La femme aux chats errants

Paule Landry et sa chatte Sola.... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Paule Landry et sa chatte Sola.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Paule Landry se porte au secours des chats de ruelle. À l'approche des froids de l'hiver, elle s'est mise en tête de les faire descendre des gouttières pour leur offrir un peu de chaleur.

Chargée d'une mission, la chanteuse trifluvienne invite ses concitoyens à faire comme elle: ouvrir leur porte et leur coeur à ces petites bêtes qui n'ont pas demandé à se retrouver dans la rue.

Leur piètre qualité de vie lui a inspiré la mise sur pied d'un spectacle-bénéfice qui aura lieu le 18 novembre prochain, au Club de curling de Trois-Rivières. Intitulé «On fait ça pour chats!», l'événement qui réunit différents artistes de la scène et des arts visuels se veut un geste de sensibilisation devant la multiplication des chats abandonnés à Trois-Rivières, notamment dans les premiers quartiers.

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Paule Landry a toujours eu des chats. La femme de 55 ans se reconnaît à travers leur soif d'indépendance qu'ils étanchent quand bon leur chante.

Paule Landry est une aidante naturelle. Elle tient ça de ses parents qui, en plus de s'occuper de leurs quatorze enfants, voyaient au bien-être des autres petits qui grandissaient sur la rue Hertel. Des années plus tard, l'élan de leur fille envers autrui inclut les chats sans médaille, affamés, malades ou blessés qu'elle croise souvent en rentrant chez elle.

À l'été 2013, la chanteuse a aménagé sur la rue Sainte-Ursule avec sa chatte prénommée Ma fille. Rapidement, trois ou quatre minous maigrichons ont grimpé sur la galerie arrière de son logement, miaulant jour et nuit pour lui mendier quelque chose à se mettre dans le ventre.

Ça a été plus fort qu'elle. La chanteuse a pigé dans le sac de croquettes de sa fille féline pour nourrir le gang de rue. La nouvelle voisine a bien tenté de trouver les propriétaires de ces itinérants qui faisaient gentiment la file sur son balcon, mais personne n'avait un nom ou une adresse à lui fournir.

L'hiver est arrivé et une dizaine de félins se sont mis à lui réclamer leur ration quotidienne et, pour certains, la porte d'entrée. Paule Landry s'est abstenue d'ouvrir, ne sachant pas à quel sac à puces elle avait affaire. Munie d'une bâche, de planches abandonnées et d'une couverture de laine récupérée aux Artisans de la paix, elle leur a plutôt bricolé un abri tout en continuant de leur fournir quelque chose à boire et à manger.

C'est plus fort qu'elle. Paule Landry se sent dans l'obligation d'intervenir auprès de ces chats qui, rappelle-t-elle, ne peuvent pas tous se retrouver à la Société protectrice des animaux de la Mauricie. L'organisme fait ce qu'il peut avec les moyens qu'il a. Les cages sont pleines et les statistiques d'euthanasie parlent d'elles-mêmes.

«L'hiver dernier, j'ai pleuré ma vie. Les chats faisaient tellement pitié», raconte celle qui devient très émue en parlant du félin rachitique qui s'est pointé sur sa galerie après tout le monde. Convaincue de reconnaître la profondeur d'une «vieille âme» dans ces yeux sauvages, Paule Landry s'est prise d'affection pour le chat très mal en point qu'elle a dû se résigner à faire euthanasier il y a deux semaines.

«Il avait la leucémie», laisse tomber celle qui a composé la chanson Charles errant pour tenter d'adoucir sa peine. Mme Landry l'interprétera lors du spectacle que lui a aussi inspiré Charlotte-la-fille, une chatte grise «full enceinte» qu'elle a accueillie en juillet dernier.

Charlotte-la-fille sera prochainement donnée en adoption, une fois sa convalescence terminée. La petite maman revient de loin, mais devrait s'en sortir. Stérilisés, ses quatre chatons grandissent déjà au sein de leur nouvelle famille respective.

Évidemment, toutes ces croquettes distribuées à ces sans-abri, mais surtout les soins vétérinaires, finissent par entraîner des coûts importants que Paule Landry ne peut pas assumer seuls. D'où le spectacle mis en scène avec la collaboration de Nancy Moffatt. Pour l'occasion, des artistes ont accepté d'y participer bénévolement, que ce soit en chansons, en humour ou en offrant des oeuvres qui seront tirées au sort, durant la soirée.

Les détails entourant l'événement «On fait ça pour chats!» apparaissent sur la page Facebook du même nom. Les billets, au coût de 20 $ chacun, sont en vente au restaurant Le Bolvert, à l'Hôpital vétéritaine de Trois-Rivières-Ouest et au Club de curling de Trois-Rivières.

Paule Landry vient également de créer la page «J'adopte un chat errant à Trois-Rivières pour la vie». On y voit déjà apparaître des photos de félins qui, à l'instar de Charles errant ou de Charlotte-la-fille, ont trouvé refuge sur le balcon de la rue Sainte-Ursule.

Paule Landry n'a pas la prétention de sauver tous les chats de ruelle de Trois-Rivières. Elle ne fait pas rentrer non plus n'importe qui dans son chaleureux 4 et demi. Le chat qu'elle donnera en adoption doit d'abord montrer patte blanche au vétérinaire qui procède au bilan de santé de l'animal avant de le stériliser.

En échange, Paule Landry demande aux nouveaux parents de faire un don à la clinique vétérinaire de Trois-Rivières-Ouest qui a accepté de soigner ces chats de gouttière et de consentir des rabais à leur ange gardien.

Paule Landry espère que d'autres amoureux des chats se manifesteront pour l'aider à sortir ses amis de la rue. Le temps presse. La neige, le vent, le froid et les miaulements sont à sa porte.

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