Heureux qui comme Justine...

L'ancienne patineuse de vitesse longue piste, Justine L'Heureux,... (PHOTO: ANDRÉANNE LEMIRE)

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L'ancienne patineuse de vitesse longue piste, Justine L'Heureux, s'épanouit au fil des voyages. En octobre prochain, la jeune femme originaire de Saint-Tite et son amoureux prendront la route de l'Argentine. À vélo!

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

Dans son ancienne vie, Justine L'Heureux filait à vive allure en laissant une trace derrière elle. La patineuse de vitesse longue piste fendait l'air sur des anneaux de glace. Du départ à l'arrivée, elle demeurait en position abaissée, pourchassant ses adversaires avec, pour seul moteur, la puissance de ses jambes. Un train qui siffle.

Dans sa vie actuelle, la jeune femme de 26 ans sillonne la planète et prend plaisir à dévier de sa trajectoire pour ralentir, s'arrêter et repartir à son rythme, sans se presser.

Justine se rend là où les paysages sont invitants, où les habitants lui donnent envie de les connaître, où elle peut en apprendre un peu plus sur elle-même. Petit train va loin.

À l'automne 2010, Justine L'Heureux en a surpris plus d'un en annonçant qu'elle accrochait ses patins. Sa carrière internationale était pourtant bien amorcée. Sur le circuit des coupes du monde comme dans les gradins, on voyait en elle la future Clara Hugues, championne olympique et idole de la petite fille qui a grandi à Saint-Tite.

Justine avait toutes les qualités pour connaître le succès et ses heures de gloire. Entourée des meilleurs entraîneurs et de commanditaires de renom, elle aurait pu vivre de son sport pendant de nombreuses années. À 21 ans, Justine L'Heureux a plutôt décidé d'interrompre la routine qu'elle respectait avec rigueur et discipline depuis ses premiers pas en patins.

«Je ne suis pas une personne de nature compétitive, ni très ambitieuse», admet la jeune femme avec le recul. Elle ajoute avoir toujours eu «de la misère avec l'égoïsme», un trait de caractère qu'un sportif de sa trempe doit forcément développer pour aspirer à gagner. 

«Avant une compétition à l'autre bout du monde, tu penses à toi avant tout, même si une amie a besoin de toi ou que ta grand-mère est malade.»

Elle peut bien l'avouer maintenant. À Berlin comme à Turin, entre deux entraînements intensifs, Justine n'a pas toujours observé la consigne. S'enfermer tout un après-midi dans une chambre d'hôtel pour se reposer et se concentrer sur ses prochains tours de piste? Oui... et puis non! Il lui est déjà arrivé de s'élancer à la découverte des villes qui s'offraient sur son passage. Pas une minute à perdre.

«Je voulais tout voir!», se justifie-t-elle en racontant avec moult détails, gestes et éclats de rire ses mésaventures autour des anneaux de glace. Au fil de ses compétitions à l'étranger, son amour des voyages l'a emporté sur son rêve d'accumuler des médailles. Justine aurait pu se méfier. Elle a préféré se laisser rattraper dans le détour, convaincue de gagner au final. 

Justine L'heureux, c'est la joie de vivre à la puissance 1000 et ça n'a rien à voir avec son nom de famille. Oublions la patineuse qui jette un regard intimidant à ses rivales. Elle s'empressait de leur tendre la main, impatiente d'agrandir son cercle d'amies aux différents accents.

«Même si mon anglais n'était pas exceptionnel, je parlais à tout le monde!», raconte une fille bronzée et énergisée par les huit derniers mois passés en France, le pays d'origine de son mari. Désolée les gars, mais le coeur de cette charmante et attachante jeune femme est déjà pris.

Pour faire une longue histoire courte, une fois ses patins accrochés, Justine L'Heureux est partie pendant un an, seule, à la conquête de l'Australie, de l'Asie et de la France. Chemin faisant, elle a rencontré son amoureux, Jansen Schmitt, un tripeux de surf, planche à neige, d'expéditions hors des sentiers battus, d'expériences inédites, de rencontres inspirantes... Bref, le match parfait. Le gars est un excellent cuisinier en plus. C'est son métier.

Très jeune, Justine L'Heureux a compris l'importance de se forger une vie équilibrée entre le sport, la famille, les amis, les voyages, l'amour et, bien entendu, l'école.

Ces dernières années, entre deux vols au-dessus des montagnes et des océans, la Saint-Titienne s'est lancée tête première dans les études internationales et langues modernes, à l'Université Laval. Ce baccalauréat lui a notamment permis de se pencher sur les questions environnementales, mais également de s'initier au portugais. L'espace d'une session, Justine a d'ailleurs fréquenté une université brésilienne. Cette fille a tous les talents, y compris celui de joindre l'utile à l'agréable.

On en a une nouvelle preuve aujourd'hui, alors qu'elle et son chum sont à concocter leur prochaine expédition qui débutera en octobre. Ils feront Vancouver-Argentine, à vélo. Le couple se donne un an pour compléter ce périple de quelque 20 000 kilomètres qui se veut aussi physique que philosophique. Une quête de sens, pour reprendre une expression à la mode.

«On souhaite mettre à l'avant-plan les gens que nous allons rencontrer sur notre route. Nous voulons écrire des articles qui seront publiés sur un site Internet que nous allons créer. À travers le cyclotourisme, nous voulons faire connaître les acteurs locaux de l'agriculture traditionnelle et alternative», explique Justine L'Heureux qui s'interroge sur la façon dont les producteurs et les organismes agricoles s'attaquent aux problèmes environnementaux auxquels ils sont confrontés.

La voilà qui s'emballe de nouveau en parlant aussi vite qu'elle se propulsait au son du pistolet. Justine la patineuse devenue globetrotteuse s'improvisera journaliste à deux roues, un projet qu'elle embrasse avec la détermination de l'olympienne qu'elle est devenue à sa façon.

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