Roue libre

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Été comme hiver, Pierre-Olivier Hudon se déplace sur une roue dans les rues de Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pierre-Olivier Hudon est un bipède qui se déplace sur deux jambes... et une roue. À Trois-Rivières, il est le seul de sa race, ou presque. Pour l'observer dans son habitat naturel, il vous suffit de circuler dans les rues. Ce mammifère n'hiberne jamais. Ne craignez pas de tomber nez à nez avec lui sur un trottoir enneigé, glacé ou recouvert de sloche. Ce charmant spécimen est muni d'un pneu à clous.

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Pierre-Olivier Hudon ne passe pas inaperçu dans les rues de Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Âgé de 22 ans, Pierre-Olivier est technologue en médecine nucléaire au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières. Originaire de Sainte-Thècle, il a étudié à l'école secondaire Paul-Le Jeune, à Saint-Tite, où entre deux cours, des jeunes se réunissaient dans un local anciennement occupé par la troupe de cirque Crocus.

Les monocycles laissés sur place ont tôt fait d'éveiller la curiosité de Pierre-Olivier qui, sans le savoir, venait de découvrir tout le sens du mot passion. Rapidement, l'endroit est devenu sa deuxième maison. L'élève y passait tous ses temps libres, à essayer de dompter une bête sans guidon.

Le monocycle ne s'apprend pas dans les livres, mais à force d'enfourcher ce drôle d'engin constitué d'une selle, d'un pédalier et d'une roue. C'est tout.

Contrairement au vélo qui a deux points de contact, le monocycle n'en a qu'un seul. La coordination motrice de son occupant est essentielle. Pour garder son équilibre, le corps du monocycliste se balance de gauche à droite, en avant et en arrière. C'est génial pour la musculation des abdos et des jambes, mais il ne faudrait pas sous-estimer l'effet du «mono» sur la concentration, les réflexes, l'endurance...

«Sur la motivation et la confiance aussi!», ajoute Pierre-Olivier qui, à 12 ans, venait de se trouver une excellente raison d'aimer l'école.

«Mon père m'avait promis un monocycle en échange d'un beau bulletin à la fin de l'année», sourit Pierre-Olivier qui, aujourd'hui, en possède une quarantaine dans son atelier de Sainte-Thècle où il retourne pratiquement tous les week-ends.

Chaque jour et en toute saison, Pierre-Olivier se rend au boulot en pédalant, ce qui correspond à une quarantaine de kilomètres par semaine. Le jeune homme n'y voit que des avantages.

«Si je viens travailler en voiture, c'est parce que mon monocycle a une crevaison ou qu'il pleut d'aplomb», dit-il avant d'ajouter que c'est plus long pour lui de trouver une place de stationnement au CHRTR, que de pédaler jusqu'au pavillon de radio-oncologie où les patients sont habitués de le voir entrer avec un casque sur la tête.

Pour Pierre-Olivier, la pratique du monocycle est également une façon de s'engager dans sa communauté.

Dernièrement, si vous avez aperçu sur la 138 un gars défiant les vents du fleuve et la neige, c'était notre bipède à une roue, se rendant à Louiseville où avait lieu une activité de financement pour Leucan. Ces 48 kilomètres complétés en trois heures constituent la plus longue distance franchie à ce jour par Pierre-Olivier Hudon, un véritable athlète du monocycle.

À l'été 2014, il était parmi les quelque 1200 monocyclistes réunis à Montréal pour le championnat du monde. Le Trifluvien a pris part à plusieurs compétitions, dont la course de 10 km, la descente de montagne, le saut en hauteur et le saut en longueur où il s'est particulièrement distingué.

Sourire en coin, l'éternel ado ne cache pas qu'il aimerait rouler sa bosse jusqu'à 99 ans. Ça devrait lui donner le temps de convaincre d'autres bipèdes de faire partie d'une race qui n'a pas la prétention de réinventer la roue, mais plutôt de l'utiliser à sa propre façon.

Quatre gars et un monocycle

C'est en pratiquant le monocycle à l'école secondaire Paul-Le Jeune que Pierre-Olivier Hudon a rencontré trois garçons qui sont vite devenus ses meilleurs amis.

Depuis près de dix ans, Simon Beaumier, 20 ans, de Saint-Sévérin, Jérôme Trépanier, 21 ans, de Saint-Tite, et Jean-Sébastien Turcotte, 22 ans, de Saint-Tite, forment avec Pierre-Olivier un quatuor qui a fait du monocycle son mode de vie.

Le club Kaskade Monocycle (www.kaskademonocycle.com) que les jeunes ados de l'époque avaient mis sur pied pour parfaire leurs techniques est récemment devenu une entreprise dûment enregistrée au nom de son leader, Pierre-Olivier Hudon.

Le jeune homme a toujours aimé le monocycle pour ses défis sportifs et artistiques, mais aussi pour les ateliers d'initiation et conférences que lui et ses complices offrent à travers leurs études et emploi respectif dans le domaine de la production vidéo, des techniques policières, en génie mécanique et en médecine nucléaire.

Avis aux enseignants: les gars aiment rendre visite aux élèves des écoles primaires et secondaires où on est souvent à la recherche de modèles qui ne se laissent pas décourager à la première chute.

À voir aller Pierre-Olivier sur le boulevard du Carmel, il ne fait aucun doute que le monocycle mène à tout. Il suffit de se tenir le dos bien droit, d'éviter de regarder vers le bas pour fixer un point au loin.

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