Délivrée de son propre poids

Véronique Germain a subi une chirurgie bariatrique en... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Véronique Germain a subi une chirurgie bariatrique en mars dernier. Forte de ses nombreux kilos en moins, la Trifluvienne poursuit sa remise en forme en s'adonnant à plusieurs activités physiques.

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Véronique Germain fond à vue d'oeil. La chirurgie bariatrique est un succès. Les preuves sont tangibles. Son corps se déleste d'une lourdeur. Ses épaules se redressent.

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Lors de notre première rencontre, en février, Mme Germain pesait 275 livres. Dans une chronique intitulée Le poids de la démesure, Véronique parlait ouvertement de son obésité et de l'hyperphagie, un trouble alimentaire qui consiste à manger énormément et en peu de temps.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«C'est fou! J'ai complètement changé ma vie!», se réjouit la Trifluvienne de 37 ans qui affiche 211 livres (96 kilos) sur le pèse-personne, exactement 100 livres de moins qu'à pareille date, l'an dernier.

Lors de notre première rencontre, en février, Mme Germain pesait 275 livres. Dans une chronique intitulée Le poids de la démesure, Véronique parlait ouvertement de son obésité et de l'hyperphagie, un troublealimentaire qui consiste à manger énormément et en peu de temps.

Pour donner une idée de ses excès, la jeune femme avait raconté s'être déjà présentée dans un restaurant de type «buffet à volonté» pour y remplir neuf fois son assiette...

Véronique Germain avait parlé en toute franchise de ses crises de bouffe, du jugement des autres, de sa piètre estime d'elle-même, de sa récente psychothérapie et de sa volonté de retrouver la santé du corps et de l'esprit.

La chirurgie bariatrique donc.

«Ceux qui pensent que c'est la solution facile ne savent pas de quoi ils parlent», prévient Mme Germain qui a subi une gastrectomie partielle. On lui a retiré les trois quarts de son estomac. Plus petite, la partie restante ne peut pas stocker autant de nourriture qu'avant.

«Je me retrouve avec un estomac de bébé», illustre-t-elle.

La voilà qui se lève pour se rendre à la cuisine. Véronique revient avec une petite assiette pour le pain. «Je mange des portions d'enfant et, même, des enfants mangent plus que moi», fait remarquer Véronique qui a dû réapprendre à doser tout ce qu'elle absorbe dans une journée.

Véronique passe deux fois plus de temps qu'avant à l'épicerie où elle lit dans le détail chaque étiquette. Comme son alimentation est encore en mode adaptation, elle recherche tout ce qui est pauvre en sucre et en lipides, mais riche en fibres et en protéines.

Au resto, Véronique et son conjoint (qui a récemment subi, lui aussi, une chirurgie bariatrique) privilégient une assiette pour deux. «Puis on ramène les restes à la maison, pour les lunchs!», avoue la jeune femme qui s'est permis, une fois, de piquer sa fourchette dans une poutine. Après une bouchée, elle a éloigné son assiette. L'odeur et la texture graisseuse lui ont laissé un arrière-goût dans la bouche. C'en est terminé pour ce plat qui lui rappelle trop son passé.

On la sent extrêmement fière malgré les difficultés rencontrées depuis l'opération. Les trois premières semaines, Véronique se nourrissait exclusivement de Jello et de purée. Certains aliments sont toujours difficiles à digérer. Une bouchée de trop lui donne (très) mal au ventre.

N'empêche, la douleur et les sacrifices, ce n'est rien comparé au mal-être qui la rendait prisonnière de son corps et de sa tête.

«C'était rendu que j'avais de la difficulté à attacher mes souliers. Je n'arrivais plus à me pencher», se souvient Véronique Germain qui n'osait plus sortir de chez elle ni voir personne.

Deux semaines après la délicate opération chirurgicale, la Trifluvienne a troqué ses rages de bouffe pour l'activité physique. Le sport, ça défoule. «Je fais du vélo, du zumba, de la randonnée pédestre et trois fois par semaine, je cours 5 km. C'est comme une drogue!», dit-elle avec enthousiasme.

Le regard des autres a changé. On lui sourit davantage. Des athlètes du dimanche n'hésitent pas à la féliciter. Les habitués de la piste cyclable ont deviné que sa métamorphose ne se fait pas sans effort.

De femme refermée sur elle-même, Véronique Germain s'affirme et s'affiche. Après avoir mis sur pied un groupe de marcheurs pour briser l'isolement, elle a récemment créé la page Facebook «Journal d'une hyperphagique» pour qu'on puisse assister à sa véritable transformation.

«Il me reste encore 60 livres à perdre. Après, je vais me faire enlever le surplus de peau», annonce Véronique qui, en attendant, porte une gaine pour faire son jogging.

«Je m'applaudis sinon. Mon ventre cogne sur mes cuisses», décrit-elle avec humour.

Il y a un an, Mme Germain habillait des vêtements 4X large. «Aujourd'hui, je porte de l'extra large seulement ou même du large», dit-elle avant d'ajouter: «Ça a l'air nono, mais avant, quand j'allais magasiner, je devais aller dans les toilettes pour personnes handicapées parce que dans les toilettes normales, mes genoux appuyaient de chaque côté de la cabine.»

À la Ronde, Mme Germain s'est déjà fait refuser l'accès aux manèges, prétextant qu'on n'arrivait pas à l'attacher. «C'est assez humiliant merci...», confesse celle qui a pris les moyens pour ne plus jamais revivre pareil refus.

Six mois après avoir subi une opération dont elle ne s'est pas encore complètement remise, la femme assiste avec un bonheur palpable à sa propre renaissance.

«Pour guérir, il faut accepter et assumer», affirme Véronique Germain qui a prévu retourner au parc d'attractions dans quelques semaines. Comptez sur elle pour monter à bord d'un wagon des montagnes russes et hurler. Une victoire, ça se célèbre.

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