La marche au pied selon Donald et Roxy

Malgré les épreuves, Donald Delisle et sa chienne... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Malgré les épreuves, Donald Delisle et sa chienne Roxy peuvent compter l'un sur l'autre pour ne jamais perdre le goût de s'amuser.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Shawinigan) On dit que le chien est le meilleur ami de l'homme. Roxy est ça et beaucoup plus encore. Elle aide son maître à se remettre sur pied.

Donald Delisle a dû être amputé de la jambe gauche à la suite d'un accident de moto survenu à l'été 2012. Le mécanicien revenait de Québec par le chemin du Roy. Il était dans le coin de Deschambault-Grondines lorsque la conductrice d'une fourgonnette qui arrivait en sens contraire l'a percuté de plein fouet en voulant tourner dans une entrée.

Donald se souvient de ces longues secondes pendant lesquelles son corps a tourbillonné sur l'asphalte avant d'achever sa course folle dans le fond glaiseux d'un fossé.

Le Shawiniganais n'a jamais perdu conscience, pas même à la vue de son pied sectionné et des multiples fractures ouvertes de sa jambe gauche. Jusqu'à l'arrivée des secours, il a répondu aux questions d'une infirmière qui passait par là et qui tentait par tous les moyens de le garder éveillé.

Entre deux cris de douleur, Donald Delisle s'est soudainement rappelé qu'il n'était pas seul sur sa moto. Roxy était avec lui comme à chacune de leur balade. Elle prenait place dans une remorque que son patenteux d'ami avait fabriquée juste pour elle.

Comme en font foi ses yeux de couleurs différentes, Roxy, cinq ans, est un superbe mélange issu d'une mère husky-berger et d'un père boxer-pitbull. Roxy a fière allure et c'était encore plus vrai quand elle grimpait dans son carrosse pour une promenade sur les routes du Québec, les oreilles au vent.

Quand l'accident s'est produit, le mécanisme qui gardait le chien attaché a cédé sous la force de l'impact. Roxy a été éjectée de sa remorque, mais contrairement à son maître qui s'est transformé en vrille humaine, la belle est retombée sur ses pattes avant de prendre peur et la clé des champs.

Un résident du secteur l'a retrouvée onze jours plus tard, à 10 kilomètres du lieu de l'accident, dans une grange située juste en face de la halte routière où Roxy et Donald s'étaient arrêtés avant l'accident. Parions qu'elle attendait que son motocycliste de maître vienne la chercher.

Donald Delisle était incapable de bouger, cloué sur un lit de l'Hôpital Enfant-Jésus, à Québec, où on venait de lui amputer la jambe à la hauteur de la cheville.

Le Shawiniganais de 49 ans s'amuse à dire que ce jour-là, il est entré officiellement dans la famille! Son père, Marcel Delisle, avait 17 ans lorsqu'il a été amputé du bras gauche à la suite d'une décharge électrique provoquée par la foudre. La gangrène s'était aussi mise de la partie... Quant à son grand-père maternel aujourd'hui décédé, c'est un cancer qui a eu raison de sa jambe gauche.

La bonne nouvelle dans cette malchance familiale, c'est que Donald a grandi auprès de deux hommes qui, malgré un bras ou une jambe en moins, ont su s'adapter. C'est ce qu'il fait à son tour.

Malgré tous les efforts (greffe osseuse, pose de tige et plaque de métal, etc.) pour sauver sa jambe, M. Delisle a dû se résigner à se la faire de nouveau amputer en décembre 2013, cette fois, jusqu'au dessus du genou. Depuis, Donald poursuit sa réadaptation et accepte son sort avec courage et philosophie. Le 23 juin 2012, ce n'est pas une jambe, mais sa vie qu'il aurait pu perdre sur la route 138.

Roxy, elle, continue de courir entre deux coups de langue sur le visage de son maître. Avant l'accident, elle avait l'habitude de sortir marcher avec lui dans les rues des quartiers Saint-Marc et Saint-Sacrement.

Le duo a dû revoir son programme d'exercices. L'été dernier, Donald s'est procuré un vélo à mains derrière lequel il a fixé une remorque pour transporter sa fidèle amie. L'hiver est à nos portes, mais là encore, M. Delisle a la ferme intention, comme il le dit lui-même, de «patenter quelque chose» pour avoir Roxy à ses côtés.

Donald Delisle est d'ailleurs convaincu que sans la présence de son chien le jour de l'accident, ce n'est pas une, mais peut-être deux jambes qu'il aurait perdues. Selon le mécanicien, la remorque attachée à l'arrière de la moto a empêché l'engin devenu incontrôlable de retomber sur lui.

Roxy ne dort que d'un oeil pendant que Donald raconte leur histoire qui se termine bien malgré tout. Lentement, mais sûrement, elle retrouve son maître qui, chaque jour, se fait un devoir de se rendre au parc avec celle qui s'ajuste tout naturellement au rythme de son pas.

Sur la prothèse de M. Delilsle apparaît le portrait de Roxy encore chiot. Évidemment, la grande fille qu'elle est devenue n'a aucune idée de ce que représente le dessin sur cette jambe artificielle.

De toute façon, elle est beaucoup trop occupée à rapporter la balle et à recevoir une autre caresse dans le chignon du cou.

La vie est belle quand on est la meilleure amie de l'homme.

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