de lymphomes.

Imaginez la tête de son père et de sa mère. Le matin, fiston a mal au dos. Le soir, on vous annonce que la cause est le cancer. En quelques jours seulement, une masse s'était formée au niveau de la colonne vertébrale, provoquant une compression de la moelle épinière. Alexis ne sentait plus ses jambes. 

L'évolution de la maladie était foudroyante. Par la force des choses, le traitement devait être tout aussi agressif. Les prochains mois seraient déterminants.

«Si nous avions attendu une semaine de plus pour retourner voir un médecin, Alexis serait resté paralysé des jambes», soutient Dominique Lajoie avant de laisser savoir que si son fils avait été examiné deux semaines plus tard... 

La maman ne termine pas sa phrase, laissant deviner le pire qui disparaît de notre esprit à la seconde où son garçon, tout souriant à ses côtés, annonce sa récente guérison, une rémission pleine et entière. 

Il est comme ça Alexis, un athlète de l'optimisme. Je lui demande quels souvenirs garde-t-il de son long séjour à l'hôpital, pensant que le garçon va m'énumérer la liste des effets secondaires qui l'ont cloué au lit, loin de la maison, de l'école et de sa vie d'enfant qui aime bouger.

Le petit homme ne l'a pas eu facile, mais sa réponse est sans amertume. Elle goûte le chocolat chaud à la guimauve qu'on s'offre après une journée de ski où les descentes et les remontées s'alternent et nous gardent en équilibre. 

«À l'hôpital, je me suis fait de nouveaux amis et j'ai pu jouer au soccer dans le corridor. Ma mère courait derrière moi avec mon poteau à soluté.»

*****

Alexis Martel est au nombre des vingt-quatre enfants parrainés dans le cadre du 24 h de Tremblant, un événement durant lequel des équipes se relaient en ski, à la marche et en course à pied. 

Cette 16e édition se déroule du 9 au 11 décembre. Plusieurs activités sont prévues durant ce week-end où l'objectif premier est d'amasser des fonds qui seront versés à trois fondations pour la cause des enfants, dont celle du Centre de cancérologie Charles-Bruneau du CHU Sainte-Justine.

L'événement attire les foules et les participants par milliers. Le jeune Trifuvien y sera avec sa famille et sa paire de skis tout neufs. Si la tendance se maintient, les conditions de neige lui permettront de les étrenner avec son idole.

L'ancien skieur acrobatique Alexandre Bilodeau lui a proposé de joindre son équipe. Une offre qui ne se refuse pas pour Alexis qui a eu la chance, durant son hospitalisation, d'avoir la visite du médaillé olympique. C'était peu de temps après les Jeux de Sotchi. Depuis, ils ont gardé contact comme en fait foi cette photo des deux champions qui est accrochée sur le mur de la chambre d'Alexis. 

C'est ici que le garçon se permet de rêver éveillé. Il s'imagine en train de dévaler les montagnes dans l'Ouest canadien, tout comme au chevet de petits et grands qui ont besoin d'aide pour remonter la pente. 

«Je rêve de devenir médecin pour guérir des gens comme moi!»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer