Sous le signe du taureau

Zac Bourgeois et Timothé Brunelle, cowboys des pieds... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Zac Bourgeois et Timothé Brunelle, cowboys des pieds à la tête et au plus profond de leur âme.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Zachary Bourgeois, 15 ans, et Timothé Brunelle, 19 ans, sont prêts à tout pour dompter la bête. Ils connaissent les risques du métier, mais plus encore, la poussée d'adrénaline. Entre deux ruades, la crainte de plonger tête première ou cul par-dessus tête n'existe pas. Ce sont des cowboys, des pur-sang comme les redoutables taureaux qu'ils défient avec un instinct animal.

Ce moment tant attendu est enfin arrivé. Pour ces deux jeunes mordus de sensations fortes, le Festival western de Saint-Tite est l'occasion de montrer de quel bois ils se chauffent. Le rodéo est un sport extrême, mais avant tout, leur mode de vie.

«Je suis d'une troisième génération de cowboys», souligne Zachary qui préfère qu'on l'appelle «Zac». Le petit-fils du regretté Jean-Claude Daudelin, une figure de proue dans le monde équestre, est le garçon de Tania Daudelin et de Sylvain Bourgeois, directeur des rodéos qui font la renommée de Saint-Tite, sa ville d'adoption depuis cinq ans.

«J'ai monté mon premier veau à sept ans! J'ai tenu deux secondes », rigole l'adolescent qui ne s'est pas laissé abattre pour autant. Une semaine après cette brève, mais mémorable expérience, le petit garçon réussissait à tenir les huit secondes réglementaires sur le dos du jeune bovin.

Ce qui devait arriver arriva.

«C'est devenu une passion!», résume Zachary qui, depuis, a passé tous ses étés à se mesurer contre des bouvillons. Pendant que les gamins de son âge jouaient aux cowboys et aux Indiens, il prenait le taureau par les cornes pour réaliser son rêve de devenir champion de rodéo.

Timothé Brunelle se reconnaît à travers l'enthousiasme de Zachary Bourgeois. On dirait deux frères, des jumeaux même s'ils ont quatre ans de différence. Des bottes au chapeau, les deux cowboys ont le look de l'emploi avec leurs jeans Wrangler, ceinture personnalisée et chemise assortie. Non, ils ne sont pas toujours habillés ainsi, mais ils ne s'en privent pas.

«On n'est pas des cowboys uniquement deux semaines par année », rappelle Timothé Brunelle qui est également à l'emploi, à titre d'ouvrier, du Festival western de Saint-Tite.

Plus jeune, il a assisté avec ses parents aux fameux rodéos présentés dans la ville qui l'a vu grandir. Vers l'âge de 12 ans, il a eu envie de se retrouver au coeur des grandes estrades.

«J'ai toujours été un peu casse- cou», raconte Timothé qui a fait ses classes à l'École de rodéo du Festival western de Saint-Tite. Comme Zac, il s'est initié sur le dos d'un bovin qui l'a aussi expédié au sol en moins de temps qu'il n'en faut pour crier «Maman!»

Mais non, Timothé n'a jamais appelé sa mère (Nathalie Rémillard). Ni son père (Daniel Brunelle). Fiston s'est comporté avec bravoure et ses parents ont été les premiers à l'encourager. Oui, il est déjà revenu à la maison avec des blessures et une chemise déchirée, mais au final, Timothé retombe toujours sur ses pieds.

Depuis ce premier atterrissage forcé dans le sable, Timothée et Zac ont vieilli et gagné en centimètres. Le petit veau n'est plus de taille depuis longtemps. Il a fait place à un taureau sans pitié, un mastodonte de près de 2000 livres (900 kilos) qui ne cherche qu'à se débarrasser de l'homme qui lui chatouille les flancs tout en virevoltant sur son dos. Aussi divertissante soit-elle, la montée du taureau sauvage n'est pas une activité pour tous. Il faut être un athlète pour se mesurer à la brute et à son humeur du moment.

Timothé et Zac s'entraînent en conséquence. Ils en rêvent la nuit... et le jour. Convaincus de la force du mental, les deux cowboys font de la visualisation et regardent en boucle des vidéos de rodéo.«Il faut être positif!», affirme Zac avant de mentionner que son sport ne laisse aucune chance à ceux qui doutent. La prière du cowboy récitée avant chaque rodéo n'est pas de la frime. Le danger est bien réel au moment d'enfourcher la bête féroce.

Il faut avoir de la poigne pour tenir la corde d'une seule main. Il ne faut pas négliger le cardio, aussi essentiel qu'un casque de protection... Pendant ces huit petites et longues secondes où le cavalier s'ajuste à la danse effrénée de son partenaire en délire, il inspire, il expire et essaie de garder son équilibre.

Timothé et Zac cachent bien leur jeu. Leur silhouette ne rend pas justice à la puissance de leurs jambes. «Il faut être musclé, mais pas surdimensionné», avise Timothé qui est la preuve qu'un cowboy peut être fort comme un boeuf, sans avoir pour autant le gabarit d'un joueur de football.

Au cours des deux prochains week-ends, le duo tentera de faire honneur à un événement qui se déroule chez eux, devant leurs parents et amis.

Timothé et Zachary veulent en mettre plein la vue. Ces derniers mois, ils ont parcouru les villes du Québec où on présente des rodéos. Les titres s'accumulent pour l'un comme pour l'autre. Avant longtemps, les deux cowboys visent la tête des classements mondiaux et de faire carrière dans le domaine.

Que les taureaux se le tiennent pour dit.

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