Le soleil revient à Coral Springs

Maureen Jacob s'attendait au pire, mais a eu...

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Maureen Jacob s'attendait au pire, mais a eu beaucoup de chance.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lundi après-midi, le soleil était de retour dans le ciel de Coral Springs, à l'ouest de Fort Lauderdale, en Floride. L'ex-Trifluvienne Maureen Jacob avait hâte d'aller se baigner. Il n'y a que quelques feuilles dans sa piscine, grâce à la toile qui a résisté à l'ouragan Irma.

Sa maison n'a même pas manqué d'électricité et aucun arbre n'est tombé sur sa toiture. La Floridienne d'adoption s'en tire avec un tapis mouillé dans son salon parce que sa toiture a coulé.

Le câble a lâché toutefois et Internet aussi à un certain moment.

«C'est un miracle», analyse-t-elle, consciente que d'autres parties de l'État ont été très durement touchées.

Quand le couvre-feu a été levé chez elle à 10 h, lundi matin, elle est allée faire le tour de sa propriété. Il y aura finalement eu plus de peur que de mal dans son cas, mais son quartier, le Treasure Island, est jonché de feuilles, de branches et de débris divers. Deux lampadaires près de chez elle se sont envolés.

Ayant perdu la télé, elle ne pouvait parler de l'état général de son coin de pays. «On ne peut pas savoir exactement comment ça se passe dans les Keys, par exemple, parce qu'ils doivent vérifier l'état des ponts avant que les gens puissent circuler dessus et aller constater les dégâts», illustre-t-elle.

Maureen Jacob avait décidé de ne pas quitter sa maison même si, vendredi dernier, il était presque certain qu'elle affronterait un ouragan de catégorie 5. «Je ne voulais pas rester prise sur la route en panne d'essence», dit-elle. «J'ai essayé d'avoir un hôtel», mais rien à faire. «Alors on a décidé de rester», dit-elle, malgré les alertes à la tornade qui sonnaient aux 30 minutes, par moments, sur son téléphone intelligent.

«On», c'est elle, sa fille et sa mère qui souffre d'un problème cardiaque. La décision, entre quitter ou rester, fut encore plus difficile à prendre lorsque le gouverneur de l'État a annoncé qu'aucun service d'urgence ne pourrait venir secourir qui que ce soit durant la tempête.

Maureen Jacob n'en était toutefois pas à son premier ouragan. Elle était donc bien préparée. «On avait de la nourriture, de la glace plein le frigo et le congélateur pour conserver nos aliments. J'ai déjà manqué d'électricité pendant dix jours avec l'ouragan Wilma», rappelle-t-elle, d'où son expérience.

Il y a des volets antiouragans sur ses fenêtres et même son quartier est pensé pour recevoir des quantités énormes d'eau. «On a des canaux d'irrigation qui servent à contrôler les débits d'eau et ma maison est à dix pieds au-dessus du niveau de la mer. La Ville est aussi très bien préparée», dit-elle. «Comme je vis près de l'hôpital, les infrastructures ont été améliorées dans mon coin», explique-t-elle.

Lundi, elle a réussi à décrocher un billet d'avion pour permettre à sa mère de revenir au Québec. «Elle devrait pouvoir partir jeudi, mais on nous demande de vérifier avant», dit Mme Jacob.

Les plus gros vents dans son secteur n'auront été finalement que de 100 milles à l'heure, à son grand soulagement.

«Les écoles vont être fermées à Miami pendant une semaine», dit-elle. Les lendemains de l'ouragan vont être durs pour beaucoup de monde en Floride, prévoit-elle. On ne sait pas quand les commerces vont pouvoir recommencer à vendre de la nourriture. Dans certains cas, la vie normale ne pourra reprendre son cours que dans quelques jours et même plusieurs semaines, estime-t-elle.

Chose certaine, croit Mme Jacob, c'est que le malheur des uns va faire le bonheur des autres. «C'est sûr que ça va être bon pour les Home Depot et les épiceries», assure-t-elle. «Même la bourse a remonté», constate-t-elle.

Après avoir passé une trentaine d'années en Floride, Maureen Jacob ne cache pas qu'elle commence à avoir le goût de revenir au Québec. 

«Avec les changements climatiques, les tempêtes sont de plus en plus fortes», dit-elle. «Je ne sais même pas si je garderais un pied-à-terre ici pour l'hiver.»




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