39 ans et 14 milliards $ d'actifs

Natif de Trois-Rivières, Alain Bergeron, 39 ans, est... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Natif de Trois-Rivières, Alain Bergeron, 39 ans, est vice-président principal chez Placements Mackenzie. Il est responsable de portefeuilles totalisant plus de 14 milliards de dollars.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La finance est un monde fascinant dans lequel deux Trifluviens d'origine retiennent l'attention en raison de leurs nombreux succès. Habitués de compter par milliards, ils ne craignent pas les humeurs variables des marchés boursiers. Leur confiance se traduit plutôt par l'atteinte de grands objectifs. Le Nouvelliste vous présente aujourd'hui le portrait d'Alain Bergeron, vice-président principal chez Placements Mackenzie. À lire samedi, le parcours d'André Bourbonnais, président et chef de la direction chez Investissements PSP.

On ne jongle pas du jour au lendemain avec 14 milliards $ d'actifs. Il faut faire ses classes avant. Certains sont plus doués que d'autres pour détecter la bonne combinaison et prendre des risques calculés. Alain Bergeron est un de ceux-là. 

Le Trifluvien d'origine a découvert, enfant, l'univers des marchés financiers. En réalité, l'élève de l'école primaire Sacré-Coeur s'est initié à la lecture des graphiques boursiers avant de savoir calculer des fractions.

À l'âge où les garçons s'échangent des cartes de hockey en espérant mettre la main sur le joueur présentant le meilleur rendement, le petit Alain était devant son téléviseur pour suivre en temps réel l'évolution du cours des actions.

À 13 ans, il était probablement le plus jeune abonné de l'hebdomadaire Les Affaires. C'est en tournant les pages qu'il a appris l'existence d'un salon de l'épargne-placement et qu'il a convaincu son père Jacques, chauffeur d'autobus, de l'accompagner à Montréal. L'adolescent se disait que la présence d'un adulte à ses côtés allait inspirer confiance aux fournisseurs de produits financiers à qui il avait mille et une questions à poser. 

Alain Bergeron décrit cette journée-là avec l'enthousiasme d'un garçon qui raconte sa première visite à la Ronde. Il se souvient de s'être laissé captiver par les propos de Michel Carignan, un pionnier de l'analyse technique qui avait mis au point un logiciel pour les investisseurs boursiers. Fasciné, le garçon est demeuré sur place pour écouter sa conférence en boucle. Il lui fallait ce logiciel vendu au coût de... 500 $, une fortune considérant qu'à 13 ans, notre bas de laine est plutôt mince.

Le temps étant de l'argent, le garçon s'est présenté au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, non pas pour allumer un lampion, mais pour passer l'été de ses 14 ans à y travailler. Avec ses économies de bouts de chandelle, il allait se procurer le fameux logiciel et apprendre le b-a ba du langage financier.

Question à cent piastres... Lorsqu'on est un ado, est-ce qu'on parle à ses amis - et aux filles - de sa passion pour les fonds d'investissement? «Oui... et ça génère peu d'intérêt!», concède l'homme en riant.

Alain Bergeron en a fait du chemin depuis ses premiers pas dans un monde où chaque décision compte parce qu'il n'y a pas de petites économies. 

En septembre 2013, le Trifluvien d'origine a été recruté par Placements Mackenzie, une société financière canadienne qui gère un actif de quelque 65 milliards de dollars. Le bureau d'Alain Bergeron se trouve à Toronto. À 39 ans, on le présente comme le plus jeune vice-président principal.

Ce gestionnaire de portefeuilles aime manier les chiffres, de très gros chiffres, soit l'équivalent en ce moment de plus de 14 milliards de dollars.

Marié à Nichole Anderson et papa de Simon, 6 ans, et Sophie, 3 ans, Alain Bergeron est établi dans la Ville reine depuis une quinzaine d'années. 

Avant de se retrouver chez Placements Mackenzie, il a travaillé pendant dix ans à l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC). Il y a gravi les échelons jusqu'au poste de vice-président et chef de l'affectation tactique de l'ensemble de l'actif. 

Alain Bergeron est un premier de classe dans son domaine. Ce n'est pas lui qui le dit, mais c'est ce qu'on devine en apprenant qu'avant même d'entreprendre sa maîtrise en ingénierie financière à l'école de gestion HEC Montréal, on l'embauchait en tant que chargé de cours. Âgé au début de la vingtaine, le jeune homme transmettait son savoir à des étudiants du baccalauréat à peine plus jeunes que lui! 

Alain Bergeron n'est pas passé inaperçu aux HEC Montréal tellement qu'en 2009, on lui a décerné le Prix relève excellence qui souligne le succès professionnel de diplômés âgés de moins de 35 ans. 

L'homme en complet-cravate n'est plus l'enfant ou l'adolescent timide que certains d'entre vous avez peut-être côtoyé à l'école primaire ou au secondaire, notamment au Séminaire de Trois-Rivières et à l'Académie les Estacades.

Pour atteindre les ligues majeures de la gestion de portefeuilles, celui qui ressemble à s'y méprendre à Sidney Crosby explique que ce n'est pas tout d'être fort en mathématiques. Il faut savoir s'entourer d'une équipe d'experts capables de supporter la pression. 

Les compétiteurs sont voraces sur les marchés financiers. Tout le monde veut tirer son épingle du jeu en convainquant les acheteurs que leurs produits sont les meilleurs.

D'un tempérament posé, M. Bergeron soutient que pour optimiser les rendements, il faut, le plus possible du moins, mettre ses émotions de côté. 

«Les émotions ont tendance à nous faire perdre de l'argent. Elles nous font vendre et acheter au mauvais moment», explique le gestionnaire qui fait de la méditation et de l'activité physique pour contrôler le stress inhérent à sa profession.

Attaché à sa ville natale, M. Bergeron revient le plus souvent possible à Trois-Rivières où demeurent toujours ses parents. Ils sont fiers de leur fils qui, le premier, a misé sur lui. 

Alain Bergeron n'a jamais hésité à faire appel à des mentors. Aujourd'hui, il souhaite l'être à son tour en donnant ce conseil aux étudiants de la région qui se questionnent peut-être un peu, beaucoup, quant à leur avenir...

«Parfois, les choses paraissent tellement inaccessibles, mais tout est possible ! Oui, il y a des obstacles, mais il ne faut pas avoir peur de viser loin et grand. Une victoire peut en amener une autre et une autre!»

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