Vents froids, coeurs chauds

Lors de son arrivée à l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, l'aventurier... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Lors de son arrivée à l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, l'aventurier Frédéric Dion a été accueilli en héros par sa conjointe Caroline Mailhot et ses enfants Adélie, 6 ans, et Danaëlle, 3 ans.

Photo: Robert Skinner, La Presse

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Frédéric Dion s'était préparé à supporter le froid de l'Antarctique pendant deux mois, mais il n'avait pas prévu souffrir autant de l'absence de sa conjointe et de leurs deux filles. L'ennui est un sentiment extrême et persistant quand on est seul au monde.

Un mois s'est écoulé depuis le retour de l'aventurier auprès des siens, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. La routine reprend tranquillement son droit, mais c'est plus fort que lui, l'amoureux et papa trame déjà une nouvelle expédition. Différente cette fois. Femme et enfants feront partie de l'équipée.

En cette journée de la Saint-Valentin, Frédéric Dion a planifié une aventure à l'image de sa famille. Une tente sera installée au beau milieu du salon et le record d'amour inconditionnel sera dépassé.

«L'idée est de faire des activités qui sortent de l'ordinaire et de rendre cette soirée mémorable pour nous quatre!», annonce-t-il au bout du fil.

Sitôt revenu, sitôt reparti. C'est sa vie ces jours-ci. Frédéric Dion était dans la région montréalaise cette semaine pour amorcer sa série de conférences sur son aventure solo en Antarctique.

Caroline Mailhot a l'habitude des absences de son complice des 14 dernières années. Rencontrée dans la chaleur de leur résidence érigée au fin fond de la Montée Comtois, la jeune femme est une aventurière qui a traversé l'Antarctique et tout le reste à sa façon.

Ils se sont connus à l'Université du Québec à Trois-Rivières. À l'époque, Caroline étudiait pour devenir enseignante alors que Frédéric, lui, joignait l'utile à l'agréable.

«Il a décidé de suivre un cours de géographie parce que la géo l'intéressait beaucoup, mais aussi pour rencontrer des filles, ou plutôt une fille!», précise-t-elle en riant de bon coeur.

Le hasard faisant bien les choses, Frédéric et Caroline ont réalisé qu'ils travaillaient aussi au même endroit. «Nous étions tous les deux matelots à la réserve navale», souligne cette dernière.

Dès le début de leur relation, les tourtereaux ont dû relever le défi de s'aimer à distance en raison de leur contrat respectif sur l'eau. Quand Frédéric revenait au bercail après une absence de trois semaines, c'était au tour de Caroline de quitter le port d'attache.

Caroline fait le calcul pour en arriver à la conclusion que durant les trois premières années de leur vie de couple, ils ont été physiquement ensemble l'équivalent d'un an.

Ce qui ne l'a pas empêchée de comprendre rapidement qu'elle avait affaire à un gars qui carbure aux aventures... Ça tombe bien, elle n'a jamais eu peur des défis.

Pendant que le jeune homme accumulait les exploits, la jeune femme complétait un doctorat en psychologie tout en mettant au monde Adélie, 6 ans, et Danaëlle, 3 ans, et ce, en plein chantier.

Si les travaux d'une maison permettent de vérifier la solidité d'un couple, Frédéric Dion et Caroline Mailhot bénéficient d'une garantie à toute épreuve. Ils ont construit de leurs propres mains leur superbe résidence en bois rond. Et pas question de tourner les coins ronds. Les murs proviennent des troncs d'arbres qu'ils ont coupés et écorcés eux-mêmes.

«C'était le rêve de Frédéric d'avoir une maison comme celle-là. J'ai embarqué avec lui dans son projet, mais avec mes conditions», sourit la femme de 35 ans.

Caroline et Frédéric sont les premiers à le reconnaître: ils sont à la fois très semblables et différents. «Frédéric est un extraverti et un ludique», décrit la psychologue «introvertie et plutôt conventionnelle», analyse-t-elle.

«Je suis un paresseux travaillant!», précise l'aventurier qui décrit sa conjointe comme une bûcheuse perfectionniste. Résultat: il l'aide à lâcher prise et, elle, à être un peu moins brouillon.

Pendant les deux mois où Frédéric Dion repoussait les limites du possible en Antarctique, Caroline Mailhot était en mode organisationnel. «Mon travail et ma famille accaparaient tout mon esprit», dit-elle avant d'ajouter que c'était préférable ainsi. Occupée, la jeune femme n'avait pas le temps de se laisser envahir par ses émotions ou par des scénarios catastrophiques.

Une fois par semaine, Caroline recevait un appel de son chum, sinon, elle se limitait à parcourir la chronique publiée dans Le Nouvelliste pendant la durée de son expédition.

Qu'on se le dise, une séparation avec l'Antarctique en toile de fond, ça rapproche... «On se met à penser à l'autre et à se souvenir des bons moments. On ne tient plus l'autre pour acquis», explique celle dont le coeur a fondu en voyant son amoureux enlacer leurs fillettes à sa descente de l'avion. L'aventurier redevenait le meilleur papa du monde.

«Caro m'encourage dans mes rêves et moi, dans les siens. C'est le plus beau cadeau qu'on puisse se faire», soutient Frédéric avec reconnaissance et admiration pour la femme de sa vie.

Morale de cette histoire: il n'y a rien comme une aventure en Antarctique pour alimenter la flamme amoureuse à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

L'aventure devant public

Frédéric Dion est ravi. Les billets pour sa conférence Antarctique solo trouvent preneurs. Des salles affichent complet, ou presque. Une supplémentaire (le 6 mars) vient de s'ajouter à Trois-Rivières.

L'explorateur a entrepris sa série de conférences hier soir, à Montréal. Il poursuivra sa route du côté de Laval, Québec et Sherbrooke.

Cette réponse enthousiaste du public lui fait dire que la controverse entourant la validation de certains de ses records ne fait, au bout du compte, aucune différence.

«L'histoire reste la même. Le nombre de records ne change absolument rien à l'aventure. Ce que les gens retiennent, c'est que quelqu'un a réalisé son rêve en faisant de son mieux, en persévérant et en se dépassant», se réjouit l'aventurier qui est attendu à Trois-Rivières le 25 février prochain.

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