La bonté est dans le cupcake

Avec l'aide de ses parents et de son... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Avec l'aide de ses parents et de son entourage, Donya Jade Caron a amassé près de 1600 $ pour les enfants de Sainte-Justine. Le montant est d'autant plus impressionnant que parmi les donateurs, on retrouve des enfants dont Emma Gervais, Sarah-Jade St-Onge et Raphaëlle Barolet. Derrière: Noémie Barolet et Léo Paillé. Absente sur la photo: Ondina Perna.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est l'anniversaire de Donya Jade aujourd'hui. Du haut de ses 8 ans tout neufs, la fillette a déjà compris que donner, c'est recevoir. Comment peut-on, à cet âge, savoir une vérité que peu de grandes personnes connaissent vraiment? En distribuant des cupcakes dont on est la seule à posséder la recette.

Donya Jade «sans trait d'union» est née le 26 février 2007, à l'hôpital Sainte-Justine. À l'époque, ses parents, Sara Scheherazade et Serge Caron, travaillaient et habitaient à Montréal. Aujourd'hui, la petite famille va et vient entre sa résidence de Saint-Boniface et un pied-à-terre à Trois-Rivières où «Dodo» fréquente le Collège Marie-de-l'Incarnation.

Comme c'est le cas de tous les nouveau-nés, dès sa naissance, Donya Jade a subi un examen physique minutieux. Or, une luxation maximale double de la hanche a aussitôt été détectée. La tête de l'os de la cuisse ne s'emboîtait pas dans l'articulation.

«C'est comme si vous preniez une poupée Barbie et que vous lui défaisiez les jambes», explique la maman qui assure que sa fille ne ressentait aucune douleur.

Non traitée, cette luxation de la hanche risquait néanmoins de lui causer un handicap majeur de locomotion. Il fallait réagir rapidement, dès les premières semaines suivant la naissance de Donya Jade, alors que les articulations du bébé ne sont pas des os, mais des tissus cartilagineux. Comme le roseau, ils plient, mais ne se rompent pas...

«La première année a été un vrai cauchemar», avoue la maman qui se lance dans l'énumération des traitements qui ont été prescrits à sa fille pour corriger sa malformation congénitale.

Le nourrisson a porté un harnais durant ses trois premières semaines avant que ses jambes soient mises sous traction - étirées et attachées à la verticale - pendant deux autres mois. La suite n'a pas été de tout repos. Donya Jade a dû subir une chirurgie pour replacer les têtes fémorales en bonne position, puis entre l'âge de 3 à 6 mois, elle s'est retrouvée immobilisée dans un plâtre corporel. Remplacé au fur et à mesure que la petite grandissait, ce corset maintenait ses jambes en position grand écart.

«On aurait dit une grenouille», image Sara Scheherazade qui ne se lasse pas de voir son enfant tourbillonner autour d'elle.

Donya Jade est complètement rétablie. «Les médecins de Sainte-Justine sont exceptionnels», louange Mme Caron avant de remercier plus précisément la chirurgienne orthopédiste, la docteure Marie-Andrée Cantin. «Elle m'a déjà dit que de toute sa carrière, Dodo a été son pire cas de luxation. Ses jambes étaient toutes croches...», rappelle une maman combien heureuse du dénouement.

Durant cette première année où le poupon a été privé de ramper et de marcher, Donya Jade n'a jamais cessé de sourire, de babiller et de se préparer à rebondir. Une fois libérée de ses orthèses, la bambine n'a plus jamais cessé de bouger. À 14 mois, elle marchait comme si de rien n'était et huit ans plus tard, la fillette court, saute et ne se lasse pas de faire des culbutes.

Donya Jade doit tout de même continuer de visiter l'hôpital Sainte-Justine où il y a deux ans, on lui a diagnostiqué une hypercholestérolémie génétique. Mince et en santé, Dodo fréquente une clinique où elle apprend à respecter une hygiène de vie préventive, axée sur une saine alimentation et l'activité physique, la combinaison parfaite pour lui éviter un cholestérol élevé et la prise de médicaments.

Les cupcakes donc...

L'idée est de Dodo. À l'approche de son anniversaire, la grande fille a voulu redonner au suivant. Donya Jade a choisi de poser son geste à Sainte-Justine où depuis sa naissance, elle a beaucoup reçu et continue de recevoir.

Il y a deux semaines, Donya Jade et sa maman ont cuisiné une soixantaine de petits gâteaux «santé» qui ont été distribués dans les salles d'attente remplies de familles fatiguées et inquiètes pour leurs enfants malades. Dodo avait pris soin d'inscrire des mots d'encouragement sur les serviettes de table qui ont été remises aux personnes qui, visiblement, ne s'attendaient pas à autant de gentillesse.

L'effet a été immédiat. La fondation de l'hôpital pour enfants a d'ailleurs tenu à remercier Donya Jade pour cette «belle touche de frénésie et de magie» qu'elle a créée sur son passage. Sara Scheherazade et Serge Caron ont quant à eux été émus par la réaction des parents surpris de se faire offrir une petite douceur par leur fille qui n'avait pas fini de les surprendre.

En pleine forme, Donya Jade a décidé d'amasser des sous pour les enfants qui n'ont pas sa chance. Au cours des derniers jours, encouragée par ses proches et avec l'aide d'amis de sa classe du CMI, l'élève de 3e année a récolté tout près de 1600 $ qui seront remis à la fondation du CHU Sainte-Justine.

Dans la recette de cupcake de Donya Jade, on trouve du chocolat, de la vanille, du citron et une valeur que sa mère Sara Scheherazade résume ainsi: «Donner n'a jamais rendu personne pauvre, mais a rendu beaucoup de monde riche d'humanité et tel est le sens de la vie.»

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