Le monde de Louis Plamondon

À Sainte-Eulalie, Louis Plamondon peut compter sur son... (Andréanne Lemire)

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À Sainte-Eulalie, Louis Plamondon peut compter sur son fidèle organisateur politique, Vital Marchand, 83 ans. À droite, Adrien Plamondon, un artisan d'Asbestos qui a participé à l'exposition que le député bloquiste s'est fait un devoir de visiter.

Andréanne Lemire

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) 8 h 30

Dimanche 17 avril

Bécancour (secteur Saint-Grégoire)

Le soleil est radieux. La chaleur s'installe. Ce serait une journée parfaite pour démarrer la saison de vélo, mais j'ai rendez-vous avec Louis Plamondon dans le stationnement d'un restaurant avec vue sur l'autoroute 55.

Le temps de faire les présentations d'usage que le député du Bloc québécois consulte furtivement son cellulaire. J'en déduis qu'on n'a pas une minute à perdre. L'horaire de la journée s'annonce (très) occupé. On jasera dans l'auto.

«Un petit conseil, prenez vos vitamines!»

Carole Forcier connaît bien son patron. L'adjointe parlementaire de Louis Plamondon ne pouvait faire meilleure recommandation au moment de lui confirmer que j'allais accompagner le député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel dans le cadre de sa tournée paroissiale. Elle savait pertinemment dans quelle drôle de galère j'allais m'embarquer, un dimanche de surcroît. Suivre le doyen des députés à la Chambre des Communes exige d'avoir la vocation. Et de l'énergie.

«J'aime les gens!», dit-il au moment de prendre place dans sa voiture, côté passager. Pour l'occasion, il laisse le volant à son bras droit, Michel Legault.

À 72 ans et après 31 ans de vie politique, Louis Plamondon ne sait pas dire non. Sauf exception, il accepte toutes les invitations pour distribuer sourires et poignées de main aux électeurs de son comté. C'est tout juste s'il n'arrive pas à se dédoubler pour être partout à la fois. Au besoin, le politicien franchit d'une traite les quelque 170 km séparant Sainte-Françoise, à l'extrémité de la MRC Bécancour, et Saint-Roch-de-Richelieu, complètement à l'opposé, dans la MRC Pierre-de Saurel, en Montérégie.

«Je suis reconnu comme étant le député faisant le plus de millage», avise le propriétaire d'une Mercedes C350, un modèle 2009 qu'il s'est procuré en 2012. Louis Plamondon achète ses voitures usagées dans son château fort. Il se fait un devoir de faire rouler l'économie locale.

Son véhicule affichait 33 000 km lorsqu'il en a pris possession. Quatre ans plus tard, l'odomètre indique 357 000 km, pour une moyenne de 80 000 km/année. «Pendant les onze semaines de la dernière campagne électorale, j'ai fait 20 800 km!», calcule celui qui a toujours eu une préférence pour les Mercedes.

«Le moteur n'est pas tuable!» On dirait qu'il parle de lui.

9 h

Centre Noé-Tourigny, Sainte-Eulalie «Expo du printemps» de la FADOQ

«C'est sûr que dans ce genre d'événement, je me sens un peu obligé d'acheter quelque chose.» 

Sourire en coin, Louis Plamondon fait son entrée dans la salle communautaire où il est visiblement attendu. Pendant une vingtaine de minutes, il circule parmi les artisans, s'arrête ou ralentit devant chaque table, félicite une dame pour son travail, vante un monsieur pour son talent, fait quelques blagues, se laisse prendre en photo avant d'être finalement tenté par un pot Masson de ketchup-maison. Moi, par un nouveau collier.

Plus tard, le député me dira que la très grande majorité de ses achats, incluant sa collection de pantoufles en Phentex, se retrouvent dans les encans qu'il anime bénévolement au profit d'organismes de toutes sortes. Louis Plamondon précise qu'en 30 ans, cette activité de financement lui a permis de redonner 2 millions $ à sa communauté.

9 h 40

Autoroute 20. Direction Est

Le comté Bécancour-Nicolet-Saurel réunit une quarantaine de municipalités. Ça en fait du monde à visiter dans une année. Louis Plamondon acquiesce.

«J'ai pour principe de rejoindre les gens dans leur quotidien, dans les activités qui les intéressent. Tout à l'heure, la présidente de l'Aféas de Sainte-Eulalie m'a remercié d'être passé à leur exposition. Elle m'a dit: «Vous, on le sait que vous êtes toujours présent!», raconte le député alors que nous sommes en route pour le second arrêt de la journée.

Son truc est simple au fond. Louis Plamondon repart en campagne électorale dès le lendemain de son élection. La recette lui donne raison. Élu la première fois en 1984 sous la bannière conservatrice, le politicien en est à son dixième mandat.

Il épluche tous les journaux, hebdomadaires, albums des finissants, bulletins paroissiaux et les réseaux sociaux. Monsieur le député n'en rate pas une. Dès que l'occasion se présente, il adresse par écrit ses condoléances, voeux de succès, félicitations, encouragements, prompt rétablissement... Louis Plamondon offre même un poème de son cru aux futures mamans qu'il rencontre à l'occasion.

Son frère Luc ne serait pas le seul à avoir hérité d'un talent d'écriture dans la famille.

À Fortierville, le député fédéral Louis Plamondon a... (Isabelle Légaré) - image 4.0

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À Fortierville, le député fédéral Louis Plamondon a servi le déjeuner dans le cadre d'un brunch aux saveurs country. À ses côtés, le maire Normand Gagnon, Éric Béchard, coordonnateur de l'événement «Sur la route des festivals» et le bénévole Gilles Courtois.

Isabelle Légaré

10 h 10

Fortierville

«Il n'est pas nécessaire d'être fou pour faire sa job, mais ça aide!», me glisse en riant Michel Legault. L'homme sait de quoi il parle. C'est lui qui représente le député fédéral lorsque celui-ci n'arrive pas à se cloner. 

Nous voilà rendus à Fortierville, «village natal de la petite Aurore l'enfant martyre», s'empresse de rappeler Louis Plamondon qui a déjà été enseignant.

Une fois de plus, il n'est pas sitôt sorti de la voiture qu'il reprend ses salutations là où il les a laissées à Sainte-Eulalie.

«Comme il va le jeune homme?», demande le député en croisant le maire Normand Gagnon qui l'accueille comme un ami. La seconde d'après, le politicien gagne l'intérieur de la salle communautaire plongée dans l'ambiance country. 

C'est l'heure du brunch et le temps d'une photo, Louis Plamondon remplit une ou deux assiettes d'oeufs brouillés.

Vingt minutes plus tard, il faut déjà repartir. On n'est pas ici pour manger. Il faut respecter l'horaire à la minute près. D'ailleurs, Michel Legault n'a pas le choix d'accélérer sur la route 132. Il ne faudrait surtout pas que le député arrive en retard à la messe.

11 h

Église de la paroisse Notre-Dame-de-l'Espérance, Bécancour (secteur Sainte-Angèle-de-Laval)

On arrive pile-poil pour le début de la cérémonie religieuse, au moment où le curé Pierre Garceau avance dans l'allée centrale. On est chanceux, il nous a vus. Encore mieux, dès le début de la messe, le prêtre annonce la présence de Louis Plamondon dans l'assistance.

Le politicien est ravi. «Le curé m'a nommé ! Je n'aurais pas besoin de faire le tour de tout le monde après la messe», me chuchote le député qui n'en revient pas. L'église est pleine à craquer.

Ici aussi, le country est à l'honneur en ce dimanche 17 avril. Même que les paroissiens ont droit à une messe chantée par Claude Lefebvre, auteur-compositeur-interprète et animateur vedette de la radio CKBN. 

Avant le Gloire à Dieu, tout le monde entonne avec lui son grand succès Entrez dans ma demeure. Louis Plamondon connaît les paroles par coeur. 

«Je suis un catholique pratiquant exemplaire!», rigole le député qui, fonctions officielles obligent, va régulièrement à l'église. «Je ne m'ennuie pas! Je me replonge dans mes souvenirs de jeunesse. Et ça me permet de relaxer», avoue celui qui ne manque pas l'occasion non plus de saluer une dernière fois des citoyens et leurs proches endeuillés.

«Je vais au salon funéraire de trois à six fois par week-end», souligne Louis Plamondon qui, une fois la messe terminée, prenait justement la direction d'une maison funéraire de Nicolet. 

On s'est laissés ici. Mon périple était terminé, mais pas le sien.

Sa tournée dominicale s'est poursuivie du côté de Sorel-Tracy où le député a participé à une activité-bénéfice dans une salle de quilles, s'est rendu à une exposition de peintures avant de compléter sa journée par la visite de deux autres salons funéraires...

C'est comme ça chaque week-end, à une messe près. Béni soit-il. L'homme est infatigable. Et il n'a même pas besoin de vitamines.

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