Le joli coco d'Anaïs

Pendant trois mois, Anaïs a porté une orthèse... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

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Pendant trois mois, Anaïs a porté une orthèse crânienne pour traiter la plagiocéphalie (ou syndrome de la tête plate). Sa maman, Marie-Andrée Paquin, a trouvé le moyen d'enjoliver le casque comme on peut le voir sur cette photo.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Anaïs a un an et une semaine, les yeux ronds et brillants comme des billes, les cheveux suffisamment longs pour que sa mère puisse lui faire une couette sur la tête. Quand elle rit, et elle rit tout le temps, on peut compter sept dents.

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Anaïs et son joli casque d'aviateur.

Son visage vous dit peut-être quelque chose. Ces dernières semaines, sa frimousse a fait l'objet de nombreux partages sur les réseaux sociaux. En voyant sa photo, soupir d'attendrissement assuré. Anaïs est croquable.

La bambine du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, à Shawinigan, apparaît avec un casque qui lui va à ravir. Un casque de vélo? Non. Il s'agit d'une orthèse crânienne que sa mère a eu la bonne idée de transformer en oeuvre d'art. Marie-Andrée Paquin a décidé de faire honneur à l'éducation reçue de sa grand-mère, une dame qui a toujours dit et qui répète encore: «Il n'y a pas de problèmes; il y a uniquement des solutions.»

Le problème s'est présenté lorsque la petite Anaïs était âgée d'environ trois semaines. Depuis sa naissance, le bébé n'avait pas le réflexe de tourner sa tête vers la gauche et lorsqu'il y arrivait, ce n'était pas sans difficulté et sans douleur.

«Torticolis congénital», a diagnostiqué le médecin de famille.

Anaïs est née avec dix doigts, dix orteils et une belle tête ronde remplie de cheveux. La fille de Marie-Andrée Paquin et de Steve Bureau n'était pas différente des autres nourrissons dont la boîte crânienne est flexible jusqu'à l'âge d'environ deux ans pour faciliter l'accouchement naturel et la croissance des os.

Les nouveaux parents ont fait appel à une chiropraticienne qui a réussi à soulager la contraction du cou d'Anaïs, mais le mal était fait. Pendant cette période où la petite gardait toujours, ou presque, la même position, son crâne malléable a développé une malformation. Rien de grave, mais il fallait intervenir avant que les sutures commencent à se souder.

Il y a un nom pour parler du bébé à la tête plate: la plagiocéphalie. Les causes les plus fréquentes sont la position intra-utérine, la prématurité, le torticolis congénital et le dodo sur le dos recommandé par les pédiatres pour prévenir le syndrome de mort subite. Il ne faut pas sous-estimer non plus le très grand nombre d'heures que les bébés occidentaux passent dans les sièges d'enfants et les sièges de voiture, la tête encore et toujours appuyée...

Lorsqu'elle est détectée à temps, la plagiocéphalie se traite avec le port d'une orthèse qui favorise le remodelage des os du crâne. Anaïs et ses parents ont été dirigés vers l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). Un médecin a prescrit un casque moulé sur place. Bébé allait devoir le porter 23 heures sur 24, pendant trois mois minimum.

Ce n'était pas la joie, mais il fallait faire ce qu'il faut pour que le coco de la cocotte retrouve sa forme originale. Sauf que... En apercevant le casque mauve délavé devant recouvrir la chevelure d'Anaïs, maman a été incapable de retenir un «Ouach!» bien senti.

Il n'était pas question que sa fille, alors âgée de 6 mois, porte cette chose, encore moins les autres modèles proposés. Parmi ceux-ci, des orthèses décorées de sympathiques têtes de mort ou reproduisant le camouflage d'armée. Disons qu'on était loin de la passion d'Anaïs pour le rose et Minnie Mouse.

À chaque problème sa solution? Marie-Andrée Paquin est repartie du centre de réadaptation avec un casque blanc. De retour à la maison, elle a sorti ses tubes de peinture et ses pinceaux avant de mettre de l'avant son talent artistique. Le résultat est superbe. L'orthèse crânienne ne ressemble plus à une orthèse crânienne, mais à un joli chapeau de plastique sorti tout droit de l'univers enfantin.

Anaïs s'est retrouvée avec un casque d'aviateur rétro sur le front, comme celui dans le film Là-Haut. Maman Picasso a également pris soin d'ajouter une Minnie Mouse à l'arrière, tout près de l'endroit où la tête plate est maintenant chose du passé. Sous les superbes dessins, l'orthèse a fait le boulot. Le coco a repris sa forme.

Devant le large sourire des personnes qui ont croisé Anaïs l'exploratrice, devant, surtout, l'enthousiasme des internautes qui ont remarqué sa photo sur les réseaux sociaux, Marie-Andrée Paquin ne peut plus reculer. Elle devra se remettre à ses pinceaux pour transformer d'autres orthèses crâniennes en véritables tableaux.

Depuis qu'elle a créé, il y a quelques mois à peine, la page Facebook JolïCoco (avec un i tréma comme dans Anaïs), Marie-Andrée Paquin n'en revient pas de l'intérêt que suscite son casque. La femme de 26 ans est à élaborer un plan d'affaires pour répondre à la demande.

Les besoins sont réels. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. De 2005 à 2012, le nombre de bambins à qui on a prescrit une orthèse crânienne remboursée par la Régie de l'Assurance maladie du Québec est passé de 241 à... 1753.

Des parents ont commencé à se manifester auprès de Marie-Andrée Paquin. Leur bébé a également la tête plate et devra porter un casque orthopédique. Ils hésitaient jusqu'à ce qu'ils aperçoivent la photo d'Anaïs avec son casque d'aviateur. Leurs appréhensions se dissipent. Les jolis dessins dédramatisent un problème qui se règle après tout.

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