Soirée sous contrôle

Entre le 27 novembre et le 7 décembre,... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Entre le 27 novembre et le 7 décembre, 123 opérations VACCIN se sont déroulées sur le territoire la Mauricie et du Centre-du-Québec. Durant cette même période, 24 personnes ont été arrêtées pour conduite avec les facultés affaiblies.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Bécancour) Rien. Zéro. Aucune arrestation. Personne n'a eu besoin de souffler dans la balloune. Il y a des soirs comme ça où tous les automobilistes arborent le sourire angélique de ceux qui boivent uniquement du thé vert... ou presque.

On dit barrage, mais dans le jargon de la Sûreté du Québec, il faut parler de contrôle routier. C'est d'ailleurs ce qui était écrit sur les panneaux installés l'autre soir à l'intersection de la sortie 176 et de la route 132, au pied du pont Laviolette.

Les gens qui étaient en direction de Bécancour ou de Sainte-Angèle savent de quel coin il s'agit. Entre 21 h et 23 h, ils ont dû interrompre leur erre d'aller pour répondre aux questions indiscrètes des policiers.

«Bonsoir monsieur! Bonsoir madame! Vous allez bien? Vous arrivez de quel endroit? Et vous allez où comme ça? Avez-vous consommé de l'alcool? Non? Un verre de vin seulement? En mangeant? Et ça fait combien de temps? Très bien. Merci, soyez prudent et bonne fin de soirée!»

Jusqu'au 4 janvier, la SQ est en mode VACCIN (Vérification accrue de la capacité de conduite Intervention nationale). À toute heure du jour, mais surtout du soir et de la nuit, vous pourriez être invités à entrer dans la danse dirigée par des agents soit dit en passant très sympathiques, surtout lorsqu'on les regarde les yeux dans les yeux et qu'on leur offre une haleine fraîche.

Huit policiers, avec la collaboration de deux contrôleurs routiers affectés aux conducteurs de véhicules lourds, étaient en service pour mener à bien cette intervention qui consiste à s'assurer que personne ne conduit sous l'influence de l'alcool et, ou de la drogue.

La présence de plusieurs voitures de police arrêtées aux abords de la route, les gyrophares allumés, ne passe jamais inaperçue même si l'Homo Automobilus moyen fait semblant de trouver la chose tout à fait normale. À l'intérieur de lui, une petite nervosité s'installe. Qu'est-ce qu'on lui veut?

Il obtient sa réponse à la seconde où le patrouilleur se penche vers l'habitacle de sa voiture où pourraient s'en dégager des odeurs suspectes, incluant les restes de junk food oubliés la veille au fond du char. Avec le temps et l'expérience, le policier a développé l'art d'avoir du pif. Dès que vous baissez la vitre, il arrive à reconnaître la saveur de votre gomme ou l'excellent Pinot noir qui a accompagné votre souper.

Mais l'autre soir, vous avez été des modèles de sobriété. À vous entendre, vous reveniez tous de travailler, du cégep, du Costco ou du McDo. Si on exclut «une demi-bière» par ci et «un verre de vin» par là, tous les conducteurs étaient fiers de jurer la main sur le coeur qu'ils avaient été sages.

À vrai dire, un seul conducteur (ou une conductrice?) avait quelque chose à se reprocher. C'est du moins notre conclusion à la lumière du demi-tour que la personne a effectué à la vue du contrôle routier, sur le boulevard de Port-Royal.

Une voiture de police s'est aussitôt lancée à ses trousses, mais l'automobiliste avait déjà eu le temps d'atteindre une vitesse (très) élevée et de se volatiliser. On ne saura jamais ce qu'il avait tant à cacher. Un verre de trop? De la neige en poudre? Des immatriculations impayées? Une fée des étoiles infidèle au père Noël? Allez savoir...

Une opération comme VACCIN n'a rien d'improvisé. Les patrouilleurs doivent suivre une série de procédures très strictes. Avant de vous demander de souffler dans l'appareil de détection approuvée communément appelé ADA, il leur faut des motifs raisonnables de soupçonner qu'il y a présence d'alcool dans votre organisme. Cela dit, un refus de vous soumettre à cette première analyse peut entraîner des poursuites criminelles.

Si le résultat vient confirmer que la limite permise a été dépassée, le conducteur est amené au poste de police où il devra passer l'alcootest dont la fiabilité n'a rien à voir avec le truc jetable acheté à la sortie d'un resto.

Selon le système de reconnaissance de plaques d'immatriculation, quelque 550 véhicules ont été vérifiés lors du contrôle routier effectué au pied du pont Laviolette. Il n'y a pas eu d'arrestation, mais les patrouilleurs de la SQ ne sont pas rentrés bredouilles pour autant. Avec un peu de chance, les automobilistes qui se sont prêtés à l'exercice en ont parlé à leurs collègues et voisins qui, à leur tour, en glisseront un mot à la parenté.

Entre deux embrassades sous le gui, le message de prévention autour des risques de l'alcool au volant fera son chemin.

Une chose est sûre en tout cas, les policiers continueront d'être présents pour éviter que le party dérape.

À savoir avant de mélanger volant et alcool

° La capacité de conduite affaiblie par l'alcool ou les drogues demeure l'une des causes principales de collisions mortelles au Québec.

° Un individu commet une infraction criminelle lorsqu'il conduit un véhicule routier avec un taux d'alcool dans le sang supérieur à 80 mg d'alcool/100 ml de sang (0,08).

° Pour les conducteurs âgés de 21 ans ou moins, les chauffeurs d'autobus, de minibus et de taxi, c'est tolérance zéro. Les conducteurs de certains véhicules lourds ne peuvent pas conduire si leur taux d'alcool dans le sang est de 50mg/100ml ou plus.

° Pour acquérir les motifs raisonnables de croire que l'infraction a été commise, les policiers peuvent compter sur l'«appareil de détection approuvé». Il s'agit d'un petit instrument dans lequel le conducteur doit souffler et qui permet de mesurer approximativement son alcoolémie.

° Selon le résultat affiché, le policier peut disposer de motifs suffisants pour vous arrêter et vous amener au poste afin d'y subir un alcootest.

° Tout comme les contrôles routiers, les «interceptions spontanées» sont menées pour détecter et arrêter les personnes qui font le choix de prendre le volant avec une capacité de conduite affaiblie. Des patrouilleurs surveillent les comportements des automobilistes en tout temps, aussi bien à la sortie du centre-ville qu'au détour d'un rang.

° Lors d'un contrôle routier, un patrouilleur demeure à l'intérieur d'une voiture munie d'un appareil de lecture automatisée de plaques d'immatriculation. Ce policier peut vérifier si vos papiers sont en règle, si vous accumulez des points d'inaptitude, si votre véhicule est doté d'un antidémarreur éthylométrique, etc.

° Devant l'alcool, nous ne sommes pas égaux. Ne vous fiez pas au physique de votre beau-frère pour fixer vos propres limites de consommation.

° Méfiez-vous aussi des mythes et fausses croyances. La poutine engloutie à 3 h du matin ne fera pas baisser votre taux d'alcool...

Dix trucs de la SAAQ pour un party en toute sécurité

1. Suggérez à vos amis de se déplacer en groupe et de choisir un conducteur désigné.

2. Organisez des concours ou des tirages réservés aux conducteurs désignés et donnez-leur des cocktails sans alcool.

3. Offrez de l'eau et des cocktails sans alcool pour que vos invités puissent alterner.

4. Faites tirer des coupons Cool Taxi.

5. Affichez le numéro de téléphone d'un taxi ou d'un service de raccompagnement.

6. Servez des amuse-gueule à haute teneur en gras et en protéines (trempette, fromage sur biscottes non salées). Comparativement aux croustilles, bretzels et autres aliments très salés, ils ont moins tendance à donner soif et à favoriser la consommation d'alcool.

7. Utilisez un doseur pour mesurer la quantité d'alcool au lieu de vous fier à votre oeil.

8. Limitez votre propre consommation pour garder le contrôle.

9. À la fin de la soirée, offrez café, thé, eau ou jus de fruits plutôt que «le dernier verre pour la route»!

10. Ne laissez jamais une personne prendre le volant avec les facultés affaiblies. Raccompagnez-la, gardez-la à coucher, emparez-vous de ses clés de voiture s'il le faut ou payez-lui un taxi, mais ne la laissez pas partir. Insistez, affichez clairement votre réprobation et appuyez ceux qui interviennent. Insistez en groupe, c'est encore mieux et plus efficace.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer