Dans les coulisses du «Ô Canada»

Maïka Bélisle, 13 ans, du secteur Sainte-Gertrude, à... (PHOTO: LA PRESSE)

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Maïka Bélisle, 13 ans, du secteur Sainte-Gertrude, à Bécancour, s'est rendue pour la deuxième fois cette semaine au Centre Bell. Elle y a interprété les hymnes nationaux avant le match opposant le Canadien de Montréal aux Capitals de Washington.

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Montréal) À quelques minutes de poser le pied sur la glace pour entonner les hymnes nationaux devant Carey Price et plus de 20 000 partisans du Canadien, Maïka Bélisle, 13 ans, ne se doute pas à quel point le coeur de sa mère bat la mesure.

«Je pleure déjà!», avoue Claudia Bélisle en riant et tout en s'épongeant les yeux. 

Nous sommes sur la passerelle de presse qui est suspendue dans le plafond du Centre Bell. La vue sur la patinoire est imprenable. C'est jeudi soir. Montréal affronte les Capitals de Washington. Les experts prévoient un pointage serré, mais maman n'est pas ici pour ça. 

Pour elle, mais encore plus pour sa fille, tout va se jouer avant la première mise au jeu, quand les milliers de spectateurs écouteront Maïka leur interpréter The Star-Spangled Banner et le Ô Canada

Cette semaine, l'élève en concentration musique à l'école secondaire la Découverte, à Saint-Léonard d'Aston, en était à sa deuxième prestation au domicile du Canadien. Elle compte parmi les chanteurs dont la candidature a été retenue pour chanter a capella les hymnes nationaux. 

Accompagnée de son père, Dany Guimond, la jeune fille du secteur Sainte-Gertrude, à Bécancour, est arrivée au Centre Bell à 16 h 30 avec de la broue dans le toupet, papa surtout. 

Pour employer le jargon du hockey, ils ont dû tricoter dans les rues de Montréal afin d'être à l'heure au rendez-vous d'avant-match. Je vous rappelle qu'il y avait une imposante manifestation étudiante, jeudi après-midi, dans la métropole. Papa a également travaillé fort dans les coins pour trouver une place de stationnement... 

Toujours est-il qu'à la seconde où Maïka a poussé la porte de l'entrée du Centre Bell, elle a dégainé son plus beau sourire comme Max Pacioretty lance au filet. Il faut dire que l'équipe de tournage du docu-réalité 24 CH l'attendait pour la suivre pas à pas dans les coulisses du Ô Canada. Direction: test de son.

À peine l'adolescente a-t-elle eu le temps de déposer ses effets personnels dans une loge prévue à cet effet, qu'on lui demandait de descendre sur la glace pour pousser la note dans l'amphithéâtre complètement vide à cette heure. Impressionnant.

«J'ai hâte à ce soir!», a lancé Maïka après l'exercice qui a duré un «gros» cinq minutes, soit le temps de chanter l'hymne national américain, de compter quatre petites secondes dans sa tête, et d'enchaîner avec l'oeuvre de Calixa Lavallée. L'élève de 2e secondaire ne savait pas que c'est ce monsieur qui a composé la musique du Ô Canada sur un poème d'Adolphe-Basile Routhier, encore moins que l'hymne national fêtera ses 135 ans à l'été.

Voilà pour la petite histoire racontée alors que nous avions plus de deux heures à patienter entre le test de son et l'entrée en scène. 

Cette période d'avant-match a permis à son père d'aller chercher à souper au Saint-Hubert d'à côté. Entre deux frites et d'innombrables textos envoyés à ses amies surexcitées et branchées devant leur téléviseur, Maïka s'est coiffée et maquillée, a hésité entre deux paires de souliers, puis a réchauffé sa voix à la demande de papa, prof de musique et un tantinet nerveux. Juste assez, mais pas trop. Sa protégée se montre chaque fois à la hauteur.

«Maïka a, pour son âge, une voix puissante et son trémolo est naturel», décrit-il avant d'ajouter que sa fille passe tous ses temps libres à chanter et à s'accompagner au piano. Si Maïka veut faire carrière comme chanteuse, l'ex-membre du groupe The New Cities sera le premier à l'encourager. 

Quand maman Claudia se pointe à son tour dans la loge, une heure avant le premier coup de sifflet, Maïka est prête. Les dents sont brossées. 

On jase de tout et de rien, comme si nous étions dans le salon de la résidence de Sainte-Gertrude, alors que les épouses des joueurs du Canadien sont dans la pièce d'à côté.

Les parents de Maïka n'ont pas le choix de prendre exemple sur celle-ci, en total contrôle de la situation. Pourtant, dans quelques minutes, elle chantera devant les gradins bondés du Centre Bell.

«C'est peut-être la naïveté de sa jeunesse», avance Claudia Bélisle en guise d'explication alors que nous prenons l'ascenseur pour la galerie de presse.  

C'est son conjoint Dany qui a eu le privilège d'emprunter avec Maïka le fameux couloir menant au centre de la glace. Ne passe pas qui veut par ici. L'accès est limité aux joueurs du Canadien qui sont aussi impatients que l'interprète des hymnes nationaux de sauter dans l'action.

Pendant que Maïka attendait calmement que son nom résonne dans le Centre Bell, son père et le petit garçon en lui ont cru rêver... éveillés. Dany Guimond était planté debout, entre sa fille chantant l'hymne national, et à une tape d'encouragement de ses joueurs préférés. «Complètement surréaliste», a-t-il raconté, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

Pour maman aussi, l'aventure lui fait vivre de grandes émotions. Maïka ne le sait pas, mais depuis la passerelle de presse, sa mère a pleuré de joie et chanté tout bas avec elle.

Une fois la performance de Maïka terminée, Claudia Bélisle avait du mal à contenir sa joie qu'elle n'avait pas, de toute façon, à retenir.

«Wow! C'était incroyable! Maïka a profité de son moment! Elle a souri tout le long des hymnes nationaux! Les gens ont chanté avec elle! Si vous saviez comment ça fait du bien au coeur d'une maman!», a t-elle commenté d'un seul souffle.

Quelques minutes plus tard, son adolescente était à ses côtés, visiblement heureuse de sa performance chaudement applaudie par l'assistance. «J'étais plus à l'aise que la première fois. Je savais à quoi m'attendre», a-t-elle tout simplement expliqué, la confiance dans le regard. 

L'adolescente veut se rendre aussi loin que la Sainte-Flanelle dans les séries. Le Ô Canada dans la voix et dans les tripes, Maïka ne vise rien de moins qu'un tour du chapeau d'ici la fin de la saison.

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