Avant de mourir, une liste de choses à faire

Malgré la douleur engendrée par la maladie, Chantale Paquin essaie de vivre... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Malgré la douleur engendrée par la maladie, Chantale Paquin essaie de vivre chacun de ses rêves en compagnie de son fiancé, Dominic Dumont, qui a mis sur pied une collecte de fonds.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Chantale Paquin va mourir. En janvier dernier, son médecin lui a donné de six mois à un an à vivre, mais au rythme où le cancer s'approprie son corps, elle ne pense pas avoir le temps de célébrer son 29e anniversaire, le 10 juillet. Depuis les premiers signes de la maladie, il y a trois ans, ses pressentiments lui ont toujours donné malheureusement raison.

La jeune femme se déplace non sans difficulté dans son appartement de la rue Saint-Maurice, secteur Cap-de-la-Madeleine. S'asseoir ne se fait pas non plus sans douleur. Des coussins adaptés à sa condition l'aident à trouver un peu de confort sur le fauteuil du salon ou sur la chaise de cuisine. Une canne et un fauteuil roulant la complètent quand se manifeste l'envie de sortir et de bouger.

Chantale sourit alors que cette semaine, nous étions nombreux à maugréer contre cette neige qui nous est encore tombée dessus. Elle a préféré s'en émerveiller, sachant pertinemment que ses jours, comme les flocons, sont comptés.

Dominic Dumont jette quant à lui un regard par-dessus l'épaule de Chantale. L'homme de 36 ans est en arrêt de travail pour accompagner sa douce combattante dans une réalité qui ne fait aucun sens. Avec elle, il apprend à savourer le moment présent, celui qu'on ignore jusqu'à ce que l'idée d'être séparé à jamais de ceux qu'on aime nous frappe de plein fouet.

En couple depuis dix mois, les amoureux n'ont pas mis des années à comprendre qu'ils étaient ensemble pour la vie, aussi courte soit-elle pour Chantale qui n'a plus une minute à perdre. Dominic non plus. Sa fiancée a des rêves à réaliser (voir texte La liste, ci-contre).

Originaire de Shawinigan, Chantale Paquin avait 25 ans, vivait en France depuis quatre ans et était mariée (ou plutôt en processus de séparation) lorsque le diagnostic est tombé, à l'été 2012. Atteinte d'un cancer invasif du col de l'utérus (adénocarcinome), elle a hérité de tumeurs malignes rares pour son âge puisqu'elles ne provenaient pas du virus du papillome humain.

Établie à Perpignan, dans le sud de la France, Chantale Paquin a été «prise à temps», l'a-t-on rassurée avant de lui proposer une trachélectomie élargie. Cette intervention chirurgicale permet d'enlever le col de l'utérus, la partie supérieure du vagin et les ganglions lymphatiques du bassin.

L'opération s'est avérée un succès. Trois semaines plus tard, Chantal était de retour de ce côté-ci de l'Atlantique, divorcée, mais certaine d'y poursuivre sa route, heureuse et en santé.

Le cancer ne l'entendait pas ainsi. Il est revenu plus fort que jamais, obligeant la Trifluvienne à répliquer à coup d'opérations, de chimiothérapie, radiothérapie et curiethérapie. La maladie s'est montrée sans pitié envers celle qui, entre deux rounds, a tout de même eu le temps de flirter avec le sentiment de rémission, de se trouver un emploi au centre d'appels Gexel, d'économiser pour voyager et de rencontrer Dominic.

«Le comble du bonheur», dit-elle en regardant son conjoint qui, dès le début de leur relation, au printemps 2014, savait que Chantale avait eu maille à partir avec un ennemi juré et invisible. Qu'à cela ne tienne, ils s'aimaient et auraient des projets d'avenir comme tous les couples de leur âge.

Mais en novembre dernier, au terme d'un examen qui se voulait de routine à l'Hôtel-Dieu de Québec, Chantale Paquin a entendu les mots «mauvaise nouvelle» et «cellules anormales»... Le temps de pousser plus loin les analyses et de réfléchir à une contre-attaque, le cancer avait eu le temps de prendre une avance insurmontable.

«Le 12 janvier, mon médecin m'a appelée. Elle m'a dit: C'est fini. On arrête», raconte Chantale qui, habituée de jouer le tout pour le tout, a demandé qu'on lui retire ce qu'il était encore humainement possible de lui enlever.

La patiente ne peut s'empêcher d'être reconnaissante envers son médecin qui s'est excusée de s'être «acharnée» sur elle avant de rendre les armes.

«Les os sont atteints et mon ventre est gonflé à cause des métastases. Je suis rendue là... Je ne pense pas me rendre au-delà du 26 juin», souligne Chantale qui a arrêté précisément cette date par pur instinct.

Puis, souriante comme toujours, elle ose enfin espérer: «J'aimerais ça me rendre à ma fête. Ce serait vraiment cool.»

Partager

À lire aussi

  • La liste

    La vie...

    La liste

    Avoir une liste sous la main, c'est toujours pratique au moment de se rendre à l'épicerie, de partir en vacances ou d'organiser une réception. Pour... »

  • La liste de Chantale

    Actualités

    La liste de Chantale

    Chantale Paquin peut continuer de rêver. Son histoire racontée dans nos pages cette semaine («Avant de mourir, une liste de choses à faire») a... »

  • Un mariage en tête de liste

    La vie...

    Un mariage en tête de liste

    Le cancer ne peut pas toujours l'emporter aussi facilement. Samedi prochain, 4 avril, Chantale Paquin unira sa destinée à l'homme de sa vie. Une... »

  • Un mariage de rêve pour Chantale Paquin

    Actualités

    Un mariage de rêve pour Chantale Paquin

    Le cancer n'était pas invité au mariage. Et s'il avait osé pointer ne serait-ce que le bout de sa fatalité, la quarantaine d'invités présents au... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer