«On a de la chance d'être en vie»

Caroline Dubois et ses trois enfants ont vécu...

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Caroline Dubois et ses trois enfants ont vécu le passage de l'ouragan Irma à Tortola, où ils habitent. Ils attendent de pouvoir rentrer au Québec.

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(Trois-Rivières) La vie de Caroline Dubois et de sa petite famille a littéralement basculé au cours des derniers jours. La fille du maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a vu son univers être complètement chaviré par l'ouragan Irma, qui a balayé l'île de Tortola, où elle vit avec son conjoint et leurs trois enfants.

Aujourd'hui réfugiée à Porto Rico en attendant de prendre un vol pour le Québec, Caroline Dubois ne sait pas encore ce qu'il adviendra de sa vie là-bas.

«Ça te change une vie du jour au lendemain. Mon conjoint est resté là-bas le temps de régler tout avec les assurances, mais il a probablement perdu ses entreprises. Nous allons revenir au Québec au moins jusqu'à Noël, mais on ne sait pas pour la suite. Peut-être que ce sera pour toujours», lance celle qui ne cache pas que le passage de l'ouragan laissera des traces permanentes dans la vie de ceux qui l'ont vécu.

«On a encore mal aux oreilles du bruit que ça a fait. On entendait les débris cogner dans les fenêtres pendant qu'on se réfugiait au sous-sol. C'est incroyable le bruit que ça peut faire, il faut le vivre pour comprendre. Nous avons été parmi les chanceux parce que notre maison n'a pas subi beaucoup de dommages, mais 99% des maisons de l'île sont détruites», constate celle qui relativise bien des choses quant aux biens matériels désormais.

«On a de la chance d'être en vie. Il y a des gens ici, une petite famille de quatre, qui ont été emportés. Ils n'ont pas survécu», mentionne-t-elle, encore secouée.

C'est donc d'abord pour une question de sécurité que Caroline Dubois choisit de rentrer au Québec pour une certaine période de temps. «Il y a une question de survie, parce que pour le moment, il n'y a plus d'électricité, plus d'eau et que bientôt, il va manquer de nourriture. Mais c'est aussi pour notre sécurité. Il y a des pilleurs partout, les gens sont devenus fous. L'armée est débarquée et va essayer de contrôler un peu tout ça, mais je ne sais pas si ce sera suffisant», souligne-t-elle.

Pour son conjoint qui possédait des entreprises de vente d'automobiles, les questions demeurent multiples et les prochains jours aideront à y voir plus clair.

Porto Rico

De nombreux résidents de Tortola ont donc convergé vers Porto Rico, dans l'espoir de pouvoir attraper un vol en direction d'un autre pays où ils pourraient trouver refuge le temps que les choses se placent. «Dans l'hôtel où nous sommes, il y a beaucoup de gens qui ont tout perdu. Ils sont arrivés ici avec un sac à dos et c'est à peu près tout ce qui leur reste. Nous sommes vraiment parmi les privilégiés», note celle qui ajoute que l'aide psychologique est très présente.

«Il y a des psychologues et des médecins qui sont venus directement sur le site de l'hôtel pour nous rencontrer. Beaucoup de gens sont affectés psychologiquement. On se sent un peu tous comme des zombies, on dirait», mentionne-t-elle.

Son frère, qui habite lui aussi l'île de Tortola, a pour sa part complètement perdu sa maison qu'il louait à cet endroit. Elle a été détruite dans l'ouragan. «Nous nous sommes parlé quelques fois, mais les communications sont très mauvaises. Aux dernières nouvelles, il devait embarquer ce matin (lundi) sur un bateau pour Porto Rico. Lui, c'est vrai qu'il a tout perdu et je ne crois pas que ce soit dans ses plans de retourner vivre là-bas», évoque-t-elle.

Le vol ramenant Caroline Dubois et ses enfants vers le Québec pourrait ne partir que vendredi. Une fois de retour au pays, elle devra se retrousser les manches pour tenter de redonner une vie normale à son fils de 7 ans et ses jumeaux de 3 ans.

«Il va falloir inscrire mon plus grand à l'école, lui trouver une place. On a beaucoup de choses à penser, mais la vie doit continuer pour eux aussi et on essaie de garder ça le plus normal possible dans les circonstances», mentionne-t-elle.

Ouvrant traditionnellement la séance publique du conseil municipal par une réflexion, son père, Jean-Guy Dubois, n'a pas caché avoir vécu la dernière semaine «un peu plus durement» par rapport à ses deux enfants vivant dans les îles Vierges où «tout fut détruit à blanc».

«C'est fatigant quand tu n'as pas de nouvelles pendant deux, trois jours. Mais tout le monde est correct. Tout semble vouloir se régler», a lancé lundi soir le maire de Bécancour. 

L'expérience des derniers jours l'amène, dit-il, à faire tout un travail de relativisation. «J'ai l'impression que je vais être moins chialeux à la prochaine tempête de neige ou quand l'eau du fleuve va monter», a-t-il lancé.

Et il a terminé son intervention en s'adressant à ceux qui «s'imaginent que les changements climatiques, c'est de la frime». «Il faudra commencer à s'y mettre à ce phénomène-là», a conclu le premier magistrat.

Avec la collaboration de Marc Rochette 




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