Une promesse, c'est une promesse

Membre de l'équipe féminine des Défis du parc,... (PHOTO: OLIVIER CROTEAU)

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Membre de l'équipe féminine des Défis du parc, Brigitte Dufresne a eu raison de s'accrocher à son guidon. Ce matin, elle s'aventure sur le terrain du parc national de la Mauricie pour relever le défi d'une vie.

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Brigitte Dufresne n'hésite pas à dresser un parallèle entre sa lutte contre le cancer et le défi qui s'offre à elle aujourd'hui. Entre deux traitements comme au milieu de l'interminable côte «du Passage», la peur, les doutes et la douleur s'amenuisent à force de persévérance et de sourires. Elle sait que les sommets du parc national de la Mauricie offrent une vue imprenable sur le chemin parcouru.

Tout de rose vêtue, la femme de 54 ans se lance ce matin à l'assaut de la Cyclosportive Vélo Mag 105 km. Elle sera en compagnie des autres membres de l'équipe féminine des Défis du parc. Cette fois, c'est la bonne. Brigitte est prête. Que dis-je, en pleine forme!

D'ailleurs, elle veut tout de suite rassurer les milliers de cyclistes qui pourraient la croiser... en larmes. Ne vous méprenez pas. Ce seront des larmes de soulagement, de joie et de fierté. Dans l'ordre et dans le désordre.  

À pareille date l'an dernier, Brigitte Dufresne s'était présentée au départ de Rivière-à-la-Pêche, sans son vélo. La tête dégarnie de ses cheveux, la Trifluvienne du secteur Pointe-du-Lac tenait à être sur place malgré une météo exécrable en ce 20 septembre 2014. 

Frappée par un diagnostic de cancer du sein, elle voulait saluer les filles qui l'aidaient à combattre une maladie aussi sournoise qu'un faux plat et injuste qu'un vent de face.

Brigitte tenait également à leur faire cette promesse. Le cancer l'obligeait à passer son tour, mais le 26 septembre 2015, elle allait être au coeur du peloton, bien en selle sur son vélo.

L'équipe féminine des Défis du parc, c'est la solidarité dans toute sa sincérité. Malgré son absence aux entraînements, Brigitte est demeurée une Rose. En fait, elle est devenue une source d'inspiration pour les filles qui donnaient leurs premiers coups de pédale dans un parc où les montées n'en finissent plus de monter.

Je le sais puisque l'an dernier, j'étais parmi elles. Tout au long des 105 km, j'ai sué ma vie en pensant à Brigitte en train de sauver la sienne. En chemin, je n'ai vu que des filles radieuses malgré leurs efforts. Accrochées à leur guidon, elles avançaient, propulsées par les encouragements de notre copine au moral d'acier. 

2000 km plus tard

Aussitôt ses traitements de chimiothérapie et de radiothérapie terminés, Brigitte Dufresne a poussé la porte du gymnase. C'était en janvier 2015. Physiquement, elle était vidée... «Mais dans ma tête, j'étais crinquée», raconte la dame sur le ton d'une athlète qui n'abandonne jamais devant l'adversité. 

Reconnaissante envers les membres de l'équipe féminine qui lui ont donné l'élan dont elle avait besoin pour garder espoir au cours des neuf derniers mois, Mme Dufresne adresse un merci tout spécial à Julie Paquin. 

Quand elle n'est pas sur son vélo, cette Rose oeuvre au service de radio-oncologie du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières. Julie était aux côtés de Brigitte tout au long de sa radiothérapie, une étape qui lui est apparue moins longue et douloureuse. Avec un peu de chance, les deux filles pourraient faire un bout de chemin ensemble aujourd'hui. 

Brigitte Dufresne a roulé un peu plus de 2000 kilomètres ces derniers mois. Au fur et à mesure qu'elle s'est éloignée du cancer pour se rapprocher du défi, l'incertitude a fait place à une confiance inébranlable. «Je sais que ça va être très émouvant, le 26 septembre», disait-elle en prévision du jour J. 

«Je pleure quand je suis sur mon vélo, surtout quand j'arrive en haut d'une côte. Je me félicite!», avoue-t-elle en riant. Sa fierté est palpable et contribue à sa guérison.

«Je ne veux pas que le cancer s'installe en moi», affirme celle qui, en plus de rouler à vélo, a participé à quelques événements de course à pied. 

«Si tu ne lâches pas la serviette et que tu restes active, le cancer se dit qu'il n'a rien à faire dans ce corps-là. Tu marches trop vite pour lui...», soutient Brigitte Dufresne.  

Elle souhaite que sa participation au défi du 105 km fasse naître l'espoir parmi ceux et celles qui luttent en ce moment contre la maladie, qui ont dû se résigner à mettre un défi sur la voie d'accotement. 

Impatiente de prendre le départ, cette Rose se permet de leur dire ceci: «Acceptez de devoir vous reposer, mais continuez de vous accrocher à votre but.»

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