Le gars qui court en chien

Depuis le 1er janvier 2016, Jean Gauvin court... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Depuis le 1er janvier 2016, Jean Gauvin court 10 km par jour. Il en sera ainsi jusqu'au 31 décembre. Il souhaite du même coup amasser des fonds pour la Société protectrice des animaux de la Mauricie.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean Gauvin a le bonheur facile, une tranquillité d'esprit qui exige néanmoins un entraînement rigoureux et une bonne dose d'endurance.

Comme la neige et le froid balaient toujours... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Comme la neige et le froid balaient toujours la chaussée, Jean Gauvin aime bien reprendre son souffle devant la chaleur du poêle à bois avec son chien Charlot. 

François Gervais, Le Nouvelliste

Pendant qu'on se plaint de passer nos journées à courir sans arrêt, lui, il court pour vrai, chaque jour, du point A au point B, avec, pour unique objectif, de rentrer satisfait de sa course à la maison.

C'est ici que l'attend patiemment Charlot, un Golden retriever de 14 ans qui n'a plus l'énergie ni les hanches pour suivre le pas de son maître, mais dont la fidélité reste intacte.

Depuis le 1er janvier 2016, le résident du secteur Sainte-Flore court 10 km par jour. Il en sera ainsi jusqu'au 31 décembre, pour un total de 3660 kilomètres puisque 2016 est une année bissextile.

«Je ne voulais pas courir pour courir. Je l'ai déjà fait», explique celui qui avait besoin d'une source de motivation pour enfiler ses espadrilles et se pousser dehors, surtout en hiver.

Pour certains, c'est de battre leur précédent record, pour lui, c'est de s'engager à courir son dix kilomètres quotidiennement en échange de dons versés à la Société protectrice des animaux. Retour sur la ligne de départ.

En 2014, pour ses 50 ans, Jean Gauvin s'est offert l'Ironman de Lake Placid, un triathlon de renom où il a réalisé la performance d'une vie et, du coup, obtenu son laissez-passer pour le mythique championnat mondial de Kona, à Hawaii. 

Ce cadeau n'était pas gratuit pour autant. On ne devient pas triathlète parce qu'on sait nager, pédaler et courir.

Dès 2009 en fait, le Shawiniganais a complété un marathon, puis deux et trois. De Rimouski à Philadelphie en passant par New York et Boston, Jean Gauvin s'est entraîné comme un forcené, question de se prouver qu'à 50 ans, un corps peut être au top de sa forme.

L'homme parle de 2014 comme d'une «grosse année» et de 2015, comme d'un temps d'arrêt alliant «un peu» de jogging et des travaux à la maison, un autre type de marathon...

«À l'approche de 2016, je me suis dit qu'il fallait bien que je fasse de quoi. Les travaux étaient pas mal terminés et j'avais vingt livres en trop!», dit-il, sourire en coin. 

Branché sur Facebook, il a lu qu'un dénommé Alain Roy, de Saint-Constant, a amorcé en novembre 2012 une très longue course qui n'est pas encore terminée. À vrai dire, le gars court un minimum de 10 km par jour depuis ce temps-là. 

Jean Gauvin a décidé de l'imiter pour une période d'un an, et tant qu'à courir, il a voulu le faire pour une cause qui lui tient à coeur, le bien-être des chiens et chats qui, laissés à eux-mêmes, ont abouti à la Société protectrice des animaux.

Pour amasser ses dons, Jean Gauvin a eu cette drôle d'idée. 

Les habitués de Facebook savent que chaque jour où presque, on nous informe de l'anniversaire de l'un ou de l'autre. 

Le 1er janvier 2016, les quelque 470 «amis» de Jean Gauvin ont reçu ce message...

«La journée même de leur fête, je leur propose de courir 10 km pour eux. En retour, je leur demande, mais ils ne sont pas obligés d'accepter, de donner 10 $ à la SPA Mauricie», souligne-t-il, visiblement fier de son idée qui donne des résultats. 

Janvier et février lui ont permis d'amasser 471 $. 

«Et mars est très bien parti!», annonce M. Gauvin dont le slogan est «Soyez CHATritable pour un gars qui court en CHIEN; donnez votre 10 $ en échange de son 10km couru... pour vous!»

Les personnes qui souhaitent l'encourager peuvent devenir son ami Facebook et faire un don en ligne sur le site de la SPA Mauricie.

Il n'y a pas encore de lien spécifique menant au défi de Jean Gauvin. Il espère que ce sera bientôt le cas, question de faciliter le calcul des dons amassés en joggant.

Le coureur rappelle qu'il n'est pas à l'abri d'une autre bordée de neige, du grésil et des blessures. C'est la raison pour laquelle il s'engage à faire son 10 km par jour, mais au besoin, il le fera en marchant ou en trottinant. 

«C'est sûr que je n'ai pas toujours le goût, mais quand je reviens à la maison, je me sens tellement bien!», raconte celui qui enseigne au centre de réadaptation Bourgeois, à Trois-Rivières, un établissement qui accueille des adolescents présentant des troubles de comportement. 

Dans sa classe où l'éclairage tamisé des lampes sur pied remplace les néons au plafond, il y a des bureaux en rangées, mais notre regard est surtout attiré par le fauteuil capitonné au fond du local ou vers les affiches sur les murs. Ce sont des paysages, des photos d'animaux ou des réflexions à méditer sur la vie, ses obstacles et ses défis. Le calme opère ici.

Jean Gauvin aime son travail et les jeunes à qui il enseigne. Ça se voit et ça s'entend. Évidemment, ses élèves sont au courant de son défi qui fait écarquiller les yeux. Dix kilomètres par jour, pendant 366 jours, ce n'est pas rien.

Leur prof est cool. Il loue l'effort et la persévérance en traçant la voie. Espadrilles aux pieds.

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