La gestion des noix 

Comme cet écureuil en train de faire ses...

Agrandir

Comme cet écureuil en train de faire ses réserves pour l'hiver, certaines personnes craignent à tort de manquer d'argent à la retraite. Si un conseiller en placement peut les rassurer à ce sujet, la psychologue Rose-Marie Charest est venue pour sa part leur dire comment aborder cette importante étape au-delà de l'aspect financier.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

C'est une course contre la montre depuis le début de l'automne. On les voit cavaler sur nos terrains tapissés de feuilles. Les écureuils font leurs provisions. Ils cherchent, trouvent et creusent sans relâche.

Difficile de savoir où ces rongeurs cachent leur butin, mais à les voir aller, il ne fait aucun doute qu'ils sont stockés pour longtemps, probablement plus qu'ils ne peuvent l'imaginer. Quand arrivent l'hiver et le repos bien mérité, les écureuils oublient parfois où se trouvent toutes leurs réserves camouflées sous la neige.

C'est l'image qui m'est venue à l'esprit en assistant à la conférence de Rose-Marie Charest qui était récemment de passage à Trois-Rivières. L'invitée de RBC Dominion valeurs mobilières est venue s'adresser à quelque 70 clients qui songent à la retraite. Réputée psychologue, Mme Charest leur a parlé de cette importante étape qui se prépare au-delà de l'aspect financier.

Il faut savoir que parmi les gens présents, plusieurs sont à l'aise dans la vie, une façon détournée de dire qu'ils sont fortunés. On parle pour certains de millions de dollars accumulés dans leur patrimoine.

Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent depuis toujours: des cadres prospères, des propriétaires d'entreprises, des professionnels comme des avocats, comptables... Bref, des personnes qui souhaitent tirer le maximum de leurs économies à l'aube de la retraite... à laquelle elles n'ont pas vraiment réfléchi. Pas le temps. Trop de boulot. 

«On verra une fois rendu là» répondent plusieurs d'entre eux lorsqu'on s'informe de leurs projets futurs.

«On ne se le cachera pas, mais il y a des personnes qui ont accumulé plusieurs millions $ sans dépenser beaucoup. Ils ont travaillé. À la retraite, ce ne sont pas eux qui vont commencer à voyager quatre ou cinq fois par année. Je généralise, mais ce sont des gens qui sont habitués à un petit rythme de vie tranquille. Ils vont avoir 2 ou 3 millions $ dans leur portefeuille, mais vont continuer de dépenser 30 000 $ ou 40 000 $ annuellement», constate Maxim Vézina. 

Le conseiller en placement et en gestion du patrimoine chez RBC peut éclairer et même rassurer ces clients qui craignent que leurs provisions soient insuffisantes pour passer leurs hivers jusqu'à l'âge de 90 ans. La planification financière, c'est son domaine. 

Quant à ceux dont le «On verra une fois rendu là» sous-tend une peur du vide, de la page blanche dans l'agenda, du «ne rien faire» alors que les dernières décennies ont été consacrées à un travail aussi florissant que valorisant, Maxim Vézina a eu l'idée de faire appel à Rose-Marie Charest pour une forme de thérapie de groupe.

*****

«Vous ne pouvez pas savoir exactement, à 55 ans, ce que sera votre retraite. Ce que vous pouvez savoir, c'est l'attitude avec laquelle vous allez l'aborder. Lorsqu'on se met en mode découverte, c'est extraordinaire tout ce qu'on peut vivre!»

Rose-Marie Charest a le don d'être convaincante. Celle qui a été pendant dix-sept ans à la présidence de l'Ordre des psychologues du Québec a plusieurs fois insisté sur l'importance de s'ouvrir sur la nouveauté pour être heureux. Peu importe notre statut social et notre revenu. 

«À chaque étape de notre vie, on fait des choix, et c'est aussi vrai à la retraite», a-t-elle rappelé en soulignant que la plupart des gens prennent leur retraite pour faire autre chose, et non pour ne rien faire. Nuance.

Qu'on se le dise, se priver d'un agenda à la retraite, c'est bouder son plaisir.

«On a besoin de balises», signale la psychologue. «Se lever un lundi matin sans trop savoir ce qu'on va faire jusqu'au lundi suivant ne rend personne heureux.»

L'humain est fait pour bouger, laisser sa marque, créer, prendre soin de l'autre... «Avoir des projets rend heureux», affirme la spécialiste des relations humaines qui encourage les retraités à sortir de la maison et de leur zone de confort, question de voir du monde autre que les membres de leur famille.

«Lorsqu'on travaille, on entretient ses relations. Il faut garder ça en tête une fois retraité», insiste Rose-Marie Charest qui prône l'importance d'avoir des amis avec qui s'amuser et auprès de qui on peut se confier.

«L'important, c'est de continuer à s'affirmer», a-t-elle dit à l'assistance composée de nombreux couples qui ont approuvé les propos de la psychologue en hochant la tête. 

Représentant médical depuis trente ans, Georges Hamel était parmi eux avec sa conjointe. L'homme de bientôt 55 ans s'était déplacé de Québec pour l'occasion. Sa retraite est prévue dans quelques semaines seulement.

«J'ai compris l'importance de garder un agenda et d'avoir des projets qui vont m'allumer», a indiqué celui qui est suffisamment «confortable» sur le plan financier pour aspirer à la liberté 55 sans souci. Quoique...

Georges Hamel a grandi auprès de parents économes, ce qui fait de lui un homme qui n'a jamais fait dans l'excès. Il a évolué dans un domaine payant, mais où il n'y a pas de sécurité d'emploi ni fonds de pension. Prudent, M. Hamel ne s'est jamais permis de rouler en Cadillac.

Rose-Marie Charest dirait sans doute que Georges Hamel est de ceux dont la peur du manque est disproportionnée par rapport à la réalité de son portefeuille.

En effet. Ses conseillers financiers l'ont même rassuré. Une fois retraité, Georges Hamel pourra se permettre de vivre avec plus d'argent qu'il ne l'a fait jusqu'à maintenant. 

«Je devrai apprendre à dépenser plus qu'avant. Ce sera mon défi!».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer