Plus forte qu'une pelle mécanique

Diane Héon... (François Gervais)

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Diane Héon

François Gervais

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Saint-Maurice) Deux mois et demi se sont écoulés depuis l'accident. Diane Héon ne se souvient absolument de rien, sauf de sa réaction en voyant la photo du Nouvelliste montrant sa petite voiture écrasée sous une pelle mécanique. «Je suis en vie? Moi?»

Elle sourit doucement en racontant l'anecdote entre deux photos prises dans son jardin fleuri. La femme de 44 ans a longuement réfléchi avant d'accepter cette entrevue.

«Je ne crains pas vos questions, mais mes réponses...», explique celle qui doit s'en remettre à ce que ses proches lui ont raconté pour refaire le fil des événements. Sa mémoire entourant le 3 juin 2016 se résume au néant, une amnésie qui la protège en quelque sorte du choc violent reçu ce jour-là.

C'était sur le boulevard des Acadiens, dans le secteur Saint-Grégoire, à Bécancour. Diane Héon se rendait à son travail, à l'école secondaire Jean-Nicolet où elle est technicienne en organisation scolaire. Cette résidente de Saint-Maurice empruntait généralement le boulevard Bécancour en direction de Nicolet. Pour une raison qui lui échappe encore aujourd'hui, Diane Héon a décidé de passer par le boulevard des Acadiens où personne n'aurait pu prédire qu'une excavatrice déchaînée l'attendait dans le détour.

Il était environ 7 h 30 lorsque sa route a croisé celle d'un camion avec une remorque transportant une pelle mécanique. Si les deux véhicules s'étaient croisés une seconde plus tard, l'automobiliste en aurait probablement été quitte pour une bonne frousse. Malheureusement, Diane Héon était au mauvais endroit au mauvais moment lorsque l'énorme engin s'est détaché pour tomber carrément sur sa voiture.

«Dire que j'étais en dessous... Je ne sais pas comment j'ai fait», admet-elle avant de répéter ce que tout le monde lui a dit avec stupéfaction. Échapper ainsi à la mort relève du miracle.

La pelle mécanique est tombée sur la voiture... (François Gervais) - image 2.0

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La pelle mécanique est tombée sur la voiture de Diane Héon qui roulait en sens inverse.

François Gervais

Diane Héon n'a aucun souvenir de l'accident ni des minutes, voire des heures qui l'ont précédé. Pour dire vrai, elle se souvient à peine d'avoir quitté la maison pour se rendre au boulot ce matin-là. Aussi, la conductrice avait beau être consciente pendant que les secours s'affairaient à la délivrer de sa très mauvaise posture, elle n'en garde aucun souvenir. La semaine où elle a été hospitalisée se résume également à des images floues.

L'automobiliste a subi un traumatisme cranio cérébral en plus d'avoir des côtes et l'omoplate gauche fracturés, mais elle n'a pas eu à réapprendre à parler, à lire ou à marcher. C'est tout juste si Diane Héon garde des cicatrices de ses blessures sur son corps. 

Sous son apparence délicate se cache une solide armure. Enfin presque. Sa réadaptation se poursuit au centre InterVal où physiothérapeute et psychologue l'aident à se remettre entièrement sur pied.

Au début, le traumatisme cranio cérébral l'a rendue un peu plus fragile à l'irritabilité, à la déprime et à l'anxiété, mais comme elle le dit si bien... «Mon moral va beaucoup mieux maintenant. Je suis en vie. J'ai tous mes morceaux. Je suis chanceuse.» 

Michel Cossette est tout aussi soulagé. L'homme a eu le temps de s'imaginer le pire lorsqu'un policier de la Sûreté du Québec l'a contacté pour l'informer que sa compagne avait été victime d'un grave accident de la route. Arrivé en catastrophe à l'hôpital de Trois-Rivières, il avoue en avoir perdu des bouts, happé lui aussi par le tourbillon. 

«J'étais tellement sur le gros nerf», se souvient Michel Cossette envers qui Diane Héon exprime toute sa gratitude. Ces dernières semaines, le producteur laitier a dû ajuster son horaire aux nombreux rendez-vous de sa conjointe qui n'est pas encore en mesure de se retrouver au volant de sa nouvelle voiture. 

«J'ai un conjoint très attentionné et patient. Il sait prendre soin de moi», ajoute-t-elle avant de témoigner toute sa reconnaissance envers les membres de sa famille qui partent régulièrement de Saint-Pierre-les-Becquets pour la soutenir durant cette période de convalescence 

Il est encore trop tôt pour connaître la date de son retour au travail. Aussi optimiste et déterminée soit-elle, Diane Héon a besoin de temps. Des problèmes d'attention et de concentration découlent inévitablement du traumatisme crânien qu'elle a subi. 

Celle qui a toujours été active renoue peu à peu avec sa bicyclette, mais on est loin des distances et du rythme d'avant. Une fois de plus, Diane Héon assure que tout va bien, que le pire est derrière elle.

Il y a beaucoup de fleurs autour de la ferme familiale où elle aime se retrouver. La présence des animaux l'apaise aussi, à commencer par celle de ses deux chiens, des thérapeutes qui s'ignorent au dire de leur maîtresse qui s'est également initiée à la méditation et au Qi Gong. 

«C'est devenu un besoin pour moi», dit-elle avant de mentionner que ses lectures l'aident également à trouver des réponses à ses questions. 

La femme rit timidement en s'entendant ainsi réfléchir à voix haute sur la vie et cet obstacle qui s'est dressé sur sa route, Ce sourire, c'est «sa marque de commerce», louange son conjoint avec admiration.

Les yeux de Diane Héon s'illuminent. Une pelle mécanique lui est tombée dessus, mais pas question pour elle de s'écraser.

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