À micro ouvert

À la barre de l'émission Chez nous le... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

À la barre de l'émission Chez nous le matin depuis les sept dernières années, Frédéric Laflamme a décidé de retourner à la pratique du droit. L'avocat s'est joint au cabinet Lavery, à Trois-Rivières.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

C'est lui qui, d'ordinaire, pose les questions, analyse les réponses, cherche à établir un climat de confiance et à recevoir des confidences.

Frédéric Laflamme connaît trop bien le métier pour tourner autour du pot. Je n'ai pas besoin de lui demander pourquoi il a quitté la barre de l'émission Chez nous le matin, à la radio de Radio-Canada Mauricie - Centre-du-Québec. 

D'entrée de jeu, l'avocat qu'il est (re)devenu va droit au but pour plaider en faveur d'une décision dictée par le coeur et au terme d'une profonde réflexion.

Une foule de choses l'intéressent. Chanceux? Pas toujours. Avoir plusieurs centres d'intérêt peut rendre les choix plus compliqués. Surtout à 20 ans. On veut tout faire alors qu'il faut se projeter dans le futur et se brancher.

«J'utilise des grands mots, mais je considère qu'à un certain point, ça peut être une difficulté de la vie.»

Originaire de Gatineau, Frédéric Laflamme a étudié en droit à l'Université de Montréal et est devenu avocat. De 2002 à 2004, il a exercé sa profession au sein du grand cabinet pancanadien Blake, Cassels & Graydon. 

Le nouvel et brillant avocat aimait plaider. Toutes sortes de requêtes. «Parfois, mes chances de succès étaient moindres, mais les chances d'apprentissage étaient grandes!», souligne-t-il en riant.

Malgré ce début de carrière prometteur, Frédéric Laflamme sentait l'appel du journalisme en lui. Le jeune homme aurait pu mettre une croix là-dessus et poursuivre la route sur laquelle il s'était engagé avec succès. Il s'est plutôt envolé pour la France où, pendant deux ans, il a étudié à l'École supérieure de journalisme de Lille.

«J'étais avocat et j'aimais ça. Je suis parti parce qu'il y avait des choses que je voulais faire et essayer.»

L'essayer, c'est l'adopter. À son retour au Québec, Frédéric Laflamme a rapidement joint les rangs de Radio-Canada, notamment à l'animation de l'émission matinale en Abitibi-Témiscamingue puis, à compter d'août 2009, au micro de Chez nous le matin, en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Assis devant sa tasse de café, Frédéric Laflamme se sourit à lui-même, sachant pertinemment que sa décision de quitter un poste aussi convoité suscite l'étonnement. 

Pendant sept ans, l'animateur a entretenu une relation privilégiée avec un auditoire fidèle. Il a réalisé plus de 1000 entrevues, tant avec des gens qui occupent l'avant-scène qu'avec ceux qui évoluent dans l'ombre.

Il s'est imprégné de chaque sujet pour mieux les communiquer à son tour. Chaque matin, Frédéric Laflamme a été une voix chaleureuse et assurée dans notre radio, un homme qui se faisait un devoir d'être pertinent dans ses questions comme dans ses réflexions. 

Alors, pourquoi tout quitter?

«Je n'avais pas l'impression d'avoir fait le tour du jardin, mais après dix ans dans le même format, le matin, j'avais l'impression d'avoir bouclé la boucle de ce que j'avais à vivre, moi par rapport à moi. Je m'ennuyais du défi intellectuel du droit. Je m'ennuyais aussi de l'esprit un peu plus combatif qu'on peut avoir en droit.»

Son ami Jean Boulet n'est pas étranger non plus à cette réorientation de carrière. L'avocat associé du cabinet Lavery, à Trois-Rivières, lui a proposé de joindre son équipe. «J'ai été surpris d'apprendre que ma candidature pouvait être intéressante», avoue Frédéric Laflamme dont le retour aux sources s'effectue après douze ans d'absence.

En poste depuis la fin du mois d'août, l'avocat de 38 ans se consacre surtout aux domaines reliés au litige civil et commercial. Il est en apprentissage grande vitesse pour s'ajuster aux nouvelles règles de pratique, mais a rapidement retrouvé ses réflexes lorsque vient le temps de rencontrer des clients qui s'en remettent à son expertise pour obtenir gain de cause.

Son passé de journaliste est un atout indéniable. Pendant toutes ses années à Radio-Canada, Frédéric Laflamme avait pour tâche de prendre connaissance des faits, de les exposer, les expliquer et les commenter avant de laisser aux auditeurs le soin d'en juger.

«Je m'ennuie de parler aux gens, mais je suis très serein avec ma décision. Elle a été mûrie. J'étais prêt à tourner la page. J'ai gagné autre chose, ailleurs...», affirme celui qui aspire à devenir un avocat «sur qui on peut compter», vers qui, précise-t-il, on se tournera pour fouiller des dossiers et les défendre avec clarté. 

Maître Laflamme y travaille déjà.

Avant, après

Le sujet est délicat, d'autant plus que Frédéric Laflamme n'a pas vraiment envie d'en parler. «Dans une certaine mesure, il n'y a rien à dire...», laisse-t-il tomber avant d'accepter d'aborder sa perte de poids des derniers mois.

«Je n'aime pas remuer tout ça parce que je n'étais pas heureux. Je ne m'aimais pas...», explique le Trifluvien d'adoption alors que l'entrevue tire à sa fin.

Je ne suis pas la seule à lui dire qu'il a fondu. «Je me fais arrêter tous les jours pour en parler», admet celui qui ne souhaite pas en dire davantage sur le régime qui lui a permis de perdre plus de 100 livres. 

Je me contenterai d'écrire que Frédéric Laflamme n'a pas attendu d'avoir des problèmes de santé pour entreprendre une diète stricte, qu'il a été suivi par une clinique d'amaigrissement, que son nouveau mode de vie implique des portions équilibrées, des séances de gym hebdomadaires et une discipline qui l'honore. 

L'homme ne veut pas être cité en exemple. Il n'a pas besoin de cette pression supplémentaire. La peur de reprendre du poids est là, enfouie en lui. 

Frédéric Laflamme n'a pas de recette, sinon que la force de sa volonté est le principal ingrédient de sa métamorphose. «Quand je fais quelque chose, je ne le fais pas à moitié.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer