Parc national de la Mauricie: le Mouvement Vert réclame des audiences publiques

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Si les visiteurs ont été plus nombreux que jamais à venir au parc national de la Mauricie, le Mouvement Vert Mauricie craint que l'environnement du parc ne soit menacé par la surutilisation des sites.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Insatisfait de sa rencontre avec les autorités du parc national de la Mauricie, le Mouvement Vert et son président, Patrick Rasmussen, sont décidés à entreprendre des démarches dans l'espoir d'obtenir des audiences publiques fédérales-provinciales sur l'utilisation des procédés chimiques dans la gestion des espèces envahissantes, dont la toxine Roténone pour éliminer les poissons de certains lacs afin de repeupler ces derniers, par la suite, avec de l'omble de fontaine.

Le Mouvement Vert écrira sous peu à la ministre fédérale de l'Environnement et des Changements climatiques, Catherine McKenna. «On va lui demander d'intervenir et d'utiliser son pouvoir discrétionnaire pour arrêter cette histoire-là. Le Mouvement Vert persiste en effet à dire que la destruction, par la toxine Roténone, des poissons jugés indésirables dans le but de faire «une monoculture» de truites «gruge le capital naturel» qui reviendrait aux générations futures. Patrick Rasmussen estime que l'utilisation de la toxine au PNLM provient d'une «école de pensée.» Il faudrait plutôt, estime-t-il, «augmenter la résilience des écosystèmes», au lieu de tuer la faune.

Le gestionnaire de la conservation au PNLM, Albert Van Dijk, a trouvé les discussions de jeudi, avec le Mouvement Vert, «intéressantes», dit-il, «mais on n'a pas trouvé de terrain d'entente. On n'a pas la même vision de protection des écosystèmes», dit-il. «La controverse va continuer.»

Le Mouvement Vert veut connaître en détail les effets de l'épandage de la Roténone sur l'ensemble de l'écosystème de lacs traités. Or, cette donnée n'est pas disponible pour la simple raison que ce genre d'analyse n'a pas été faite par le parc national qui a plutôt procédé à un inventaire faunique à la suite du traitement, résume M. Van Dijk.

Une étude des impacts sur l'ensemble de l'écosystème aurait été un projet «trop grand» et aurait représenté «beaucoup de travail», explique-t-il. Les gestionnaires du parc se sont donc fié «sur la littérature» scientifique, dit-il, pour établir les conséquences de leurs interventions à la Roténone.

Le PNLM, rappelons-le, a entrepris cette démarche en 2006 dans différents lacs du territoire dont il a la gestion. L'objectif, explique M. Van Dijk, était de procéder à une restauration écologique de certains lacs afin de sauvegarder différentes lignées d'ombles de fontaine menacées par la présence d'autres poissons indésirables introduits par les activités humaines.

Sans cette intervention, «la truite va complètement disparaître et ce sera une perte de capital en poissons indigènes», plaide le gestionnaire.

Selon lui, le taux de réussite de ces interventions est de 100 %. Malgré tout, «on reste vulnérable», dit-il, face au retour éventuel d'espèces indésirables qui affectent l'omble de fontaine, «mais au moins, on l'aide», fait-il valoir.

Le Mouvement Vert de la Mauricie souhaite une approche différente pour arriver aux mêmes fins, notamment par la pêche intensive. Albert Van Dijk explique qu'une telle approche ne peut pas fonctionner dans les lacs du PNLM. «Ça dépend dans quel environnement on se trouve», explique-t-il. «Par exemple, dans un parc national, je pense que c'est à Banff, on a réussi à enlever - et c'est ironique - l'omble de fontaine», raconte-t-il. «Là-bas», dit-il, c'est une espèce introduite.»

On a réussi à s'en départir par une pêche intensive, explique-t-il. Ce genre d'intervention «peut être appropriée dans des lacs de montagnes peu profonds et avec de l'eau très claire et peu de végétation où les poissons peuvent se réfugier», explique-t-il. Toutefois cette façon de faire «n'est absolument pas appropriée pour le type d'habitat qu'on a dans le parc de la Mauricie où les poissons non indigènes peuvent se réfugier lors d'une pêche», précise le gestionnaire de la conservation.

Le Mouvement Vert de la Mauricie avait demandé, avant sa rencontre de jeudi, 13 documents à Parcs Canada qui lui auraient permis d'approfondir ses connaissances sur l'intervention à la Roténone au PNLM. «Ils nous ont dit qu'on les aurait la semaine prochaine», dit M. Rasmussen en ajoutant qu'il a des doutes de pouvoir les obtenir. Une demi-douzaine d'autres documents viennent maintenant s'ajouter à cette liste des demandes de l'organisme. L'usage de la Roténone au PNLM, nécessite «un grand débat public impliquant tous les utilisateurs du territoire, les municipalités impliquées et les autorités gouvernementales», dit-il.




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