Cours Patrick, cours!

Patrick Charlebois est le premier participant canadien inscrit... (Stéphane Lessard)

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Patrick Charlebois est le premier participant canadien inscrit au World Marathon Challenge qui consiste à courir sept marathons en sept jours sur sept continents. Pour l'occasion, il s'est associé à la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières. Il souhaite recueillir la somme de 77 777 $.

Stéphane Lessard

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Patrick Charlebois a eu une semaine occupée, pour ne pas dire intense. Il a testé la machine, la machine étant lui-même.

Le Trifluvien vient d'enfiler cinq marathons, une sorte de pratique générale avant de relever, en janvier 2017, le défi d'une vie: courir sept marathons en sept jours sur sept continents.

Samedi, dimanche, mercredi, jeudi et vendredi, Patrick Charlebois a franchi, chaque fois, la distance de 42,2 km, pour un total de 211 km. 

Entre une participation remarquée au Marathon des couleurs, à Bécancour, et une séance d'entraînement au sous-sol de sa résidence, sur son inséparable tapis roulant, l'homme de 46 ans a emprunté son circuit habituel: piste cyclable, boulevards Saint-Michel et Saint-Jean, demi-tour à la ferme Éthier de Saint-Étienne-des-Grès et - hop ! - direction maison.

Ses chronos? Entre 2 h 53 et 3 h 41. 

«Mon entraîneur et moi évaluons la situation chaque jour. Il faut trouver l'équilibre entre performance et endurance, sans que je me blesse», disait-il lors de notre rencontre au beau milieu de cette semaine de fou.

Je me suis abstenue de lui dire, mais écouter Patrick Charlebois décrire son entraînement des derniers jours m'a donné le goût de revoir le film Forrest Gump, avec Tom Hanks dans la peau de l'attachant personnage qui se met à courir jusqu'au bout de sa rue pour finalement s'arrêter, trois ans plus tard, après avoir traversé les États-Unis plusieurs fois.

«Je cours comme souffle le vent», disait celui à qui on doit le célèbre «Cours, Forrest, cours!». 

****

Le concept initial de cette chronique devait être de rencontrer Patrick Charlebois au moment où il allait courir son troisième marathon de cinq. Je me proposais d'essayer de le suivre... à vélo.

L'idée a été abandonnée à la seconde où le coureur, très ouvert à l'idée d'avoir de la compagnie, a précisé l'heure du départ: 4 h 15 du matin. Aussi bien dire en pleine nuit. 

Notre entretien s'est finalement déroulé en fin de matinée, dans le confort de son salon et entre deux courses: l'une en espadrilles, l'autre en veston-cravate.

Il faut savoir que le quotidien de Patrick Charlebois est déjà une épreuve d'endurance. Conseiller en placement de la Financière Banque Nationale, le Trifluvien natif de Farnham est impliqué au sein de plusieurs organismes et fondations, en plus de siéger à la table des commissaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. 

Le jour, il travaille. Le soir, il est en réunion. D'où ses cinq marathons de la dernière semaine courus à l'heure où les coqs dorment encore.

À quelque 100 jours de participer au World Marathon Challenge, Patrick Charlebois n'a pas cru bon, pas encore du moins, de ralentir la cadence des assemblées, comités et conseils d'administration qui noircissent les pages de son agenda. 

À son programme d'entraînement digne d'un olympien s'ajoute la dynamique familiale. Patrick Charlebois est père de quatre enfants d'âge ado, tous des garçons. C'est excellent pour le cardio... de France Cantin.

«Ma conjointe est formidable! Elle organise tout le monde», louange celui qui s'entraîne hebdomadairement entre 20 et 25 heures. Non, il n'a pas besoin de beaucoup de sommeil. Une chance.

«Mon problème, ce n'est pas de courir un marathon, c'est de le courir en pleine semaine!», a-t-il reconnu avant de prendre la direction du bureau où ses collègues sont à même de constater que le gestionnaire de portefeuille n'est pas capable de patienter jusqu'au dîner. Il dévore les barres protéinées les unes après les autres. Ses muscles les réclament.

«J'ai toujours faim!», sourit l'athlète qui s'est notamment entouré d'un entraîneur et d'une nutritionniste pour se donner toutes les chances possibles d'accomplir l'exploit d'user sept paires de souliers en Antarctique, au Chili (Punta Arenas), aux États-Unis (Miami), en Espagne (Madrid), au Maroc (Marrakech), aux Émirats arabes unis (Dubaï) et en Australie (Sydney).

En effet, c'est beaucoup de kilomètres en avion, quelque chose comme 38 000 enfilés à travers les 295 km que le marathonien va se farcir en sept jours sur différents fuseaux horaires. De quoi en perdre le nord.

Patrick Charlebois n'est pas inquiet. «Je savais dans quoi je m'embarquais», assure-t-il. Jamais le Trifluvien n'a remis en question sa décision de vivre une telle aventure, et ce, malgré la première réaction d'un de ses fils le jour où il a annoncé à sa famille sa participation au World Marathon Challenge. 

«Mais Papa, tu vas mourir!»

D'ailleurs, nous sommes plusieurs à lui demander ces jours-ci... «Mais pourquoi?»

«Parce que je suis rendu-là», répond simplement Patrick Charlebois dont la discipline est de mise jusqu'au jour J. Pas d'excès. Une blessure est si vite arrivée. «C'est ma crainte numéro un», admet l'athlète qui se dit très solide sur ses deux jambes. 

Contrairement à la mère de Forrest Gump qui disait «La vie, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber», Patrick Charlebois ne laissera rien au hasard d'ici son premier départ.

Cette semaine de cinq marathons vient de lui prouver qu'il est en total contrôle de la situation. «Je me sens au sommet de ma forme!»

Même pas courbaturé. La machine est prête.

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