Impression 3D pour l'aluminium?

De gauche à droite: Gheorghe Marin, directeur du... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

De gauche à droite: Gheorghe Marin, directeur du CMQ, Franco Chiesa, titulaire de la chaire et Gilles Grenon, directeur régional de Rio Tinto.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Bécancour) Est-il possible que des pièces de métal puissent être fabriquées, un jour, à l'aide de l'impression 3D et d'une poudre d'aluminium?

Cette méthode futuriste, appelée fabrication additive, fait l'objet d'un séminaire auquel une cinquantaine d'experts de l'industrie de l'aluminium prennent part, cette semaine, à l'Auberge Godefroy de Bécancour.

Le titulaire de la Chaire de recherche collégiale industrielle sur la transformation de l'aluminium du Cégep de Trois-Rivières, Franco Chiesa, indique que ce procédé devrait être d'abord employé dans la fabrication de moules «qui permettent de faire des pièces très complexes sans avoir de modèle. Donc, on peut les fabriquer beaucoup plus rapidement, si l'on a très peu de pièces à faire ou bien faire des prototypes», dit-il.

«On a une flexibilité dans les formes qui est exceptionnelle, par rapport aux procédés classiques», dit-il. «On sauve le coût du modèle. Si la pièce est très complexe et pas trop grosse, ça va être plus économique de la faire avec des moules fabriqués par impression 3D», résume le chercheur.

Mercredi, la chaire de recherche dirigée par M. Chiesa recevait d'ailleurs un nouveau soutien financier pour les cinq prochaines années du Conseil de recherche en sciences et en génie du Canada (CRSNG) et de Rio Tinto, son partenaire principal dans la chaire. Rio Tinto versera l'équivalent de 100 000 $ par année à la chaire, dont 50 000 $ en argent, pour cinq ans. Le CRSNG versera, lui, 200 000 $ par année.

En 2012, le Centre de métallurgie du Québec du Cégep de Trois-Rivières se voyait octroyer une chaire de recherche du CRSNG pour 5 ans. Il est le seul, d'ailleurs, à disposer d'une telle chaire au Canada. Le directeur du CMQ, Gheorghe Marin, ne cachait pas son enthousiasme. Plusieurs entreprises de transformation d'aluminium du Québec et de l'Ontario contribuent en effet aux recherches de la chaire pour faire avancer les connaissances sur l'aluminium.

Cette chaire «cherche à développer de nouveaux alliages qui sont mis en forme dans nos entreprises», dit-il.

Elle veut aussi «trouver de nouvelles technologies de mise en forme et améliorer les procédés actuels, créer de nouveaux paramètres et de nouveaux additifs pour permettre aux entreprises de se positionner dans ce marché qui est devenu mondial et de garder les emplois chez nous, ici, au Québec», résume M. Marin.

Gilles Grenon, directeur régional chez Rio Tinto indique que le renouvellement de la chaire «sera une occasion d'utiliser les équipements du CMQ avec nos gens du centre de recherche et développement qui est situé à Saguenay et ça nous permet de travailler et de faire des essais sur des équipements de fonderie principalement destinés à l'industrie automobile. C'est complémentaire à la recherche fondamentale», indique-t-il.

Jusqu'à présent, le partenariat de la chaire avec Rio Tinto «a permis de développer de nouveaux alliages», indique M. Chiesa.

Avec les autres partenaires, la chaire a travaillé à l'amélioration d'outils.

«On développe des revêtements sur les moules pour qu'ils durent plus longtemps et puissent faire 100 000 pièces, plutôt que 10 000 ou 20 000 et l'on développe beaucoup aussi les procédés pour mettre en forme l'aluminium soit par moulage, soit par soudage», explique le titulaire de la chaire.

«On a travaillé sur des procédés de soudage tout à fait innovants», ajoute-t-il.

Par rapport aux chaires universitaires, celle du CMQ est «plus proche de l'application», explique le chercheur. «On fabrique des pièces de meilleure qualité à des coûts moindres.»

De son côté, la fabrication additive, ou impression 3D, n'a pas encore fait de percée dans le marché automobile, indique M. Marin. «Il y a une question de propriétés des alliages» et une question de coûts. «Encore aujourd'hui, la pièce moulée est plus avantageuse pour le marché automobile», dit-il.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer