Études salées et légumes en conserve

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Responsable du volet communication, Anne-Francine Ngo Ndje est ravie de constater que le service de distribution alimentaire de l'UQTR gagne sans cesse en popularité. Le bouche à oreille et les affiches qui placardent les murs des différents pavillons commencent à porter fruit.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour joindre les deux bouts, Jany-Claude Dicaire mène de front des études à temps plein tout en occupant trois emplois à temps partiel. Pas un, ni deux, mais... trois!

À ce jour, une quarantaine d'étudiants, dont Jany-Claude... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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À ce jour, une quarantaine d'étudiants, dont Jany-Claude Dicaire, bénéficient de l'aide du Bon camarade.

François Gervais, Le Nouvelliste

Originaire de Mont-Laurier, la jeune femme habite à Trois-Rivières depuis cinq ans. Diplômée en éducation spécialisée du Collège Laflèche, l'étudiante au certificat en psychoéducation arrive à se dédoubler entre ses études à l'Université du Québec à Trois-Rivières, son travail à la halte garderie Le p'tit bacc et ses deux autres boulots au sein de l'organisme Les parents partenaires et du centre Plein air Ville-Joie.

Jany-Claude a un agenda chargé, un budget serré et un optimisme qui enrichit malgré tout son quotidien. Cette fille a mieux à faire que de se plaindre contre les fins de mois qui arrivent toujours trop vite. Elle cherche et trouve des solutions pour éviter de dévorer toutes ses économies.

La plus récente a pour nom le Bon camarade, un service de distribution alimentaire pour les étudiants de l'UQTR qui ont des difficultés financières.

Nourrir son esprit et manger à sa faim peut s'avérer un défi de taille pour des jeunes qui doivent quitter leur famille et région d'origine pour entreprendre des études supérieures. L'exercice est d'autant plus exigeant pour les étudiants qui ne peuvent pas bénéficier du soutien de leurs parents pour assumer les dépenses inhérentes à cette nouvelle étape.

Selon un sondage mené à l'hiver 2015 par le service aux étudiants de l'UQTR, un étudiant sur cinq dit vivre une situation financière précaire. On entend par là qu'une fois les frais de scolarité remboursés et le loyer payé, il n'en reste plus beaucoup pour le panier d'épicerie.

L'image de l'universitaire se nourrissant plus souvent qu'à son tour de Kraft Dinner ou de beurre d'arachides persiste dans le temps. La récente hausse des prix des aliments n'est certainement pas pour aider la cause de ceux et celles qui gèrent déjà un maigre budget pour la bouffe.

Ce sont des étudiants qui fréquentent le Groupe biblique de l'UQTR qui ont eu l'idée de mettre sur pied un service de distribution alimentaire sur le campus trifluvien. Ses membres, qui participaient déjà à la collecte de denrées non périssables organisée annuellement à l'approche de Noël, étaient à même de constater que les besoins des étudiants sont à l'année.

Le hic, c'est que ces jeunes gens n'osent pas toujours se tourner vers les organismes populaires déjà existants, d'autant plus que leurs heures d'ouverture ne sont pas toujours adaptées aux horaires atypiques des étudiants.

Fort d'une quinzaine de bénévoles, le Bon camarade a commencé ses activités à l'automne dernier. Les étudiants doivent préalablement s'inscrire pour remplir leur sac à raison d'une fois par deux semaines.

Ouvert le mercredi et le vendredi ou sur rendez-vous, le Bon camarade a installé des bacs à différents endroits sur le campus afin que la communauté universitaire puisse y déposer des denrées non périssables. Moisson Mauricie-Centre-du-Québec collabore au projet, notamment pour la portion fruits, légumes et produits laitiers.

Le local est étroit, mais rempli à sa pleine capacité. Les étagères débordent de conserves, céréales, café, pâtes, riz, biscuits, pains, pots de confiture... On peut même y apercevoir quelques sacs de friandises, l'antidote parfait pour affronter les baisses de moral au milieu d'une session.

«C'est la première fois qu'on vient ici... On a vu des affiches sur les murs de l'université. On veut s'informer sur le fonctionnement du service», ont indiqué deux nouvelles étudiantes de l'UQTR croisées à l'entrée du local d'où sortait Merlin, un étudiant en sciences comptable originaire du Cameroun. «Ce service me permet de combler un vide et de réduire ma facture», a-t-il admis timidement avant de quitter avec un sac garni de provisions.

Les responsables du Bon camarade avaient prévenu qu'il serait difficile, pour les besoins de cette chronique, de convaincre des jeunes de faire état de leur fragilité financière. On peut comprendre. Ce n'est pas facile pour personne d'admettre que notre garde-manger commence à être vide et que pour le remplir un peu, il faut se tourner vers un service de distribution alimentaire.

«Les gens ont peur de la perception des autres, mais pour ma part, je me dis que plus on parle du Bon camarade, plus il y aura des dons et plus d'étudiants pourront en bénéficier. Je parle du service à autant de monde que je peux», souligne Jany-Claude Dicaire qui a accepté de témoigner de son expérience pour démontrer que ce petit coup de pouce peut faire une grande différence.

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